Pile à lire #Peinture, Art et Design

Découvrir la vie et l’œuvre des plus grands artistes classiques ou contemporains par le prisme de la bande dessinée ? Rien de plus simple avec notre sélection #Art !

Par l'équipe Dargaud

Pile à lire #Peinture, Art et Design

À l’occasion de la parution de l’anti-biographie de Marcel Duchamp par Roman Muradov (chez votre libraire le 5 juin) et de la bande dessinée consacrée à la designer et architecte Eileen Gray (disponible dès le 12 juin), nous vous proposons une pile à lire dédiée à l'Art. De Delacroix à Pablo en passant par la visite du musée Pompidou-Metz et les réactions de Raymonde et Robert Bidochon face aux peintures des plus grands maîtres, découvrez ou redécouvrez la peinture, l'architecture et l'art contemporain en bande dessinée !


Delacroix par Catherine Meurisse







Alexandre Dumas, qui se présentait comme « le frère des peintres », admirait Eugène Delacroix, ce maître de la couleur, né pour peindre.

« Enlevez-lui couleurs, palettes, pinceaux, toiles, il peindra sur la muraille, sur le parquet, au plafond ! Il peindra avec le premier morceau de bois venu, du charbon, de la salive ou de la cendre ! Il peindra, ou il mourra de ne pas peindre », s’enthousiasme Dumas, avec le lyrisme qu’on lui connaît. Le 10 décembre 1864, dans une salle d’exposition de la Société nationale des beaux-arts bondée, l’écrivain consacre une causerie au peintre mort un an plus tôt. Décrivant et commentant ses tableaux avec passion, Dumas fait revivre Delacroix. Les anecdotes émouvantes ou cocasses s’enchaînent, dessinant le portrait d’un artiste comme celui d’une époque, évoquant l’appétit du peintre pour la couleur, son anticonformisme pictural, son «tempérament fougueux», son combat mené contre l’incompréhension de la critique.

Dans cet album, sobrement intitulé Delacroix, Catherine Meurisse s’empare du texte de Dumas pour en proposer une version illustrée. Espiègle toujours, elle rehausse la causerie de dessins dans les marges et entre les lignes, de pages de bandes dessinées et de peintures « à la manière de » Delacroix. Les interventions graphiques de la dessinatrice enrichissent le plaidoyer de Dumas d’un souffle nouveau, tandis que le lettrage manuscrit lui donne chaleur et proximité. Catherine Meurisse redonne vie à la galaxie romantique du XIXe siècle, et, en invitant la peinture – la sienne – dans une bande dessinée, elle montre toute la modernité qu’inspire Delacroix. Avec audace, elle revisite les œuvres du maître et distille la drôlerie dans les toiles du si sérieux peintre. C’est devenu une habitude chez Catherine Meurisse : « Elle enlève à la beauté tout le poids qui nous empêche si souvent d’en profiter », dit Philippe Lançon dans sa préface à La Légèreté. Après La Légèreté et Les Grands Espaces, Catherine Meurisse confirme avec cet album son attachement aux artistes dont les visions la rendent libre.




Les aventures de Munich dans Marcel Duchamp par Roman Muradov, en librairie le 5 juin

« Durant l’été 1912, Marcel Duchamp passa trois mois à Munich. Pourquoi ? “Pourquoi pas” ne serait pas une réponse insensée, mais, en matière de biographie d’artiste, il est assez mal vu de répondre à une question par une autre question, aussi nous faut-il trouver, ou du moins chercher, une vraie réponse avec le peu de choses (presque rien) dont nous disposons ». Ainsi commence le récit de Roman Muradov. De fait, les seules certitudes concernant le séjour de Duchamp à Munich sont les détails relatifs à son arrivée et à son départ. Pour le reste... place à l’imagination de l’auteur. Celui-ci se fixe une seule limite : que ses suppositions soient cohérentes avec ce que l’on sait de la vie de Duchamp avant et après son passage à Munich...

Ce postulat – car il s’agit bien d’un exercice théorique – laisse possible un nombre infini de scénarios. Muradov imagine l’un des plus farfelus –Duchamp perd un bras –, puis il brode un récit qui, obligatoirement, se terminera par la « restauration » du bras amputé, puisque le peintre rentrera de Munich avec ses quatre membres. Muradov entraîne le lecteur dans un récit débridé, truffé de détails étonnants, parfois incongrus, mais toujours cohérents avec son propos, et avec l’approche artistique de Duchamp. Cette histoire à la fois logique et absurde laisse le lecteur déboussolé, emporté par le tourbillon de l’imagination de l’auteur jusqu’à vaciller et perdre pied avec le réel. Cela est accentué par la mise en images, car Muradov est un illustrateur hors du commun. Maîtrisant toutes les techniques, il passe du figuratif à l’abstrait, change la composition des planches et des cadrages, joue avec les plans... Cet album, d’une exceptionnelle qualité de fabrication, est une expérience intellectuelle et un régal visuel !










