Complainte des Landes perdues, le retour du cycle des Sorcières !

Ici commencent les origines de la légende. Laissez-vous ensorceler par la suite du Cycle des Sorcières ! Interview des auteurs.

Par l'équipe Dargaud

Complainte des Landes perdues

Table des matières

Entre sorcières, magie noire et blanche, trahisons, créatures fantastiques et luttes de pouvoir, Jean Dufaux poursuit sa saga culte, influencée par Shakespeare et Tolkien, et précurseuse de Game of Thrones.

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Le Cycle des Sorcières

Avec ce troisième et avant-dernier tome du cycle des Sorcières,  Jean Dufaux abat les nouvelles cartes de son fabuleux jeu épique, mêlant tragédies, trahisons, luttes de pouvoir et combats de l’amour contre le mal.

La mécanique implacable du scénario de Jean Dufaux, passé maître dans les grandes fresques épiques, évoque autant Shakespeare que J. R. R. Tolkien ou George R. R. Martin, bien avant son Game of Thrones.

Complante des landes perdues par Jean Dufaux et Béatrice Tillier

Au service de cette grande fresque, Béatrice Tillier, lauréate du Grand Prix de la ville d’Illzach en 2022, excelle par ses enluminures dans la description des personnages, à la fois sensuelle et réaliste, tout comme dans la mise en scène d’atmosphères inquiétantes et la restitution de décors d’un réalisme à couper le souffle.

Saga légendaire de mythologie celtique imaginée par Jean Dufaux, dessinée tour à tour par  Grzegorz Rosinski, Philippe Delaby, Jérémy, Béatrice Tillier et Paul Teng, ce troisième volet de la série prend place avant les deux premiers cycles, Sioban et  Les Chevaliers du pardon, et explore les origines du Mal. Le quatrième tome, Vers l’Eruin Dulea, est attendu pour octobre 2025.

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Béatrice Tillier : "Exprimer toute la diversité des femmes"

Quels étaient, pour vous, les défis de ce troisième tome, rempli de révélations qui secoueront les fondements mêmes de l’Inferno Flamina, le rassemblement des Sorcières ?

Complante des landes perdues par Jean Dufaux et Béatrice Tillier

Le principal enjeu graphique consistait à annoncer que l’on arrivait justement au cœur même de l’action et des enjeux de ce cycle de la Complainte des landes perdues, qui raconte les origines des Moriganes. Et donc de faire monter la tension qui devient extrême entre les personnages, d’exprimer leurs sentiments et leurs personnalités fortes, et surtout de rendre toute la subtilité que Jean leur a inculquée. Avec lui, et c’est ce que j’aime, aucun personnage, même démoniaque, n’est blanc ou noir. J’ai aussi beaucoup travaillé sur les couleurs, les teintes sombres, noircies quand l’ambiance et les atmosphères le demandent. En plus, bien sûr, de moments d’action très forts. Et je prends parfois beaucoup de plaisir dans les scènes horribles !

Tant dans le scénario que pour les envolées graphiques que le récit exige, on sent que Jean a aussi construit ce cycle autour de votre dessin et de votre personnalité : c’est presque du sur-mesure de nouveau ?

La trilogie du Bois des vierges (NDLR : leur première collaboration en 2008), avait effectivement été écrite pour moi, et sur mesure pour mon dessin. Comme nous cherchions sur quel thème travailler ensuite, j’ai remarqué qu’il était annoncé, en quatrième de couverture des albums de la Complainte, un troisième cycle sur l’origine des Sorcières. J’ai alors demandé à Jean, comme aucun dessinateur n’avait été approché, si je pouvais proposer mes crayons et pinceaux. La Complainte, je l’ai lue dès sa sortie, je savais que je me plairais à dessiner cet univers de fantastique moyenâgeux. Et ce thème des sorcières me parlait, évidemment.

De fait, on a rarement vu autant d’héroïnes dans une seule saga, et en particulier dans ce cycle de la Complainte, rempli de femmes fortes et de sororité.

Ce thème des sorcières permettait d’explorer toute la diversité féminine. Il y a ici une pluralité de femmes, toutes très différentes dans leur caractère ou leur physique, et très éloignées des stéréotypes. Ici, il n’y a pas de douces princesses ou de femmes victimes. Ce sont elles qui ont le pouvoir, elles qui sont les héroïnes, elles aussi qui parfois manipulent ou font le mal. En ça, les récits de Jean sont toujours très féministes.

Complante des Landes perdues par Jean Dufaux et Béatrice Tillier

À ce propos, et alors que le nombre d’autrices publiées a considérablement augmenté ces dernières années, comment expliquez-vous être une des rares, presque la seule,  à vous exprimer dans une telle veine réaliste ?

