Pile à lire #Polar : nuits blanches en perspective…

Êtes-vous plutôt thriller ou polar ? Que ces récits prennent le point de vue des malfrats et criminels, ou de la police et autres détectives privés, frisson et suspense sont au rendez-vous dans cette sélection d’albums noirs...

Par l'équipe Dargaud

Pile à lire, PAL, Polar

Découvrez les États-Unis des années 1950 sur les traces du sombre et solitaire Blacksad, éprouvez vos talents de détective aux côtés d’Agatha Christie et G.K. Chesterton dans Le Detection Club, arpentez El Raval au son de la trompette de Jazz Maynard, plongez dans un polar choral, à la frontière du film noir, avec Berceuse assassine… Et prévoyez quelques nuits blanches de lecture avec les auteurs maîtres du genre !

cauchemars-ex-machina

Cauchemars Ex Machina de Thierry Smolderen et Jorge Gonzales

En 1940, le « roman mystère » triomphe. Trois des meilleurs écrivains du genre s’engagent dans un combat à distance :

L’Anglais Margery Allingham et le réfugié allemand Ernst Bornemann s’associent contre le Français Corneille Richelin. Ce dernier ne voit rien des manipulations de ses deux confrères qui, en réalité, travaillent pour les services secrets britanniques.

L’issue du conflit mondial serait entre les mains du trio…

Thierry Smolderen (L’Été Diabolik, Souvenirs de l'Empire de l'atome, Ghost Money) signe un scénario époustouflant, magistralement mis en images par Jorge González (Chère Patagonie chez Dupuis).

Blacksad par Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido



Attention, chef-d'oeuvre ! Blacksad est une série culte qui met en scène un chat détective dans un univers anthropomorphique. Déjà riche de 6 tomes, Blacksad se déroule dans les États-Unis des années 1950, dans une ambiance qui évoque le roman noir de la littérature américaine.

Transfigurée par le dessin et les couleurs sublimes de Juanjo Guarnido, d'une maestria époustouflante, Blacksad trouve également sa force dans la qualité de ses histoires, finement ciselées par Juan Diaz Canales.

Le polar a sa griffe !



noir-burlesque-tome-1-noir-burlesque-12

Noir Burlesque, par Enrico Marini

Philadelphie, une nuit de 1950. Assis dans une chambre d’hôtel, un homme attend, un revolver à la main. Il s’appelle Slick. Il guette l’arrivée de Caprice, la femme qui l’a trahi. En ouvrant la porte, Caprice comprend aussitôt. Mais ce que Slick ne sait pas, c’est qu’elle a planqué un revolver dans son sac…

Inspiré par les films noirs américains des années 1950, Enrico Marini (Les Aigles de Rome, Batman…) signe un polar sombre, peuplé de femmes fatales et baigné de sensualité. Un polar où le crime et la violence se nourrissent de la jalousie et des trahisons.



la-desolation

La Désolation par Appollo et Gaultier

Fuyant l’ennui de sa vie avec Amandine, Évariste quitte la Réunion. Il embarque sur le Marion Dufresne pour accompagner une mission scientifique dans les Terres australes et antarctiques françaises. Tout se passe bien… jusqu’à cette expédition lors de laquelle le groupe est attaqué et fait prisonnier.

Évariste va vivre une expérience physique et psychique extrême.

Appollo (Biotope) imagine un récit introspectif et littéraire à couper le souffle, que Christophe Gaultier plonge dans une ambiance gothique et crépusculaire. Une fable écologique sauvage et terrifiante.



Couverture De L'autre côté de la frontière par Fromental et Berthet

De l'autre côté de la frontière par Jean-Luc Fromental et Philippe Berthet

Auteur de polars, François Combe séjourne avec femme, enfant, maîtresse et gouvernante, dans la Santa Cruz Valley, à la lisière de l’Arizona et du Mexique.

Il s’aventure parfois avec Kay, sa secrétaire, dans les quartiers chauds de Nogales. Là, le couple rencontre Raquel, nouvelle recrue du Cielito Lindo, le lupanar le plus huppé de la ville.

François croise son ami Jed Perterson, sensible aussi aux charmes de la jeune fille. La même nuit, Raquel est assassinée. Voilà François et Jed dans le collimateur de la police...

De l’autre côté de la frontière est un thriller haletant qu’on ne lâche qu’une fois la dernière planche lue !

On découvre, dans un mini-dossier de fin d’album, que pour bâtir leur histoire, Jean-Luc Fromental et Philippe Berthet se sont librement inspirés du séjour que l’écrivain Georges Simenon – maître du roman policier – effectua en 1948 dans la vallée de Santa Cruz, où les riches et les puissants s’étaient aménagé après la guerre une retraite en plein désert pour abriter leurs débauches.

