10 juin 23
juil
2022

Blutch expose à la Galerie Vallois à Paris

Blutch à la Galerie Vallois

Pour sa première exposition personnelle à la galerie, Blutch, auteur de bande dessinée et dessinateur alsacien présente un mish-mash de dessins

« Ni écrivain, ni plasticien.
Cette indécision m’apparaît merveilleusement féconde, comme le plus sûr moyen de voyager en dehors des routes. Je ne suis pas irrésistiblement attiré par la société, et mon travail n’a pas pour vocation de me permettre d’y régner. […] Je n’ai pas le goût de la domination et, dans le tintamarre, me garde soigneusement de tremper ma plume dans la démagogie. Je n’ai pas de stratégie et les buts à atteindre m’apparaissent nébuleux. Je me suis fait l’effet quelquefois d’être un arbre ayant poussé de travers et m’en suis naturellement accommodé.
On m’a commandé ces lignes en me demandant d’y évoquer plus spécifiquement le dessin. C’est un exercice délicat car ce qui constitue avant tout le dessin, pour qui le pratique, c’est justement son imperméabilité face aux tentatives de formulation.

Et cette résistance rend justement l’acte de dessiner précieux. Il convient de préserver le non-expliqué, le non-dit, car la tentation de définir, de nommer, réduit la portée de ce que le dessinateur essaie de dire. »

Pour sa première exposition personnelle à la galerie, Blutch, auteur de bande dessinée et dessinateur alsacien présente un mish-mash de dessins, ou plutôt : Dessins Mish-Mash. Mish-mash viendrait du Yiddish : Mishn – qui signifie mélanger, un mélange de choses qui a priori ne vont pas ensemble ou qui, associées, créent davantage une dissonance qu’une harmonie. Un mish-mash n’est autre qu’un méli-mélo, onomatopée exprimant un bruit de bavardage permanent : « dans la rue, par exemple, je me prends tout le monde en pleine figure. Je n’arrive pas à faire abstraction, et ça me fatigue des fois. Tout mon travail part de ce que j’ai vu… et entendu aussi – on parle de l’œil, mais l’œil est indissociable de l’oreille ».

Blutch dessine tout, tout le temps, toujours : de la pudeur à la perversion, avec une pointe de cruauté et d’ironie. De la candeur aussi, celle de l’enfance qui n’est pas « corsetée », celle du dessin fait sans but ni ambition.
Blutch sent parfois son « dessin en danger d’asphyxie à l’intérieur des règles de la bd ».
« Dessinateur » c’est mieux, le dessin se passe de mots pour aller au-delà du langage – il est ce mish-mash libre, intraduisible, et infiniment riche. Blutch « lutte pour que [le dessin] reste mouvant, instable, vif, au plus près du sujet ».
Mais quel est le sujet au juste ?
Un peu comme le Yiddish, langue vernaculaire utilisée par les communautés juives d’Europe de l’est et centrale, un mélange d’allemand, d’hébreu et de mots slaves ; ou encore l’alsacien, assez semblable au Yiddish du fait qu’il rassemble plusieurs dialectes – Blutch mélange lui aussi différentes références et se nourrit autant de peinture que de jazz ou de cinéma… Le dessin est finalement
ce qui lui permet de tout condenser. « Si l’on étale tout mon travail depuis le début, dans l’ordre, par terre, tous les dessins, toutes les planches, etc., on obtient ma vie en condensé […] »4.
Ce mish-mash serait peut-être une manière d’appréhender un œuvre, ou plutôt une indécision,
car ces dessins – sens dessus-dessous sont comme « un journal émotionnel » explique Blutch.

Il sera présent

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