L'Insensé : un personnage insensé face à l’insensé du monde…

Découvrez le nouveau chef-d’œuvre intime et profondément humain de Manu Larcenet. Une bande dessinée entre introspection, nature et souvenirs.

Par l'équipe Dargaud

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Table des matières

Francis, un vieil homme solitaire, est malade. Il n’a qu’un ami, Yannick, rencontré lors d’un séjour dans un établissement psychiatrique, qui l’a convaincu de reprendre contact avec ses enfants qu’il a abandonnés il y a longtemps. Dessinateur, Francis prend donc la plume et le pinceau pour tenter de leur expliquer sa vie, son rapport au dessin et à la nature, son isolement, sa maladie et ses regrets. Des discussions avec Yannick et des passages à l’hôpital aux dessins réclamés par l’écolier visiteur du mercredi, tout au long de son monologue, il décrit et dessine un quotidien fait de détails et d’agacements ordinaires, de temps et de saisons qui passent et d’émerveillements devant l’enfance ou la nature.

Insensé - Illu 5

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L’histoire d’une vie et un hommage saisissant au dessin

Insensé - Illu 2

L’Insensé est un album infiniment personnel, mais aussi une prouesse artistique, par l’un des plus grands talents de la bande dessinée. À travers son personnage, Manu Larcenet parle comme jamais de son inadaptation à la société, de la solitude et de l’angoisse toujours présente. Mais en même temps, il met brillamment en scène son amour du dessin qui a envahi sa vie en la rendant supportable. Avec l’art, constamment au cœur de ce récit, le dessin est le véritable autre personnage de l’histoire. 

Insensé - Illu

L’auteur nous émeut, tandis que l’artiste nous éblouit en jouant avec les lignes, les traits et les couleurs. Comme une évidence, son talent éclate dans sa description de la nature, des animaux, du ciel et des étoiles ou dans son attention aux détails. Il a rarement été aussi exigeant, aussi précis et épuré dans son trait comme dans son texte. Avec une sincérité absolue et totalement désarmante, l’auteur se met à nu comme jamais. Un chef-d'œuvre graphique au service d’une histoire poignante.

Jamais je ne me suis senti aussi libre. Mon œuvre commence avec cet album.

Manu Larcenet

Découvrir les premières pages de l'album :

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Entretien avec Manu Larcenet

L’Insensé, pourquoi ce titre Manu Larcenet ?

"C’est très simple, L’Insensé, c’est à la fois ce personnage qui est au bord du déséquilibre, mais c’est aussi ce qui définit son rapport au monde. C’est l’absurde de Camus, le sentiment que ressent l’homme confronté à l’absence de sens, le constat douloureux de sa séparation avec l’univers, son vertige devant ce vide. Un personnage insensé face à l’insensé du monde…"

Je ne sers à rien quand je ne dessine pas, dessiner me tient. 

Manu Larcenet

Insensé - Illu 3

En quoi cet album est-il différent de vos précédents ouvrages ?

"Dans beaucoup de mes albums, et en particulier dans Blast puis dans Thérapie de groupe, j’abordais déjà certains thèmes, comme l’angoisse ou l’isolement. Tout était en germe, mais L’Insensé est un aboutissement. Jamais je n’ai autant travaillé sur un livre. J’ai voulu éviter le fatras, l’accumulation;  rechercher la clarté, tendre vers l’épure, dans mon trait comme dans mes mots. Je me suis forcé à faire des choix, à renoncer. J’ai d’ailleurs plusieurs centaines de dessins en réserve et que je n’ai pas utilisés. C’est parfois douloureux, mais j’ai appris à simplifier. Ce livre ne m’a jamais quitté, j’ai travaillé page à page selon l’inspiration, et chaque jour a été une surprise. Jamais je ne me suis senti aussi libre, peut-être parce que je ne me suis rien interdit au nom d’une cause artistique quelconque. Cet album est donc une continuité, mais en infiniment plus ciselé, plus personnel. Je pourrais dire que mon œuvre commence avec ce livre…"

Le talent ne peut pas toujours se passer de la besogne. Il faut beaucoup de travail pour poser le mot juste ou le trait parfait. 

Manu Larcenet

Insensé - Illu 4

Quels sont les artistes que vous admirez dans la bande dessinée ?

"Ils sont nombreux aussi, pour des raisons différentes : Franquin, bien sûr, Taniguchi, Blutch et Ferri avec qui j’ai beaucoup ri et travaillé. Servais et Cosey parce qu’ils m’ont tous les deux montré comment utiliser la nature pour illustrer le temps qui passe. Franquin qui dit qu’il faut comprendre ce que l’on dessine, même quand ce n’est qu’un camion ou une manche de pull. Mais aujourd’hui, je lis très peu de bandes dessinées. Mon temps est occupé par le dessin. Et j’ai découvert, en regardant dessiner les plus grands, Sempé, Franquin, Muñoz, que plus un dessin semblait naturel, fluide et élégant, plus il était le résultat d’un travail appliqué et incroyablement méticuleux. Le talent ne peut pas toujours se passer de la besogne. Il faut beaucoup de travail pour poser le mot juste ou le trait parfait. Parfois, ils viennent instantanément, et ce sont des moments de grâce absolue, mais ils restent rares."

Insensé - Illu 6

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L'auteur et son parcours

Manu_Larcenet

Passionné de bande dessinée dès l’enfance, puis de rock, ado. Il suit une filière spécialisée à l’école de Sèvres et sort des Arts appliqués avec un BTS d’expression visuelle. Il entre en 1994 à Fluide Glacial, où il déploie un humour absurde. Dans le même temps, il travaille pour Spirou et, en 1998, fonde, avec Nicolas Lebedel, la maison d’édition Les Rêveurs. 

Son histoire avec Dargaud

Il débute au sein de la jeune collection « Poisson Pilote », qui marquera une étape décisive. Il dessine Les Cosmonautes du futur (2000-2004), écrit par Lewis Trondheim, Donjon Parade (2000-2007), avec le même Trondheim et Joann Sfar, mais c’est surtout Le Retour à la terre (2002-2019), scénarisé par Jean-Yves Ferri, qui le révèle au grand public. Inspirée de son installation à la campagne, cette chronique sensible et drôle sur l’exode urbain reçoit le Prix du meilleur album au Festival d’Angoulême en 2004. Avec Le Combat ordinaire (2003-2008), Larcenet s’impose comme l’un des grands auteurs de sa génération. Cette série, saluée par la critique et récompensée à Angoulême, mêle chronique sociale, réflexion intime et questionnements existentiels. Il confirme cette évolution avec Blast (2009-2014), vaste récit noir consacré à la chute d’un homme en rupture avec le monde, puis avec son adaptation du Rapport de Brodeck de Philippe Claudel (2015-2016). Plus récemment, il signe Thérapie de groupe (2020-2022), où il interroge avec humour son métier d’auteur et sa propre dépression, avant d’adapter avec succès La Route (2024), le roman de Cormac McCarthy. Il retrouve le comique et la dérision avec Palmer dans le rouge (2025), d’après un scénario inachevé de René Pétillon.

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