Palmer dans le rouge

Né d’un assemblage inédit - celui de René Pétillon et Manu Larcenet, Palmer dans le rouge 2025 est un grand cru. À consommer sans modération !

Par l'équipe Dargaud

Dans L’Enquête corse, Jack Palmer était à la recherche d’Ange Leoni.
Dans Palmer dans le rouge, Ange, en visite chez sa cousine, dans le Médoc, doit faire appel aux services du fameux détective pour retrouver Bénédicte, sa nièce disparue. Héritière d’un domaine viticole en difficulté, celle-ci s’apprête à épouser un jeune américain, riche exploitant d’un domaine dans la Napa Valley, et ainsi sauver sa famille de la faillite. Contraint à la discrétion, Jack Palmer plonge dans les secrets de la vigne bordelaise, des appellations contrôlées et des œnologues. Entre grandes familles bordelaises et petits trafiquants, sa candeur et sa maladresse habituelles vont déclencher une spirale d’événements inattendus…


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Palmer, le retour inattendu

René Pétillon, disparu en 2018, avait laissé derrière lui le scénario pratiquement terminé d’une nouvelle aventure de son détective favori, une suite naturelle de L’Enquête corse. Grand admirateur du travail de Pétillon, Manu Larcenet a accepté avec enthousiasme de la dessiner avec son propre style. Palmer dans le rouge est ainsi le fruit savoureux de cette rencontre originale entre deux auteurs complets, deux talents absolus de la bande dessinée. Jack Palmer est lâché sans précautions par Pétillon dans l’univers codifié du vignoble bordelais où sa maladresse fait des merveilles. De son côté, en respectant totalement ce scénario, son univers et l’ingénuité de son personnage, Larcenet impose sa propre patte graphique et une palette de couleurs inimitable. Avec subtilité, il a aussi glissé dans les dialogues quelques touches discrètes et une réplique finale imparable. Grâce à un très grand dessinateur, Jack Palmer rend le plus beau des hommages à son créateur. 
 

Le dessin est à la mode Larcenet, tout l'esprit Pétillon est bien là. Un très beau cru.

Le Parisien

Case Palmer dans le rouge

 

Les deux noms côte à côte, Pétillon et Larcenet, claquent comme le feraient deux cépages nobles. Leur assemblage est inédit, promesse d'un cru explosif, millésime unique. 

Sud Ouest

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Entretien avec Manu Larcenet

Que représente René Pétillon pour vous ?

Larcenet
© Dargaud - Rita Scaglia

Un grand dessinateur et un grand humoriste. Pétillon fait partie, comme Sempé par exemple, de ces auteurs dont le dessin donne une impression de simplicité et de facilité. Une impression trompeuse, évidemment ! Et pour le scénario ou les dialogues, c’est l’équivalent de René Goscinny ou plus récemment de Jean-Yves Ferri ; on y retrouve la même passion pour le mot juste, pour le bon mot et pour la joute verbale. J’ai toujours admiré chez René cette maîtrise dans l’agencement de ces deux éléments, ce qui en faisait pour moi un très grand auteur, un auteur complet. Et c’est parfois tellement fin et précis qu’on a l’impression que comprendre Pétillon et rentrer dans son humour, ça peut vous distinguer des imbéciles… 
Quand j’ai eu en main pour la première fois son scénario et son story-board, j’ai eu le sentiment d’être un découvreur. J’avais l’impression d’être le premier à plonger dans la cuisine Pétillon, à entrer dans son processus de création et à en comprendre une partie.

Et quelle vision aviez-vous de Jack Palmer ?

