Les Aigles de Rome de Marini entre géopolitique et affaire de famille
Épique, sensuel et sanglant, un nouveau volet de cette grande saga captivante sur l’Empire romain ! Interview exclusive d'Enrico Marini
Table des matières
Avec ce huitième volume, Enrico Marini continue de dérouler le fil de sa tragédie antique où ambitions, jalousies, trahisons, amours et assassinats s’entremêlent sur fond de conquêtes militaires. Sa maîtrise du dessin, des couleurs et de la narration fait définitivement des Aigles de Rome une série historique majeure du neuvième art.
Marcus ? Arminius ? Choisissez votre camp !
En librairie avec deux couvertures alternatives
Back to topTome VIII - Le complot
An 15 apr. J.-C. Pour venger la désastreuse défaite de Teutobourg, la formidable machine de guerre romaine est en position sur la rive gauche du Rhin. À la tête de huit légions, Germanicus s’apprête à lancer ses troupes sur la Germanie. Le chérusque Arminius fait tout pour maintenir la cohésion des nations germaniques sous sa bannière. Une gageure, d’autant plus que sa femme enceinte est prisonnière des Romains. Mais ce qui se trame en coulisse, à Rome, pourrait bien le servir. Le préfet Seianus, aidé par Morphea, est en effet prêt à tout pour écarter Germanicus, un rival dans la course aux honneurs. Avant les combats qui s’annoncent, l’heure est aux bassesses et aux coups fourrés.
Les légions romaines commandées par Germanicus sont en ordre de marche pour lancer de féroces représailles contre ceux qui leur ont infligé la terrible défaite de Teutobourg. Mais dans l’ombre, des forces travaillent à l’échec des deux camps, à Rome comme en Germanie. On savait Arminius très peu apprécié par certains chefs germains, résolus à le trahir à la moindre occasion. Avec ce livre VIII, on retrouve Morphea et Seianus dans la capitale de l’Empire romain, à la tête d’un complot visant à discréditer Germanicus. Dans le cours de la Grande Histoire, les enjeux personnels ont ici une résonance singulière. Ceux de Marcus, le grand rival d’Arminius, sont au coeur de l’intrigue de la série.
Back to topTome VII - La colère de Rome
An 15 apr. J.-C. Il aura fallu six ans à Rome pour réagir à la terrible défaite de son armée à Teutoburg. L’anéantissement de trois légions par les Germains, un désastre inconcevable, ne pouvait demeurer impuni.
Le Chérusque Arminius, qui avait trahi ses alliés romains pour fédérer les peuples d’outre-Rhin contre eux, sait que l’heure est grave. Huit légions vont déferler en Germanie, avec à leur tête Germanicus, un génie militaire. Le temps presse pour unir une nouvelle fois les nations germaniques.
Mais Arminius a fort à faire pour convaincre Marses, Chattes et autres Bructères de résister avec lui aux Romains : certains veulent se soumettre, quand d’autres craignent qu’il ne devienne roi de la coalition.
Back to topArminius aux deux visages
Le personnage d’Arminius est au centre de l’intrigue du livre VII des Aigles de Rome. On y perçoit toute la complexité et l’ambivalence de sa personnalité. Capable de tuer de sang-froid pour servir les intérêts de sa lutte contre Rome, volontiers manipulateur et souvent impulsif, il sait également se contrôler quand la situation l’exige et faire preuve de tendresse envers sa femme Thusnelda et Hraban, son jeune otage.
Cette dualité lui vient sans doute de sa jeunesse à Rome, où il fut envoyé par son père comme garantie pour ses alliés romains. Il y rencontre Marcus, l’autre personnage principal de la série, avec qui il se lie d’amitié. C’est autour de ce duo qu’Enrico Marini développe son récit.
Dès le début, Arminius et Marcus deviennent amis un peu malgré eux et par la suite, développent une grande inimitié, chacun souhaitant la mort de l’autre. Les deux ont des personnalités complexes. Arminius est plus ambitieux et c’est un leader né, plus charismatique que Marcus. Il est devenu son antagoniste. Et pourtant, certains lecteurs le préfèrent.
Enrico Marini
Arminius, quant à lui, bénéficie de l’image positive de celui qui résiste à l’envahisseur.
