Dakota 1880, hommage à Lucky Luke et au road-movie

Appollo et Brüno revisitent la série mythique Lucky Luke et rendent hommage au célèbre cowboy, et au western dans sa veine la plus réaliste !

Par l'équipe Dargaud

Dakota 1880

Table des matières

Lucky Luke - Brüno

Ce jour-là, dans les étendues enneigées du Dakota, Lucky Luke est étendu sur le sol après s’être fait rosser par deux types. Il a été recruté comme shotgun, chargé d’assurer la sécurité d’une diligence traversant les États-Unis, du nord jusqu’à la Californie. Tout au long de ce voyage, il rencontre les personnages les plus divers. Des Indiens, une femme qui s’apprête à rejoindre son futur mari militaire qu’elle n’a encore jamais vu, deux poètes qui n’arrêtent pas de se taper dessus, un certain Louis Riel, défenseur des Métis canadiens, une gamine nommée Annie Oakley, qui manie le colt presque aussi bien que lui, une prêtresse vaudoue. Ou encore un photographe prédisant la fin du Far West et qui lui conseille d’investir dans les chemins de fer…

Arizona
Arizona © Morris / Dupuis 1988

Dakota 1880, dont le titre rend hommage à la toute première aventure de Lucky Luke, Arizona 1880, est bâti sur le modèle d’un album de Morris et Goscinny publié en 1974, sept Histoires de Lucky Luke. Soit sept récits courts, dans lesquels Appollo et Brüno proposent leur version du personnage créé par Morris en 1946. Ils le mettent en scène au tout début de sa vie d’adulte, d’où l’absence des figures fétiches de la série comme Jolly Jumper ou les Dalton. S’il se trouve parfois dans une situation difficile – on le découvre même pendu à un arbre, avant qu’une femme ne le ramène d’entre les morts –, ce Lucky Luke annonce le héros que l’on connaît, soucieux de protéger les faibles et de défendre les minorités. Teinté d’une légère mélancolie lorsqu’il évoque la fin programmée du Far West, Dakota 1880 propose des personnages de femmes fortes et lance quelques clins d’œil aux aficionados de la période Morris/Goscinny (« Encore des patates et du lard, j’en peux plus ».) Et dévoile enfin l’intégralité des paroles de la célèbre chanson qui conclut les aventures de « Luke le chanceux » …

Lucky lonesome cowboy

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Entretien avec Appollo

Appollo

Appollo, quelle est votre vision de Lucky Luke dans Dakota 1880 ?
Nous le mettons en scène au moment de sa naissance dans l’album de Morris intitulé Arizona 1880, juste avant qu’il ne devienne une légende de l’Ouest. C’est un Lucky Luke en devenir ! Nous l’ancrons dans le contexte historique des États-Unis de la fin du XIXe siècle, même s’il n’est pas complètement réaliste et si un humour sous-jacent affleure par moments. Brüno et moi sommes tous les deux de grands fans de Lucky Luke. C’est une bande dessinée qui ne vieillit pas et que l’on peut relire sans cesse avec le même plaisir.

Vous laissez entendre que Lucky Luke a réellement existé… Vous êtes sérieux ?
Quelle question… Évidemment, il a existé ! (rires.) J’ai d’ailleurs mené des recherches très sérieuses qui attestent de ses origines, notamment auprès d’un professeur d’université réputé, Gustav Frankenbaum, spécialiste de littérature américaine. À la fin du XIXe siècle, les vrais cow-boys sont devenus des héros de fiction grâce aux dime novels, les romans à trois sous qui relataient leurs exploits. Avec notre album, c’est l’inverse : on découvre que cette figure de fiction qu’est Lucky Luke était en réalité un personnage historique…

Nous avions envie d'une histoire en prise avec la réalité de l'époque. 

Avez-vous été soumis à des contraintes éditoriales ?
Notre Lucky Luke n’avait pas le droit de fumer ni de tuer. La première contrainte nous a fait un peu râler, car il y a une certaine esthétique, pour un héros tel que lui, à avoir une cigarette dans la bouche. Mais rassurez-vous, les autres personnages de l’histoire ne se privent pas de fumer… En revanche, l’interdiction de tuer nous a posé quelques problèmes dans le cadre d’un western réaliste, mais nous avons composé avec cet interdit.

Lucky Luke - Brüno

Pour quelle raison les femmes jouent-elles un rôle important dans votre album ?
Nous avions envie d’une histoire en prise avec la réalité de l’époque. De manière générale, on croise rarement des femmes, des Noirs ou des minorités dans les westerns, et nous trouvions intéressant de leur donner un rôle. Morris et Goscinny laissaient peu de place aux personnages féminins, en raison du carcan dans lequel était enfermée la bande dessinée de leur époque, et nous avons introduit des femmes de statuts et de conditions très différents.

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Entretien avec Brüno

Brüno

Quelle est la place du rêve américain dans les aventures de Lucky Luke ?
Malgré l’époque que nous vivons, dans laquelle le totalitarisme et le repli sur soi semblent devenir la norme, il ne faudrait pas oublier à quel point les États-Unis, grâce au métissage si typique de ce pays, furent une formidable fabrique d’imaginaires et une source de création artistique sans précédent. 
Cet imaginaire a fasciné Morris et Goscinny, et en se réappropriant cette mythologie, ils nous ont donné cette superbe série, Lucky Luke.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce personnage ?
Ce qui me fascine, c’est à quel point la série utilise une grammaire minimaliste, avec des éléments récurrents très simples et très iconiques : le héros et son cheval, un décor quasi immuable, fait de déserts et de petites villes peuplées de villageois pleutres… Morris et Goscinny savaient les recombiner avec génie pour créer une situation stimulante à chaque album.

Pourquoi avoir choisi le format d’un recueil de récits courts ?
Attention, malgré les apparences, notre album propose une histoire complète. Nos personnages prennent la route, et nous suivons leur périple au gré des rencontres qui marquent leur voyage. Comme un hommage à la tradition très américaine du road movie, cette structure nous permettait de développer des ambiances et des tonalités différentes au sein d’un même récit.

Lucky Luke - Brüno

C’est un Lucky Luke plus réaliste qu’humoristique ?
Nous ne sommes pas des auteurs comiques, et il semblait impossible de rivaliser avec les chefs-d’œuvre de la période Goscinny. Il nous fallait donc trouver un angle d’attaque différent. Un réglage plus adulte, associé au fait que Luke n’a pas le droit de tuer, nous a fait opter pour un style d’aventure plus contemplatif, un peu comme le faisait Hugo Pratt avec Corto Maltese.

Comment dessiner Lucky Luke après Morris ?
J’adore le dessin de Morris, et je partage son goût pour la synthèse graphique, mais nos registres sont assez différents. Du coup, j’ai fait mon truc de manière candide, sans pression, si ce n’est celle de mon propre dessin.

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