Canard enchaîné - Palmer

Je connaissais surtout l’œuvre de Pétillon à travers ses dessins du Canard enchaîné. Et j’admirais donc son immense talent à illustrer une intention en une image à la fois percutante et incroyablement pertinente. Parmi ses albums, j’avais été bluffé par L’Enquête corse, un album à la fois très pointu et grand public. Pétillon avait reproduit l’exploit de Goscinny et d’Astérix en Corse : faire rire des Corses en faisant rire les Corses. Ce n’est pas un moindre compliment.
Pour moi Jack Palmer est d’abord un rêveur, un artiste, plus lunaire que maladroit. Il n’a pas la même temporalité que les autres personnages, ou même que l’action elle-même. Il prend tout au premier degré, il est toujours en décalage par rapport à l’événement. Même victime, il est toujours serein. C’est le moine bouddhiste des détectives !
Et graphiquement, Pétillon l’a défini par son costume. On n’imagine pas Superman sans son justaucorps ou Gaston sans son pull vert. L’imperméable et le chapeau de Palmer, c’est son costume de super-héros.

Avez-vous hésité à prendre cette suite ?
Avec l’adaptation de La Route, je venais de passer plus de deux ans immergé dans l’univers très sombre de McCarthy, et c’est vrai que j’aspirais à un peu plus de légèreté. Refaire un détour par l’humour était donc une parenthèse bienvenue. Et après ce que je viens de dire sur L’Enquête corse, s’attaquer à ce qui semblait en être une suite naturelle était donc une proposition séduisante… et le faire avec Pétillon et son scénario était encore plus excitant !

Dans vos différents albums, vous avez montré que vous pouviez passer d’un style graphique à un autre pratiquement sans limites. Avez-vous découvert de nouvelles choses en dessinant cet album ?
Le monde du vin m’est un peu étranger ; je n’avais d’ailleurs jamais dessiné la vigne, même si j’habite au milieu. Ça a donc été une expérience, mais du coup j’ai été très heureux de prendre une grande liberté et de jouer avec les couleurs – j’en suis assez fier.

Case Palmer dans le rouge


Sinon, pendant longtemps, j’ai pensé que tous ces grands artistes étaient des magiciens et que l’évidence de leur dessin était la marque du génie. Il m’a fallu beaucoup de temps et d’expérience pour comprendre que la facilité était un leurre. J’ai pris conscience peu à peu que derrière le talent il y avait surtout beaucoup de travail. Boileau avait raison : « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage… »
J’ai retrouvé cette tension et cet effort dans le découpage de Pétillon, mais aussi dans les notes qu’il a laissées. Il n’y a aucun relâchement. Entrer dans les coulisses de la création d’un auteur que j’admirais, découvrir ses hésitations, ses repentirs et la construction de ses dessins m’a confirmé l’importance du travail derrière la facilité apparente du dessin. Pour l’essentiel, j’ai dessiné son scénario en y posant, c’est vrai, mon empreinte graphique et avec quelques espaces de liberté. Mais c’est vrai qu’au long de l’album j’ai aussi progressivement simplifié mon trait. Au début de ma carrière de dessinateur, je pratiquais un trait un peu tremblant pour donner du mouvement et de la vie à mon dessin. Ce n’est que peu à peu que j’ai compris que c’était plus compliqué de faire simple. Et aussi bien dans son trait que son usage des mots, Pétillon était un maître de cet art.
J’adapte évidemment mon dessin à l’histoire mais désormais je m’efforce d’épurer davantage, d’aller à la simplicité. D’une certaine manière j’évolue de la ligne crade vers la ligne claire !

Vous avez donc fait un pas de côté avec Palmer dans le rouge ? Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Avec La Route puis Palmer dans le rouge, je suis rentré dans les univers d’autres auteurs. Depuis plusieurs mois, je travaille sur un album très personnel qui est aussi un hommage au dessin.
Je ne peux pas en dire davantage car c’est un projet au long cours, au très long cours car il devrait faire plusieurs centaines de pages… Vous n'allez pas entendre parler de moi avant longtemps !

Un dernier mot ? Une conclusion ?
Pétillon n’avait pas mis de point final à son album, et il fallait justement une conclusion. Au moment de m’approcher de la dernière page, brusquement, ce final s’est imposé comme une évidence imparable. Un hommage. J’admirais le travail de Pétillon et j’ai appris récemment qu’il était aussi sensible au mien. Nous nous étions croisés deux ou trois fois mais nous n’avions jamais travaillé ensemble. D’une certaine manière, c’est fait désormais.

