Samir : une vie d'exilé à hauteur d'enfant
Inspirée d’histoires vraies, cette semi-fiction en bande-dessinée est la concrétisation des fréquents passages de l'autrice Aimée de Jongh dans le camp de réfugiés de Lesbos.
Table des matières
Face à la mer, sur l’île ensoleillée de Lesbos, Samir joue au football avec ses amis. Pourtant, le jeune garçon n’a pas le cœur à la fête. Le grillage et les barbelés qui l’entourent lui rappellent chaque minute qu’il est interné dans un camp de réfugiés. Arrivé de Syrie quelques semaines auparavant, il y attend fébrilement avec sa famille un passeport pour l’Europe. Entre les entretiens répétés avec l’administration, la promiscuité avec les milliers d’autres migrants, le confort très relatif du camp et sa fragilité cardiaque, Samir vit dans une angoisse permanente et croissante. Dans le camp de Lesbos, l’espoir est un luxe qu’on n’ose à peine envisager.
Cette bande dessinée changera probablement le regard de bien des lecteurs sur la situation des réfugiés.
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Une semi-fiction au goût amer du réel
À une encablure des côtes turques, l’île est un des points d’entrée des migrants en Europe. À travers les yeux du jeune Samir, la dessinatrice nous fait toucher du doigt les difficiles conditions de vie de ces exilés volontaires, chassés de leur pays par la guerre civile ou un régime totalitaire. Logés dans des conteneurs, Syriens, Irakiens, Somaliens, Afghans, Palestiniens ou Yéménites apprennent à vivre ensemble, confinés, dans l’attente du précieux sésame. Pourtant, dans ce lieu où les familles sont très nombreuses, la bienveillance et la solidarité ne sont pas de vains mots. Aimée de Jongh montre avec une grande sensibilité comment chacun essaye du mieux qu’il peut de traverser cet épisode dramatique de sa vie.
Conçue avec intelligence, cette bande dessinée changera probablement le regard de bien des lecteurs sur la situation des réfugiés.
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Dessiner Lesbos : un regard d'artiste sur les camps de réfugiés en Grèce
Ouvert en 2015 sur l’île grecque de Lesbos, près des côtes turques, le camp pour migrants vulnérables de Kara Tepe est agrandi de moitié deux ans plus tard. Aidée par une des ONG qui gèrent le site avec la municipalité et l’ONU, Aimée de Jongh se rend sur les lieux. Mais là-bas, interdiction formelle de filmer ou de prendre des photos. Qu’à cela ne tienne, la dessinatrice sort ses feutres et ses crayons pour témoigner, à sa manière, des conditions de vie des réfugiés dans le camp. Elle tire de cette expérience un reportage dessiné de 25 planches, vibrant, au plus près du quotidien des migrants. Et confirme que la bande dessinée est un medium particulièrement adapté au récit du réel.
Après Joe Sacco, Emmanuel Lepage ou Mathieu Sapin, la force du reportage en bande dessinée n’est plus à démontrer. Avec Dessiner Lesbos, Aimée de Jongh s’inscrit dans cette veine en s’immergeant dans un camp pour migrants vulnérables (familles, femmes enceintes, handicapés, homosexuels, personnes fortement traumatisées, etc.). Le ton est journalistique – le récit est d’ailleurs publié en 2017 par le quotidien hollandais NRC – mais l’autrice ne met pas pour autant de côté sa sensibilité, tant les contacts avec les migrants sont chaleureux et parfois poignants.
Pour souligner la grande humanité de tous les intervenants, sont ajoutés au reportage des portraits de migrants réalisés par Aimée de Jongh en 2017 et 2024. Quelques croquis et photos complètent joliment l’opuscule. Vendu en tirage limité (3000 ex.) et en complément de Samir, l’album semi-fictionnel de l’autrice sur le sujet du camp de Kara Tepe, Dessiner Lesbos ancre cette histoire dans la réalité avec beaucoup de finesse et d’empathie.
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L'autrice : Aimée de Jongh
Née le 20 octobre 1988 à Waalwijk, aux Pays-Bas, Aimée de Jongh grandit dans une famille passionnée de bandes dessinées franco-belges, de mangas et de dessins animés japonais. Elle publie en ligne ses premiers travaux à seize ans, avant de sortir son premier livre, Aimée TV, un an plus tard. Elle se forme ensuite à l’animation à l’Académie Willem de Kooning de Rotterdam, à l’Académie royale des beaux-arts de Gand. Elle se fait connaître avec des séries jeunesse comme Kito & Boris et Slimme Pim (les deux publiées chez De Eenhoorn), ainsi qu’avec le strip quotidien Snippers (Coloc’, 2014-15, Kramiek).
En 2016, elle signe Le Retour de la bondrée, son premier album en solo, publié en France par Dargaud. Suivent chez le même éditeur L’Obsolescence programmée de nos sentiments (2018, avec Zidrou) et Jours de sable (2021). En 2024, toujours chez Dargaud, elle adapte en bande dessinée Sa Majesté des mouches de William Golding.
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