Observant ce microcosme parfaitement inégalitaire, où la misère nourrit la luxure, Fromental en tire un récit au cordeau, dense, porté par des personnages complexes et ambivalents. Le trait clair, précis et efficace de Berthet fait mouche. Net et sans bavure !



Couverture du Detection Club par Jean Harambat

Le Detection Club par Jean Harambat

Sur une île de Cornouailles dans les années 1930. Le milliardaire Roderick Ghyll invite les membres du Detection Club, qui réunit les grands auteurs britanniques de l’âge d’or du roman à énigme, dont Agatha Christie et G.K. Chesterton, dans sa vaste demeure.

Ils sont conviés à assister à la présentation d’un automate qui, une fois intégrées les données d’un problème policier, résout le crime en donnant le nom du coupable. Mais Ghyll est assassiné…

Après s’être amusé avec les codes du roman d’espionnage dans le très réussi Opération Copperhead, Jean Harambat s’attaque avec brio au roman policier.



Couverture de Jazz Maynard par Raule et Roger

Jazz Maynard par Raule et Roger

Jazz Maynard est un musicien génial et un cambrioleur surdoué – à moins que ce ne soit l'inverse. Il manie la trompette en virtuose et le pied de biche en artiste. Ajoutons, pour faire bonne mesure, que c'est aussi un homme au grand coeur.

Jazz connaît une autre musique : celle de la rue, de la grande débrouille et des petites magouilles. Il l'a apprise dans le quartier populaire d'El Raval, à Barcelone. S'il a parfois quitté Barcelone, direction New York ou Reykjavik, Jazz est toujours revenu dans sa ville natale, comme si les fantômes de son passé le tiraient par la manche..

À lire sans attendre !



Couverture d'Une Erreur de parcours par Robert et Biancarelli

Une erreur de parcours par Denis Robert et Frank Biancarelli

1991, le juge Sylvestre Ruppert-Levansky se voit confier l’instruction de l’enquête concernant Mathilde Wissembourg, femme haute en couleur, présumée coupable du meurtre de son amant.

De nos jours, à 61 ans, maître Ruppert-Levansky, devenu président de la cour d’assises, raconte par le biais d’un flash-back ce qui s’est passé 30 ans plus tôt, et pourquoi et comment il a commis une erreur volontaire lourde de conséquences, par amour…

Ce polar judiciaire inspiré d’une histoire vraie, celle de Simone Weber, est signé Franck Biancarelli et Denis Robert (L’Affaire des affaires), journaliste d’investigation reconnu.



Couverture de Berceuse Assassine par Tome et Meyer

Berceuse assassine par Philippe Tome et Ralph Meyer

De nos jours, New York City, un chauffeur de taxi, Joe Telenko, est sur la corde raide : son coeur est faible et manque de s’arrêter à tout moment, sa femme handicapée le hait et les pires individus montent dans son taxi. La solution : tuer sa femme ?

De nos jours, New York City, une femme handicapée, Martha Telenko, bloquée dans son fauteuil. Jeune marié, son mari, ivre, provoque un accident de voiture à pleine vitesse. Les rêves de danseuse de Martha s’évanouissent. Elle survit en faisant payer son mari jour après jour...

De nos jours, New York City, un “Native American”, Dillon, aperçu à l’arrière du taxi de Joe...

L’originalité de ce polar tient tout autant à l’intelligence du scénario de Philippe Tome, montrer la même histoire sous trois points de vue différents dans une atmosphère de chaos urbain, qu’au choix graphique de Ralph Meyer. Un travail incroyable en lavis sépia rehaussé d’une seule couleur, le jaune : le jaune du taxi, le jaune du fauteuil roulant, le jaune d’une poupée d’enfant...

La trilogie culte scénarisée par Philippe Tome qui nous a fait découvrir le grand talent du dessinateur Ralph Meyer ! On envie ceux qui vont découvrir 
ce scénario pour la première fois : une histoire à trois voix, chaque tome de ce triptyque ayant un narrateur différent. Un polar extrêmement intelligent,
des personnages noirs, très noirs, détruits par la vie et la ville,
un dessin incroyable.



Couverture de Tyler Cross par Nury et Bruno

Tyler Cross par Fabien Nury et Brüno

«Tyler Cross transporte 17 kilos d’héroïne pure, d’une valeur d’un demi-million de dollars à la revente au détail... Et il a exactement 21 dollars et 80 cents en poche. Il note l’ironie de la chose et se met en marche. »

Ainsi commence le périple meurtrier de Tyler Cross, gangster sans états d’âme, poursuivi à travers le Texas des fifties par la Mafia et la police de cinq États. Ses pas le conduisent dans l’heureuse bourgade de Black Rock, véritable nid de péquenauds vivant sous la coupe du clan Pragg. Pour Tyler, Black Rock ne sera qu’une étape de sa cavale effrénée. Pour les bouseux du coin, ce sera l’apocalypse. Et ce n’est que le début : un type comme Tyler Cross, on le suit en comptant les cadavres...

