Jean-David Morvan, de l’ombre à la lumière

Par l'équipe Dargaud

Avec « Trois… et l’ange », Jean-David Morvan offre une scène insolite au récit fantastique : le quotidien de « Monsieur-tout-le-monde ». Dans une noirceur parisienne, des personnages aux pouvoirs extraordinaires combattent la fatalité. Un défi audacieux pour le scénariste de « Sillage » et des « Nouvelles Aventures de Spirou ».



Placer le fantastique dans un quotidien français, est-ce votre ambition pour « Trois… et l’ange » ?



C’est exactement ça. Je souhaite inciter les gens à percevoir l’anormal dans ce qu’ils considèrent comme banal.


C’est un retour à une tradition oubliée de littérature fantastique française…


C’est vrai. Mais il y a aussi une influence des films populaires français des années 50. Sans parler des comics, puisque les personnages sont tout de même des superhéros, et du cinéma japonais actuel qui introduit l’horreur dans le quotidien. Enfin, j’insiste sur l’aspect feuilleton de la série. J’aimerais pouvoir sortir un album tous les six mois.


On suppose que le choix de Garance comme prénom de l’héroïne n’est pas dû au hasard…


Il s’agit bien sûr d’une allusion au personnage d’Arletty dans Les Enfants du Paradis. Dans les prochains épisodes, la référence au film de Marcel Carné sera plus évidente.


Garance, une des rares héroïnes rondouillardes de la BD. Est-ce aussi pour s’inscrire dans cette dimension quotidienne ?



Pedro Colombo a eu l’idée de donner un physique potelé à Garance. Cette idée m’a plu et apparemment, elle plaît beaucoup aux lectrices. Elle apparaît comme une fille normale, pas comme un mannequin. Ou alors un mannequin Dove.


Est-ce la même inspiration qui a fait d’Hugo un bisexuel ?


C’est inévitable, puisque Hugo doit lire aussi bien dans les pensées des hommes que des femmes en leur faisant l’amour. Quoi qu’il en soit, ça me paraît normal de parler de bisexualité aujourd’hui.


N’est-ce pas difficile de travailler avec un dessinateur espagnol pour une histoire très parisienne ?


Non, c’est intéressant. Quand Pedro est venu en repérages, il a été plus vigilant sur les détails qui échappent aux Parisiens. Dans son travail, il y a une recherche pointue de l’atmosphère parisienne, loin du guide touristique.


Comment vous accordez-vous avec le sacré ?


Ce sera très présent dans les prochains épisodes où il sera question de la destination des âmes, du choix entre le paradis et l’enfer. En fait, par le fantastique, j’essaye d’aborder le spirituel débarrassé des mythes religieux.


Pourquoi un deuxième épisode aussi sombre ?


J’ai envie d’aller dans (vers) un fantastique très sombre. Mes héros dépriment du fait de leurs pouvoirs. Après tout, notre société est actuellement en proie au désespoir. Et Trois… et l’ange montre avant tout la lutte face à la dépression.



Laurent Mélikian

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