Je ne sais pas, il faudrait le demander aux autres ! Je sais juste que le dessin réaliste est un travail de longue haleine, très méticuleux, pour lequel il ne faut jamais se laisser aller à la facilité, et ne jamais céder à la pression des éditeurs qui vous demandent toujours plus de rapidité ! Mais j’ai toujours eu une appétence naturelle pour le dessin réaliste, j’aime la composition, les narrations qu’il induit…

Le déclic m’est venu avec François Bourgeon, qui m’a montré qu’il était possible de raconter en bande dessinée des histoires avec une qualité graphique aussi poussée… C’est resté un modèle. Et j’aime aussi que le sexe d’un auteur ne transparaisse pas toujours dans ce qu’il ou elle fait. Après tout, quelle importance ?

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Jean Dufaux " J'ai la maladie des conteurs"

Ce troisième cycle, qui remonte aux origines des Moriganes et de tout l’univers de Complainte des landes perdues, était-il prévu dès les débuts de celle-ci ?

 

Bien sûr que non, mais que voulez-vous, les auteurs du Seigneur des anneaux ou de Game of Thrones ont dû connaître la même chose. Vous créez une carte, un pays, une légende, un passé, une mythologie et, soudain, vous attrapez la maladie des conteurs : l’imaginaire vous happe et vous oblige à aller toujours plus loin que ce que vous avez créé à l’origine !

Complante des Landes perdues par Jean Dufaux et Béatrice Tillier

Ce troisième cycle s’est imposé à moi pendant l’écriture du deuxième, et le quatrième s’ouvre sur tout ce qui précède, m’obligeant à travailler sur des éléments que j’avais glissés dans  la Complainte sans encore les explorer ! Mais c’est évidemment passionnant. Ici je voulais aussi tenir compte de la personnalité, très forte, de l’autrice. Elle est selon moi un des grands talents réalistes et un peu oubliés de sa génération. Il y a dans ce cycle un jeu important sur les apparences. Tout se joue là-dessus, et c’est très inconfortable pour un dessinateur, tout se joue avec un regard, parfois un regard et un dialogue… Il faut énormément de talent pour y parvenir.

Vous avez entamé cette grande aventure il y a trente ans maintenant, avec Grzegorz Rosinski, mais les temps, et les regards, ont bien changé depuis sur le genre de la fantasy !

Ah oui, au début, le genre était vraiment très déprécié, c’était à peu près le vide total en terme éditorial ! Mais je n’aime pas trop le mot fantasy pour qualifier la Complainte, un terme qui implique un certain nombre de codes ou de clichés tels que les elfes, les nains, etc. Je préfère parler de mythologie fantastique puisque tout se base sur des légendes et des mythologies anciennes, celtiques essentiellement.

Un socle de légendes qui vous permet d’explorer les thèmes qui vous sont chers : les clans, la famille, la conquête du pouvoir et les malédictions que tout cela engendre.

Je suis un enfant des contes, des mythes et des légendes ; ce sont des temps et des environnements qui laissent encore une grande place à la liberté, une liberté très précieuse pour un scénariste ! Un temps où tout vacille, où rien n’est statufié, où il n’y a pas encore de lois, où l’on a moins cédé au pouvoir politique, où l’homme et sa folie sont moins corsetés qu’aujourd’hui. Parce que le pouvoir invite à la folie. Il isole d’abord, puis la folie s’y invite. J’adore travailler autour de ce sujet, surtout quand les choses ne sont pas encore figées.

Complainte des Landes perdues par Jean Dufaux et Béatrice Tillier

En aurez-vous fini avec la Complainte des landes perdues au terme de ces troisième et quatrième cycles ?

Qui sait ? Pour le moment, j’ai essayé de faire le tour d’une mythologie qui s’est imposée à moi, mais qui devrait peut-être donner envie à d’autres auteurs ou autrices d’explorer et de se balader dans les landes perdues.

C’est ce qui arrive avec les légendes : elles n’appartiennent à personne. Je sais aussi que des producteurs sont très intéressés pour en tirer une série réaliste,  ou un dessin animé réaliste. Mais tout cela prend énormément de temps, et de moyens.


Merci à Béatrice Tillier et Jean Dufaux d'avoir répondu à nos questions.

Découvrez dès aujourd'hui le nouveau tome du cycle des Sorcières en librairie :

 

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Pour en savoir plus

Nous vous invitons à découvrir en vidéo les différents cycles de Complainte des Landes perdues :

Le Cycle des Chevaliers du Pardon

Le Cycle de Sioban

Le Cycle des Sudenne

Bonne lecture

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