Back to topC’est une sorte de Robin des Bois ou de Mel Gibson dans Braveheart. On connaît ses exploits, mais on sait très peu de choses de lui, toutes tirées de textes romains. Est-ce la réalité ? On peut au minimum le considérer comme un grand officier avec du charisme. Certes, c’est un personnage héroïque, mais je ne voulais pas le montrer comme tel. Je voulais qu’on ait un doute sur sa personne.
Une affaire de famille
Plus peut-être que dans les autres albums de la série, la famille est au cœur de la narration du livre VII des Aigles de Rome, avec à la clef, des problèmes et des enjeux liés aux relations familiales. Arminius et son épouse enceinte, Thusnelda, attendent l’arrivée d’un héritier. Le chef chérusque va tenter de convaincre son oncle, potentiel rival, de s’unir contre les Romains. Par ailleurs, le père de Thusnelda veut récupérer sa fille, enlevée par son gendre.
Quant à Marcus, il rêve de revoir son fils, pris en otage par son ancien ami Arminius. Enfin, la femme et les enfants du général romain Germanicus, et notamment son troisième fils, futur empereur, l’ont suivi outre-Rhin avec ses huit légions.
Enrico Marini superpose ainsi aux questions militaires et géopolitiques des préoccupations plus intimes.
Tout le monde peut s’identifier à des problèmes familiaux. Ce sont des conflits émotionnels que chaque lecteur peut comprendre. Le récit devient alors beaucoup plus proche. Et puis, s’il n’y a pas le côté émotionnel d’une famille ou d’une amitié, le récit n’est pas très intéressant. C’est le cœur de toute bonne histoire.
Enrico Marini
Personne n’est à l’abri de déconvenues familiales, pas même les grands stratèges.
Back to topLes personnages principaux sont très compétents pour manier l’épée. Les voir subir une défaite sur un champ de bataille plus personnel est d’autant plus touchant. Ce besoin d’être bien en famille, de protéger ses amis, les structure eux aussi. Ces personnages sont tout simplement humains.
Enrico Marini
L'interview exclu d'Enrico Marini
Avec ce livre VII, les lecteurs sont immergés en territoire germain. Mais contrairement aux Romains, les sources documentaires sont rares. Comment avez-vous procédé ?
Enrico Marini : Les Germains n’ont pas laissé de traces écrites. Les seules sources sont romaines ou un peu grecques. C’est frustrant. Les « reconstituteurs » historiques aident beaucoup pour avoir une idée de leur vie et de leurs coutumes.
Mais la différence entre Chérusques, Bructères et Marses est difficile à cerner. On peut peut-être la trouver dans des détails, comme la coiffure, les tatouages ou des symboles spécifiques sur leurs boucliers par exemple. Je pense qu’ils étaient assez similaires.
Dans l’album, on voit des villages, des intérieurs de maison, des vêtements. Comment vous y prenez-vous pour les représenter ?
Enrico Marini : Les archéologues ont trouvé des objets et des traces d’habitation. Pour le reste, je me suis basé sur les « reconstituteurs » et sur des hypothèses visuelles faites par des experts. Mais de toute façon, je ne suis pas un fanatique de la reconstitution exacte. J’essaye de dessiner des choses crédibles. Je ne vais pas passer une semaine pour trouver le bon vase. D’ailleurs, la réalité ne convient parfois pas, sur un plan esthétique. Imaginons qu’un portrait fiable d’Arminius existe : peut-être que sa tête ou sa coiffure ne me plairait pas.
Même chose pour les armures : je me base sur des armures existantes et je fais quelques aménagements. Je dois aussi simplifier pour que le dessin ait une bonne lisibilité.
Dans l’album, vous donnez une place importante aux femmes, notamment dans les prises de décision des chefs. Est-ce avéré ?
Enrico Marini : Pour les Romaines, c’est une évidence. Voyez Livie, Agrippine, Messaline. Du côté germain, les avis d’historiens sont partagés mais c’est clair que les femmes étaient importantes.
J’imagine que la vraie Thusnelda devait avoir du caractère. N’oublions pas que ces aristocrates possédaient des esclaves, et qu’il fallait les commander ! De même pour l’épouse du chef Ingomar, à laquelle je donne une grande place. Je trouvais sympathique que ce prototype du « barbare » écoute encore sa femme.
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