Florence Dupré la Tour, autrice sans tabou

Après Cruelle, Pucelle et Jumelle consacrés à l'enfance, Florence explore dans Jeune et Fauchée la vie d'adulte, de mère et d'autrice de bandes dessinées.

Par l'équipe Dargaud

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Table des matières

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La trilogie de l'enfance

 

cruelle

Cruelle est le premier jalon du cycle autobiographique de Florence Dupré la Tour consacré à l’enfance. Réédité en 2026 (dix ans après sa première parution), l'ouvrage n'a rien perdu de sa force : incarner ce qui est en principe sous silence, les mauvais traitements infligés aux animaux... 
Version trash des Malheurs de Sophie, ce récit est stupéfiant, singulier et plein d'humour.

 

pucelle

Autre thème, non moins tabou : la sexualité, avec Pucelle.  En deux volumes, Florence Dupré la Tour frappe fort. Éveil à la sexualité, patriarcat, éducation des jeunes filles, place de la femme dans la société… des sujets universels et d’actualité, racontés sans pudeur mais avec recul.

Lire notre article consacré à Pucelle


Voici quelques citations parues dans la presse :

Droit au but. Sans chichis, ni complaisance, la dessinatrice raconte par le menu et à hauteur d'enfant son éveil aux mystères de la chair. S'il n'est pas exempt d'humour, le récit fait souvent froid dans le dos, tant il est chirurgical et à fleur de peau. Télérama

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La dessinatrice raconte avec talent, honnêteté et autodérision sa construction psychologique rendue compliquée par le tabou et la culpabilité… C'est drôle, touchant et universel. France Inter


 

Aussi drôle que tragique. Prix Les Inrockuptibles 2020


 

Nous avions pu rencontrer l'autrice dans son atelier pour notre émission Artbox, à revoir ici :

 

jumelle-tome-1-jumelle-partie-1-inseparables

Avant de quitter le monde de l'enfance, Florence Dupré la Tour aborde un dernier thème qui lui est cher : la solitude et l’effroyable séparation dans Jumelle. Il s'agit ici d'une véritable histoire d’amour sororal racontée comme toujours avec justesse, humour, férocité et finesse.

Lire notre article consacré à Jumelle


 

Quelques citations presse :

Le style unique de l'autrice, revêt une profondeur inédite, tout en rondeurs faussement innocentes. Un régal. Causette


 

Une introspection sans concession. Le Parisien Week-End
 


 

Un ton acerbe, enrobé d’humour parfois trash, qu’un trait rond assorti de couleurs pastel ne laisse pas deviner. Marianne


 

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L'âge adulte

 

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Comment passe-t-on d’une petite Dupré la Tour, qui gambade dans le beau domaine de Nagot, à cette femme seule, avec deux enfants dans un appartement décrépi, qui vole dans les supermarchés ? 

Florence raconte, et montre tout : les premiers pas dans l’âge adulte sous le haut patronage d’une mère avare et d’un père chômeur, la peur du déclassement, les boulots en intérim, deux grossesses et un compagnon pour le moins passif…
Et, surtout, comment le manque d’argent s’imprime dans le corps, dans le regard de l’autre, et le silence qui l’entoure. Car on n’est pas pauvre chez les Dupré la Tour. Alors, elle se tient droite, et ce, quoi qu’il en coûte.

Jeune et fauchée

« Désormais seule avec deux petits, sans pension alimentaire et pas une thune d’avance, les choses allaient commencer à devenir intéressantes. » Florence Dupré la Tour est de retour, avec son ironie mordante et son regard acéré, sur elle-même en tout premier lieu,
sa famille bien entendu et la société dans son ensemble. Dans Jeune et Fauchée, place à la vie d’adulte, de mère et d’autrice de bandes dessinées. Quelle thématique allait s’imposer, quel tabou subsiste dans sa famille, dans sa vie amoureuse et professionnelle ? L’argent, plus précisément le manque d’argent et la honte qui en découle, l’aide que l’on ne demande pas pour conserver sa dignité. À rebours des discours moralisateurs, en mettant en images et en mots si bien choisis sa propre vie, Florence montre à tous ce qu’être pauvre veut dire.