Tyler Cross nous plonge au cœur de l’univers du roman noir – le hard boiled des Dashiell Hammett, James Ellroy ou Jim Thompson. En amoureux du genre, Nury et Brüno nous entraînent sur les traces d’un cousin de Jack Palance ou de Lee Marvin, lancé au bras d’une magnifique Grace Kelly à travers les paysages désolés et grandioses de l’Amérique des années 1950 : une course-poursuite haletante mais souvent drôle au pays de Sam Peckinpah ou des frères Coen.

Dessin épuré, encrage expressionniste, cadrages cinématographiques et mise en lumière Technicolor : Brüno met tout en œuvre pour donner le maximum d’impact au scénario nerveux et rythmé de Nury. Après le succès d’Atar Gull, les deux auteurs nous offrent un polar pur et dur, dense, teigneux et jubilatoire.



Couverture de Ghost Money par Smolderen et Bertail

Ghost Money par Thierry Smolderen et Dominique Bertail

Londres, années 2020.
 Alors qu’une bombe explose lors d’une manifestation antiaméricaine, Lindsey est sauvée par Chamza, une étudiante de la London School of Economics. Bien que tout les sépare, les deux jeunes femmes deviennent amies. Immensément riche, Chamza entraîne Lindsey à la découverte de lieux de rêve, sans se douter que d’anciens membres des unités de guerre contre le terrorisme la surveillent de près. Ils sont sur la piste du trésor
 de guerre d’Al-Qaida et ont de bonnes raisons de penser qu’elle peut les y conduire...

Thierry Smolderen, scénariste de Ghost Money, est parti d’un constat riche de possibilités pour un raconteur d’histoires : d’étranges mouvements boursiers ont été constatés à la veille du 11 Septembre 2001. Il n’en fallait pas plus pour titiller sa curiosité et lui donner l’idée d’un thriller dans la lignée des romans de Robert Ludlum ou des bandes dessinées écrites par un certain... Jean Van Hamme.

Servi par le trait saisissant de réalisme de Bertail, Ghost Money – l’argent fantôme – plonge au cœur des dossiers les plus brûlants de l’actualité internationale entre finance, espionnage et géopolitique. Décidément, le 11 Septembre n’a pas fini de faire parler de lui...



Couverture de Pepe Carvalho de Migoya et Bartolome

Pepe Carvalho par Hernan Migoya et Segui Bartolomé, d'après Manuel Vázquez Montalbán

Plage de Vilasar, province de Barcelone, juillet 1974. Alors que le soleil écrase le sable, le corps nu d’un homme flotte à la surface de l’eau. Le visage de l’individu a été dévoré par les poissons, et seule l’inscription tatouée sur son épaule – « Né pour révolutionner l’enfer » – pourrait permettre de l’identifier. La police de la ville mène l’enquête, bien sûr... mais pas seulement. Pepe Carvalho est aussi dans le coup, mandaté par un certain monsieur Ramón qui, contre 100 000 pesetas, veut « savoir qui était cet homme et ce qu’il faisait ».

Ceux qui ont lu les romans de Manuel Vázquez Montalbán le savent, Pepe Carvalho, le détective des Ramblas de Barcelone, a eu plusieurs vies : militant communiste emprisonné sous Franco, agent double au sein de la CIA, private eye à San Francisco... le voici héros d’une série de BD !

Un défi relevé haut la main par deux auteurs espagnols, Bartolomé Seguí et Hernán Migoya, qui, dans leur adaptation de Tatouage, l’une des toutes premières histoires de Carvalho, ont su préserver l’esprit des romans et le personnage. Car, au-delà de l’enquête, on retrouve bien cet homme haut en couleur, délicieusement cynique, un brin désabusé, fin gastronome et philosophe inattendu.

Les dialogues, comme ses fameux soliloques, sont tout à fait dans le ton. De même, le découpage de l’album retrace bien le fil de la pensée singulière du héros. L’ensemble est porté par un dessin réaliste, qui restitue parfaitement les ambiances, et des cadrages judicieux.

Avis aux amateurs et à tous ceux qui ne connaissent pas encore Pepe Carvalho !


Bonnes lectures !

À lire sur le sujet

Nos vidéos

Interviews, immersions, coups de coeur... le meilleur de bande dessinée en vidéo !

on reste en contact ?

* Ces champs sont obligatoires.
Notre Charte de protection des données personnelles est disponible ici.
coccinelle_newsletter

S'abonner à la newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter Dargaud pour recevoir toutes les actualités liées à la bande dessinée !

* Ces champs sont obligatoires.
Notre Charte de protection des données personnelles est disponible ici.

Trouver une librairie

J'y vais !
Retour en haut