Eileen Gray, par Charlotte Malterre-Barthes et Zosia Dzierzawska, en librairie le 12 juin

La villa E-1027 : un chef-d’œuvre architectural et une histoire d’amour tragique. Fille d’Irlandais au caractère bien trempé, Eileen Gray débarque à Londres et y apprend les secrets de la laque. Installée à Paris, elle ouvre, sous un pseudonyme masculin, une galerie de décoration d’intérieur en 1922. Dans le tourbillon des Années folles, elle rencontre l’architecte Jean Badovici. Portée par la confiance de ce dernier, elle développe une réflexion révolutionnaire de l’architecture et le design, qui se concrétise dans un projet commun : la villa E-1027, achevée en 1929. Lorsqu’Eileen quitte définitivement les lieux, et Jean, ce n’est pas seulement la créatrice qui part, mais aussi l’âme du bâtiment...

Eileen Gray, une maison sous le soleil retrace l’histoire de la villa E-1027, chef- d’œuvre de l’architecture moderniste. Mais à travers ce récit précis et documenté, c’est à Eileen Gray que Charlotte Malterre-Barthes, elle-même architecte, rend hommage. L’album est construit autour de la villa – depuis la naissance du projet jusqu’au décès de Le Corbusier (et on comprend pourquoi) –, mais il est éclairé par des flash-back qui racontent le parcours d’Eileen et la femme qu’elle était. Et si elle est absente des dernières pages, toutes les pensées du lecteur lui sont destinées : elle n’est plus là, et son ancien amant vandalise leur création en laissant Le Corbusier recouvrir certains des murs blancs de fresques colorées. Ce bâtiment n’est plus le sien ; elle a été trahie. C’est cette histoire poignante que raconte Charlotte Malterre-Barthes. Zosia Dzierzawska la met en images avec délicatesse et poésie. Son dessin est limpide et épuré. Libre, comme la femme qu’était Eileen Gray. Une femme avant-gardiste et une artiste enfin réhabilitée, à l'instar de Charlotte Perriand à qui la Fondation Louis Vuitton a récemment dédié une exposition.





Couverture de Tom Thomson, esquisses du printemps par Revel




Tom Thomson, esquisses du printemps par Sandrine Revel

Deux hommes pagaient sur le lac Canoe, dans une quiétude absolue. Autour d’eux, le paysage est splendide. Nous sommes au Canada en octobre 1956. L’embarcation file, et le temps s’égrène à rebours. Nous sommes maintenant en juillet 1917, à l’enterrement de Tom. Son ami Mark est là, bouleversé, et sa fiancée est secouée par les sanglots. Retour en octobre 1956, les deux hommes ont accosté ; ils se fraient un chemin à travers la végétation dense, à la recherche de la tombe de Tom... Désormais les deux récits sont noués et vont se dérouler en parallèle, une époque après l’autre. Deux récits qui racontent la même histoire, celle de Tom Thomson – le plus grand peintre canadien du XXe siècle.

Dans Tom Thomson, esquisses d’un printemps, l’autrice, Sandrine Revel, revient sur les circonstances qui entourent la disparition brutale du peintre au moment où il accédait à la notoriété. Elle choisit de retracer son parcours à rebours – depuis sa mort jusqu’à son enfance – et, ce faisant, elle esquisse un portrait subtil et délicat de l’artiste. Dans le même temps, mais quelque quarante ans après son décès, elle raconte la quête de deux hommes qui tentent de faire la lumière sur sa mort. Dans ce double récit, Sandrine Revel s’inspire librement de l’œuvre du peintre, et la beauté de ses paysages - inspirés de ceux peints par Tom Thomson - est à couper le souffle ! Si les dialogues sont, bien sûr, tirés de son imagination, l’autrice s’est appuyée sur des faits réels, rigoureusement sélectionnés parmi une documentation fournie. Sandrine Revel signe une bande dessinée sur la mémoire et le passé ; un récit troublant, beau et mélancolique, comme le temps qui passe...



