Révisons l’histoire de l’art avec Marcel Duchamp

Surréalisme, dadaïsme, futurisme, cubisme… si ces différents courants de l’histoire de l’art aident à comprendre et interpréter l’œuvre de Marcel Duchamp, l’artiste, cependant, n’appartient à aucun d’entre eux et a construit son propre style, révolutionnant l’art du XXe siècle.

Par l'équipe Dargaud

Révisons l'histoire de l'Art avec Marcel Duchamp

Père fondateur de l’art contemporain, son « épiphanie » semble prendre date en 1912, à la suite d’un séjour à Munich, séjour dont on ignore encore tout à ce jour…

Les Aventures de Munich dans Marcel Duchamp, anti-biographie du maître franco-américain par Roman Muradov, imaginent ces trois mois dans la capitale bavaroise.

Des courants à l’avant-garde de l’art contemporain
Le début du XXe siècle signe la fin de l’art moderne, qui laisse place à l’art contemporain.
Le cubisme, le futurisme, le dadaïsme et le surréalisme s’entrecroisent et se concurrencent alors pour former l’avant-garde de l’art contemporain. Les grands noms de la littérature - comme Apollinaire ou Aragon -, ceux de la peinture - comme Dali, Magritte ou Picasso - contribuent à ces mouvements, véritables nouveaux systèmes de pensée.

Marcel Duchamp va participer un temps à ces courants artistiques avant de tout chambouler et de devenir l’artiste qui marquera d’un tournant décisif l’histoire de l’art !

Cubisme contre futurisme : deux écoles avant-gardistes pour Duchamp

« Le cubisme est l’art de peindre des ensembles nouveaux avec des éléments empruntés non à la réalité de vision, mais à la réalité de conception » écrivait Guillaume Apollinaire. Ce mouvement, né vers 1905, cherche à représenter le réel sous une forme géométrique, mais sans jamais être abstrait.

Le Cheval majeur, sculpture de bronze, de Raymond Duchamp-Villon, 1914, © DR.
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Le futurisme, quant à lui, se définit comme l’art du mouvement. La philosophie des futuristes est de rejeter le passé pour célébrer la vitesse, la machinerie, la violence, ainsi que la jeunesse et l’industrie.
Les artistes de ce mouvement se servent des techniques cubistes pour exprimer le mouvement et insuffler un rythme à leurs œuvres.

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Marcel Duchamp, né dans une famille d’artistes, se familiarise très tôt avec la peinture et la gravure. Il est entouré, dès sa naissance par des musiciens, des créateurs et des plasticiens de renom.
Le jeune artiste perfectionne sa maîtrise du trait grâce à des cours auprès de son grand-père, puis rejoint son frère, graveur et caricaturiste, à Paris. Il y apprendra le croquis et dessinera sans relâche, explorant différents mouvements, comme l’impressionnisme.
Au fur et à mesure, son trait nerveux lui fera adopter les formes anguleuses et géométriques du cubisme.
 
Marcel Duchamp exposera son célèbre Nu descendant un escalier au Salon des indépendants en 1912.

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Il sera alors considéré par les cubistes français, ses pairs, ses amis, comme un futuriste, avant-gardiste italien ! C’est la consternation pour Duchamp : il est rejeté par les siens mais aussi par les futuristes, trop militants.
Déstabilisé, ne se ressentant d’appartenance à aucun courant, il abandonne la peinture.

Marcel Duchamp : " l’anartiste "
 

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En 1912, Marcel Duchamp quitte Paris pour Munich. Il passera trois mois dans la capitale bavaroise. À son retour, il commence ses premiers ready-made, qui feront sa gloire, mais qui, surtout, révolutionneront véritablement l’art du XXe siècle. De ce séjour, qu’il qualifiera à la fin de sa vie de « théâtre de sa totale libération », nous ne savons rien ou presque.
Après son séjour munichois, Duchamp révolutionne l’Art du XXe siècle avec ses ready-made qui ouvrent la voie aux démarches avant-gardistes les plus extrêmes, allant plus loin que le futurisme et le cubisme et le surréalisme. L’artiste chamboule les critères du jugement esthétique, il brise les codes de l’art : il fait primer l’idée sur le résultat.
Dès ce moment, la notion même d’art est bousculée : c’est une véritable révolution.

Dadaïsme ou Dada : la déconstruction et la destruction

Ce mouvement artistique et littéraire, international et politisé, trouve son origine dans le dégoût profond de la guerre : il est une contestation du monde des années 1915-1920. Le dadaïsme ne veut pas créer, mais détruire les codes et les conventions esthétiques et idéologiques !
Avec ses premiers ready-made, présentés lors d’expositions d’artistes dadas, Marcel Duchamp signe les prémices du surréalisme.

Les artistes comme Tristan Tzara, Picabia en définissent les fondements en remettant en cause les contraintes de l’art.

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Marcel Duchamp, avec Man Ray, fut l’un des pionniers du dadaïsme aux États-Unis.
Il quittera finalement le mouvement par lassitude, car « même rire, même se moquer, même détruire devient ennuyeux au bout d’un certain temps quand c’est devenu une habitude ».

Le surréalisme : des débuts littéraires

Le surréalisme, mouvement poétique, littéraire, philosophique, artistique et même cinématographique (comment ne pas penser à l’iconique Un chien andalou, de Luis Buñuel ?), est né du dadaïsme.
Il apparaît en France sous l’impulsion d’André Breton qui est très vite rejoint par des grands noms, comme Guillaume Apollinaire, Louis Aragon ou Paul Éluard. Dans son Manifeste du surréalisme, André Breton (à qui l’on doit également L'Amour fou) le définit comme un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de tout autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ».

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Selon Marcel Duchamp, « il n’y a pas de forme surréaliste, il y a un esprit surréaliste ». Ainsi, si le surréalisme perdure, c’est grâce aux protagonistes qui ont su mettre à la base du mouvement les considérations de l’inconscient !

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Il aura donc fallu trois mois à Munich, en 1912, pour que Marcel Duchamp transforme sa manière de penser et, ainsi, sa manière de créer.
Il aura fallu trois mois à Munich pour que l’art ne soit plus jamais le même.
Alors, que s’est-il passé dans la capitale bavaroise ?
Roman Muradov l’imagine, de manière loufoque, éminemment duchampienne, et graphiquement sublime.

L’ouvrage de Roman Muradov, Les Aventures de Munich dans Marcel Duchamp, disponible en librairie dès le 5 juin.

Et pour compléter vos connaissances en Art, n’hésitez pas à lire notre pile à lire spéciale ART !

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