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Entretien avec Jean-Marc Pétillon

Avoir un père dessinateur, c’est une enfance originale ?
Pour moi, il n’y avait rien de surprenant. Mon père partait au bureau tous les matins, mais c’était dans son atelier, à la maison. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris l’ascèse que ça demandait, la somme d’efforts et la pression qu’il y avait derrière cet acte de création.
Et c’est vers douze ans, au moment du Grand Prix d’Angoulême, de l’agitation soudaine autour de mon père que j’ai pris conscience, fièrement évidemment, de son statut de « vedette ».
Cela m’a été confirmé plus tard, mais j’avais quitté la maison, par le double succès de L’Enquête corse, de l’album puis du film.

D’où vient ce scénario ? Quelle est l’histoire de cette histoire ?

René Pétillon
© Dargaud - Rita Scaglia

Mon père avait travaillé sur ce scénario dès 2008, me semble-t-il. Pour différentes raisons, et d’autres projets en cours, il n’en avait plus reparlé.
Nous avons dû vivre avec la tristesse de sa disparition, et ce n’est que plus tard, en plongeant dans ses archives, que nous avons découvert l’ampleur de ce travail. Entre son scénario et son découpage, il ne restait pratiquement plus qu’à dessiner l’album.

Pourquoi selon vous avait-il planté le décor dans le Bordelais ?
Sans être œnologue, mon père était un amateur éclairé ; c’était aussi un univers qui l’intéressait beaucoup et qu’il avait pas mal étudié. Il aimait ce principe d’un monde très policé, avec un vernis de respectabilité mais en réalité plein de secrets, de courants souterrains. Le contraste entre des apparences très civilisées et ces zones d’ombre était pour lui une source de comique importante.
Dans L’Enquête au paradis (fiscal), L’Enquête corse ou même Super Catho, ce sont un peu les mêmes ressorts qui fonctionnent.

Pourquoi avoir proposé cette reprise à un auteur comme Manu Larcenet ? Aviez-vous envisagé d’autres dessinateurs ?
Il était évident que ce projet ne pouvait être confié qu’à un auteur complet, mais surtout qu’à quelqu’un dont mon père appréciait le travail. Il connaissait et admirait beaucoup des auteurs comme Blutch, Martin Veyron ou Catherine Meurisse, mais, avec ma mère, nous pensions qu’il était délicat de s’adresser à des artistes qui étaient aussi des amis proches. Ils auraient pu ressentir une obligation ou à l’inverse une gêne à l’idée de prendre sa suite. Nous savions qu’il aimait beaucoup les albums de Larcenet sans pourtant le connaître vraiment. Il nous a semblé qu’il y avait la distance nécessaire que nous imaginions… à condition qu’il accepte, bien entendu !

Quel a été l’accueil de Manu Larcenet lorsque vous lui avez fait la proposition ?
Les choses se sont faites d’autant plus simplement que c’est le même éditeur qui publie mon père et Larcenet. Je crois qu’après La Route, un album d’humour pouvait être un changement bienvenu pour Larcenet. Il a lui-même été touché d’apprendre que mon père aimait beaucoup ce qu’il faisait. Et, de notre côté, nous avons aussi été émus de savoir ce que l’œuvre de Pétillon représentait pour lui. L’aventure a commencé ainsi, très simplement.

Case Palmer dans le rouge

Et quelle a été votre réaction devant les premiers dessins, les premières planches et l’album lui-même ?
Dès les premiers dessins, nous avons compris que Palmer serait différent de celui que mon père dessinait mais que pourtant son aventure serait celle qu’il avait imaginée et écrite. Larcenet s’était approprié son détective sans le trahir. Et nous sommes certains que mon père aurait aimé cet album qui est pour nous une réussite. C’est forcément une très grande émotion de voir son scénario prendre vie, son personnage et toute son œuvre revenir dans l’actualité.

Retrouvez Palmer dans le rouge en librairie ! 
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Bonne lecture !

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