Couverture de Natures Mortes par Zidrou et Oriol




Natures Mortes par Zidrou et Oriol

Doué d’un talent exceptionnel mais criblé de dettes, le peintre Vidal Balaguer refuse de vendre ses œuvres les plus personnelles. Parmi ses tableaux, il en est un auquel il tient particulièrement : celui qui représente Mar, sa muse. Voilà plusieurs mois que celle-ci a disparu sans laisser de traces. Un jour, il reçoit la visite d’un policier qui semble le soupçonner : Vidal est le dernier à avoir vu la disparue. Coïncidence, il est aussi le dernier à avoir vu une femme décédée dont il a réalisé le portrait mortuaire et dont le corps s'est lui aussi volatilisé. Comme s’il avait le pouvoir de supprimer ceux qu’il couche sur ses toiles. Cela est d’autant plus étrange que même les objets les plus banals qu’il peint finissent par s’effacer de la réalité...

Natures mortes porte bien son titre. « J’ai peint un arbre, il a disparu. J’ai peint un cadavre, il a disparu », constate Vidal en plein désarroi. Et si sa peinture, loin de seulement refléter la vie, possédait aussi le pouvoir de la façonner ou... de l’enlever ? D’ailleurs, ce sont bien des « crimes picturaux » que l’artiste mentionne dans la lettre qu’il adresse à son ami Joaquim, lequel raconte son histoire quarante ans après la disparition soudaine de l’artiste. Biographie imaginaire d’un artiste qui l’est tout autant, le récit de Zidrou est aussi un jeu sur les faux-semblants et le pouvoir de l’illusion. Le dessin d’Oriol, tout en couleurs directes, nous plonge dans la Barcelone mystérieuse et fascinante de la fin du XIXe siècle, ses ruelles sombres et ses nuits étoilées : un décor propice à la toute-puissance de l’imagination. Où s’arrête la réalité, où commence le rêve? D’ailleurs, les toiles de Vidal Balaguer, ce « génie oublié » (et pour cause), ont été peintes par Oriol avant d’être exposées et mises en vente...

Lire ou relire notre article Oriol, le peintre catalan de la bande dessinée



Couverture de Pablo, Tome 1 par Birmant et Oubrerie




Pablo par Julie Birmant et Clément Ourberie

Avant Picasso, il y eut Pablo. Un jeune homme sans le sou tout juste débarqué de son Espagne natale qui s’est installé à Montmartre, au Bateau-Lavoir, une ancienne manufacture de pianos transformée en repaire d’artistes. 
Pablo est une histoire vraie qui n’avait encore jamais été racontée. Julie Birmant et Clément Oubrerie retracent de l’intérieur, comme si le lecteur était partie prenante du récit, les années parisiennes de Picasso et sa relation passionnée avec Fernande Olivier, son premier grand amour. Ils déroulent, en toile de fond, la naissance passionnante de l’Art moderne et la succession des différentes étapes de la carrière du peintre. À chacune correspond une rencontre essentielle qui se transforme en amitié et contribue à transformer sa peinture.

Pablo est tout sauf une leçon didactique et ennuyeuse d’Histoire de l’Art. C’est une saga vivante et drôle qui, nourrie d’anecdotes aussi savoureuses qu’authentiques, « dépoussière » Picasso. Le peintre apparaît ainsi comme un sale gosse pas sage, tour à tour fleur bleue et terriblement érotique, parfois maladroit et d’autant plus sympathique. Il est à des années-lumière de ce personnage en maillot rayé, icône intouchable que la légende a façonnée pour la postérité. 
Les cases de Clément Oubrerie, réalisées en format raisin et enrichies par les superbes couleurs de Sandra Desmazières, respirent la liberté et la légèreté, comme en écho à la vie et au travail de Picasso. Julie Birmant a bâti son récit à la manière d’une enquête et a puisé aux meilleures sources, des poèmes écrits par les amis du peintre aux récits de souvenirs. Elle s’est notamment inspirée des Mémoires de Fernande, cette jeune femme attachante et injustement oubliée dont tous les artistes de l’époque tombaient amoureux et dont elle s’est sentie proche au point de la considérer comme un membre de sa propre famille. Leur Pablo est tout cela à la fois : une épopée amoureuse, un témoignage historique, un roman d’initiation et une promenade en images au cœur d’un Paris mythique.



Couverture Un autre paysage par Blutch



Un autre paysage par Blutch

Figure, paysage, variation, musique, cinéma, illustration, panorama : ces sept parties abordent les champs d’exploration de Blutch en dehors de la bande dessinée, révélant sa capacité à changer de registre artistique. La variété des sujets, des genres, des supports, des techniques qui composent cette monographie nous entraine dans un dédale d’images nourries de peinture, de jazz, de cinéma, de photographie, de livres d’images ou simplement du spectacle de la rue.

