Pile à lire #Biopic - Documentaire : nos conseils lecture !

Nous vous proposons de partir à la rencontre des grands noms de la littérature, des sciences et des arts !

Par l'équipe Dargaud

Pile à lire #Biopic : nos conseils lecture !

Les grands noms de la littérature, de la peinture et des sciences vous fascinent ?
Vous voulez tout savoir sur les scientifiques, les artistes et les hommes et femmes politiques qui ont changé le cours de nos vies ?
Ou vous aimez les grands reportages ou enquêtes sociologiques qui nous éclairent sur notre quotidien ?
Cette liste (non exhaustive) d’albums vous aidera à assouvir votre soif de savoir !

George Orwell par Pierre Christin et Sébastien Verdier :


Couverture de George Orwell par Christin et Verdier

 

C’est l’histoire d’un homme qui, quand il était enfant, aimait se tenir sur la tête. « On fait plus attention aux gens quand ils sont à l’envers », disait-il. Cet homme, c’est Éric Blair, alias George Orwell, auteur de 1984 et de La Ferme des animaux. Romancier célèbre, mais aussi journaliste, socialiste, combattant antifranquiste, révolté permanent, amoureux des animaux et des jardins (liste non exhaustive). Un personnage engagé et attachant, donc. Pierre Christin retrace son parcours passionnant et tumultueux dans une belle biographie dessinée par Sébastien Verdier. Ensemble, ils entraînent le lecteur à travers les heures noires du xxe siècle, sur les traces d’un humaniste anticonformiste qui, toute sa vie, aura fait attention aux gens. Même sans se tenir sur la tête...

En guest-stars, quelques auteurs célèbres du neuvième art signent des dessins au  fil de l’album, parmi eux André Juillard, Olivier Balez, Manu Larcenet, Blutch, Juanjo Guarnido ou Enki Bilal. Plus que jamais d’actualité en cette époque très « orwellienne », faite d’infox, de détournements du langage et de nouveaux Big Brother, cet album est à la fois un appel à la vigilance morale et une invitation à se (re)plonger dans l’œuvre d’Orwell, une œuvre pétrie d’humanité et de qualités visionnaires.



 

Les Zola, par Méliane Marcaggi et Alice Chemama


Couverture Les Zola par Marcaggi et Chemama

 

En 1864, Émile Zola, responsable de « la publicité des vrais auteurs » chez Hachette, rêve de devenir lui-même écrivain. Grâce à ses amis – futurs grands noms de la peinture : Édouard Manet et Paul Cézanne –, il rencontre la pétillante et mystérieuse Gabrielle. Le garçon timide s’attache l’affection de la très libre jeune femme, et, bientôt, ils forment un couple aussi uni qu’étonnant. Au cœur de leur amour, il y a le secret de Gabrielle : c’est pour échapper à une vie misérable qu’elle est devenue modèle. C’est cette existence sordide qui va nourrir l’une des plus grandes sagas littéraires et sociales : les Rougon-Macquart. Mais, dans l’histoire de Zola, il y aura une autre femme – Jeanne, la mère de ses enfants...

Avec Les Zola, Méliane Marcaggi et Alice Chemama signent un album étonnant sur la naissance de l’écrivain Émile Zola, mais elles racontent aussi l’histoire bouleversante de deux femmes – son épouse, Gabrielle-Alexandrine, et la mère de ses enfants, Jeanne. Avec habileté, Méliane Marcaggi met rapidement en place les éléments de son scénario, brossant au passage les grandes lignes du contexte historique et artistique, puis elle s’installe au cœur de la vie du couple et de l’œuvre de Zola. Son récit est sans préjugés, parfaitement documenté, presque factuel et, pourtant, il joue sur une gamme de sentiments et emporte le lecteur dans un tourbillon d’émotions. La finesse de la narration est portée par le dessin d’Alice Chemama. La jeune dessinatrice choisit la couleur directe et une technique qui rappelle les peintures impressionnistes de l’époque, pour un résultat époustouflant. Cet album donne une autre lecture de l’œuvre de Zola et, au-delà, rend hommage à celle qui l’a construite : Alexandrine.