Jeune et fauchée

Dessins à l’aquarelle, ton implacable, puissant, féroce et toujours avec son humour bravache sur le fil du tragi-comique.

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Entretien avec Florence Dupré la Tour

 

Dupré la Tour (Florence)

Comment s’inscrit Jeune et Fauchée dans votre travail ?
 Je suis vraiment sur une chronologie autobiographique. En entamant l’âge adulte, c’était la thématique qui était la plus flagrante pour moi, la plus importante, celle qui s’est imposée.
Je m’intéresse à tout ce qui est tabou. Tabous de société aussi bien que des tabous personnels, des choses dont on ne parlait pas dans ma famille, autour desquelles il y a du silence. Après la sexualité, l’argent, c’était vraiment le thème le plus fort, en tout cas en termes de silence…

Jeune et fauchée

 

Comment avez-vous abordé cette thématique ?
J’ai lu beaucoup d’articles sur le déclassement, la lutte des classes, le capital social, les formes de richesse symbolique. Mais je n’ai jamais vraiment lu quoi que ce soit sur le fait de ne pas avoir d’argent physiquement. Je voulais vraiment témoigner de… Enfin, je déteste le mot « témoignage » pour mon travail. Je voulais rendre compte de ce que ça fait sur l’esprit et sur le corps que de ne plus avoir d’argent. D’en avoir vraiment très peu.

Jeune et Fauchée


Dans une optique militante ?
Non, ce n’est pas du tout mon objectif. Parce que je ne sais pas faire, premièrement. Et si je devais le faire, ça ne prendrait pas cette forme-là. Ça serait peut-être sous la forme de tracts, d’affiches, en allant vers le slogan, qui est une forme de poésie. Mais je ne prendrais pas la forme de la bande dessinée. Après, j’ai des désirs… Par exemple, je désire très profondément que la vision que l’on a des personnes pauvres, dans un pays des droits de l’Homme qui s’appelle la France, soit revue en profondeur, parce qu’il y a une détestation des pauvres qui est absolument insupportable. Donc là, c’est sous-jacent dans l’album, je ne le montre pas de manière militante, mais j’y tiens beaucoup. Je dirais donc plutôt que mon travail est engagé dans des valeurs progressistes. Et je parle de la situation des auteurs aussi, une situation que le capitalisme adore, parce que l’employé rêvé du capitalisme, c’est l’artiste-auteur. Il n’est pas syndiqué, il n’a pas de couverture sociale, il est très fragile, donc à la merci de n’importe qui et de n’importe quoi. Là, j’ai fait un petit peu de militantisme.

Jeune et fauchée


 Tout en gardant votre tonalité tragi-comique…
J’ai pris énormément de plaisir à écrire cette histoire. Ça peut paraître étrange, étant donné que c’est une histoire assez catastrophique… Mais l’idée de voir quelqu’un qui, à la base, est un dominant, un riche, une bourgeoise, devenir pauvre, me fait infiniment rire. Dans ce sens-là, par rapport aux récits de transfuges de classe, souvent plus sérieux, je trouve que c’est très, très plaisant à écrire (et je l’espère, à lire).

Jeune et fauchée

 

Comme s’il ne s’agissait pas de vous ?
Oui, bien sûr, je me mets toujours à distance de mon histoire. Quand je parle de mes autobiographies, je ne dis jamais « je », je dis « le personnage » ou « la fille », et ça n’est plus moi. Je trouve que c’est une distance assez saine. Moi, en tout cas, elle me permet d’écrire. Si j’étais
collée à qui j’étais, à ma souffrance, je n’arriverais pas à rire de ça, je ne dessinerais pas du tout de cette manière-là, et je serais dans le pathos tout le temps. Donc, ce ne serait pas la même œuvre.

Jeune et fauchée

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Lire en ligne

Avant de vous plonger dans le nouveau livre autobiographique de Florence Dupré la Tour Jeune et Fauchée, nous vous invitons à en lire les premières pages :

À noter également la parution au même moment de son livre Les Moribonds chez Casterman, une tragi-comédie de genre, où Florence
Dupré la Tour questionne la notion de travail, de domination et d’interdépendance en utilisant la figure du vampire, traditionnellement assimilée à celle du noble ou du bourgeois.

Bonne lecture !

 

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