« J’ai commencé à dessiner sans but, ne cherchant à imiter personne, pour la simple raison que je ne connaissais personne », explique Blutch dans la conversation d’introduction menée par Emmanuel Abela. Il a entre trois et quatre ans, il est neuf et vierge de toute influence, quand il commence à dessiner « sans le vouloir », instinctivement. C’est le geste premier, une sorte de « cri primal ». Il garde de ses débuts enfantins la candeur, l’appétit et la liberté. Récalcitrant à toute routine, à toute classification, Blutch est un aventurier. Dessinateur de génie, il explore toutes les humeurs et toutes les atmosphères, de l’étrangeté à la loufoquerie en passant par la simple beauté d’une lumière ou d’une attitude. Un autre paysage s’évade de la bande dessinée — où le dessin, obéissant à une grammaire précise, est « contraint » — pour offrir un univers sensible, un « journal émotionnel » à travers lequel une vie s’esquisse sans commentaires superflus.








Un 6e jour au musée avec les Bidochon par Christian Binet, Patrick Ramade et Pierre Lacôte

Monsieur et madame Bidochon vont au musée. Devant les tableaux, ils font comme tout le monde : ils réagissent. Ils donnent leur avis. Ils commentent. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’ils jouent les critiques d’art, mais un peu quand même. À leur manière, bien sûr. Aucun artiste n’échappe à leur œil aiguisé. Qu’il s’agisse de Canaletto, d’Yves Klein ou de Jean-Michel Basquiat, du Douanier Rousseau ou de Bartolomé Esteban Murillo, ils ont toujours quelque chose à dire. « C’est marrant de s’appeler “Canaletto” et de peindre un canal, c’est comme si “Trottoirello” peignait des trottoirs ! », relève Robert (et ce n’est pas du second degré). Une phrase comme celle-là, ce n’est pas un critique à la mode qui aurait osé la prononcer !

Face à l’Art avec un A majuscule, le couple Bidochon n’a peur de rien. Ce n’est pas la première fois que Raymonde et Robert poussent la porte d’un musée (à en juger par le titre de l’album, c’est même la sixième). Depuis leurs premiers pas de critiques amateurs, ils ont eu le temps de s’habituer. Bien sûr, certains lecteurs (atteints de snobisme, sans doute) pourront faire la fine bouche en découvrant leurs commentaires. Christian Binet a tout prévu : pour ceux qui trouveraient que les remarques de ses personnages manquent de consistance, il a fait appel à deux critiques – des vrais. L’un, Patrick Ramade, est conservateur en chef honoraire du Patrimoine. L’autre, Pierre Lacôte, est médiateur culturel au musée des Beaux-Arts de Lyon. Chaque tableau est analysé et commenté par ces deux éminents spécialistes qui le replacent dans son contexte artistique et historique. Canaletto, Klein, Basquiat et tous les autres peuvent remercier Christian Binet : grâce à lui, ils ont trouvé de nouveaux amoureux de leur art.









Dedans le Centre Pompidou-Metz par Charlie Zanello



Une librairie dans un musée d’art moderne, drôle d’endroit pour une rencontre... Et, pourtant, c’est dans la librairie du Centre Pompidou-Metz que vous auriez pu, six années durant, rencontrer Charlie Zanello. Ce dernier y a travaillé dès l’inauguration de l’établissement, en mai 2010. Il a été un employé po-ly-va-lent : passer les commandes, les réceptionner, gérer les stocks (et la clientèle) et assurer les ventes. Tout cela et quelques petites choses en plus. Et le rire se niche dans les petites choses... Bref. Pendant six ans, il a aussi erré dans les couloirs du musée, visité les galeries, croisé des artistes, des commissaires d’expo, des amateurs, des touristes...

Retour sur ces six années au cœur de l’art !

Charlie Zanello raconte dans cet album son expérience d’employé dans la librairie du musée. D’anecdote en anecdote, il passe en revue six années au milieu des livres et des tableaux, dans la librairie et dans les salles d’exposition. Des buffets, des vernissages, des performances et des trésors d’ingéniosité pour faire de son boulot une activité ludique – c’est important de ne pas s’ennuyer au travail ! Pourtant, au-delà du rire et des situations cocasses se dessine un quotidien moins enjoué ; une vision plutôt cynique du milieu de l’art et de sa nécessaire rentabilité : cette première expérience de décentralisation d’un établissement culturel public national (ici, le Centre Pompidou de Paris) doit aussi être une réussite financière (et politique), comme n’importe quelle entreprise. Et puisqu’il est quand même question d’art, Charlie Zanello a fait un choix esthétique judicieux, réservant la couleur aux seules reproductions des œuvres. Un album à visiter sans tarder !

Retrouvez le travail de Charlie Zanello dans son prochain ouvrage, consacré de nouveau à une institution nationale : La Maison de la Radio à Paris ! Pour tout savoir sur les coulisses de France Inter, France Culture ou France Bleu, rendez-vous le 16 octobre prochain dans Maison Ronde.

Bonnes lectures !

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