 

Glenn Gould, une vie à contretemps, par Sandrine Revel :


Gouverture de Glenn Gould par Revel

 

Star planétaire mais solitaire, il s’entend mieux avec les animaux qu’avec les êtres humains – et avec un micro en studio qu’avec le public sur une scène. Il entretient un rapport fusionnel avec sa chaise de piano, bricolée par son père et qu’il ne quittera jamais – un casse-tête pour les techniciens qui enregistrent les Variations Goldberg (Gould a 23 ans) : on entend la chaise couiner. Exigeant, perfectionniste, hypocondriaque, « décalé », il est jugé excentrique. « Ma vie, c’est mon travail. Les deux éléments se sont fondus en un seul. Si c’est une excentricité, alors oui, je suis excentrique. »

Extrait de Glenn Gould par Sandrine Revel

Un ami le définit ainsi : « Reste avec moi et tiens-toi à distance. » Pas facile à vivre, donc. Mais formidablement attachant sous le regard de Sandrine Revel, dont la vision empathique balaie toute forme de critique futile concernant son attitude, ses choix (il quittera la scène à 32 ans, en pleine gloire) ou sa vie recluse. Une vie à contretemps fourmille d’anecdotes passionnantes, drôles et émouvantes, racontées de manière virtuose au gré des souvenirs de chacun, au gré des flash-back entre l’enfance, la mort et la musique. Cette biographie vécue de l’intérieur, soutenue par un dessin aux couleurs magnifiques, plein de force et de douceur, est un voyage dans le génie et la solitude – voyage qui nous embarque même si on ne s’est jamais passionné pour Glenn Gould auparavant.



 

Sandrine Revel a également publié en août 2019, Tom Thomson, esquisse du printemps dont elle nous parle : 

Pablo, par Julie Birmant et Clément Oubrerie



 

Avant Picasso, il y eut Pablo. Un jeune homme sans le sou tout juste débarqué de son Espagne natale qui s’est installé à Montmartre, au Bateau-Lavoir, une ancienne manufacture de pianos transformée en repaire d’artistes.
Pablo est une histoire vraie qui n’avait encore jamais été racontée. Julie Birmant et Clément Oubrerie retracent de l’intérieur, comme si le lecteur était partie prenante du récit, les années parisiennes de Picasso et sa relation passionnée avec Fernande Olivier, son premier grand amour. Ils déroulent, en toile de fond, la naissance passionnante de l’Art moderne et la succession des différentes étapes de la carrière du peintre. À chacune correspond une rencontre essentielle qui se transforme en amitié et contribue à transformer sa peinture.

Pablo est tout sauf une leçon didactique et ennuyeuse d’histoire de l’art. C’est une saga vivante et drôle qui, nourrie d’anecdotes aussi savoureuses qu’authentiques, « dépoussière » Picasso. Le peintre apparaît ainsi comme un sale gosse pas sage, tour à tour fleur bleue et terriblement érotique, parfois maladroit et d’autant plus sympathique. Il est à des années-lumière de ce personnage en maillot rayé, icône intouchable que la légende a façonnée pour la postérité.
Les cases de Clément Oubrerie, réalisées en format raisin et enrichies par les superbes couleurs de Sandra Desmazières, respirent la liberté et la légèreté, comme en écho à la vie et au travail de Picasso. Julie Birmant a bâti son récit à la manière d’une enquête et a puisé aux meilleures sources, des poèmes écrits par les amis du peintre aux récits de souvenirs. Elle s’est notamment inspirée des Mémoires de Fernande, cette jeune femme attachante et injustement oubliée dont tous les artistes de l’époque tombaient amoureux et dont elle s’est sentie proche au point de la considérer comme un membre de sa propre famille. Leur Pablo est tout cela à la fois : une épopée amoureuse, un témoignage historique, un roman d’initiation et une promenade en images au cœur d’un Paris mythique.



 

HMS Beagle, Aux origines de Darwin par Fabien Grolleau et Jérémie Royer



 

Davenport (Angleterre), le 27 décembre 1831. Le jeune Charles Darwin embarque à bord du HMS Beagle en tant que naturaliste, pour un voyage de deux ans sous le commandement du capitaine Fitzroy. Du cap Vert aux îles Galápagos, du Brésil à la Terre de Feu, son périple durera en réalité cinq ans. Cinq années durant lesquelles Darwin se confrontera à d’autres peuples, si différents et pourtant si proches, mais aussi à des espèces animales et à des plantes inconnues. Sujet au mal de mer, il passera le plus clair de son temps sur la terre ferme, occupé à observer la flore et la faune, et à recueillir de précieux échantillons qu’il enverra en Angleterre. Cinq années qui lui permettront, à son retour, d’élaborer sa fameuse théorie de l’évolution.

Extrait de HSM Beagle, aux origines de Darwin

Cette évocation de l’expédition du HMS Beagle est une libre adaptation du célèbre ouvrage signé par Darwin Voyage d’un naturaliste autour du monde. Le texte d’accompagnement précise que cette bande dessinée n’est pas un travail historique au sens strict, mais une suite de « raccourcis et d’idées personnelles » destinée à faire revivre au lecteur les grandes étapes du parcours de Charles Darwin. L’album permet de découvrir la belle personnalité de cet humaniste en avance sur son temps : soumis à certains préjugés propres à son milieu d’origine, il était aussi un ennemi déclaré de l’esclavage à une époque où celui-ci était considéré comme relevant d’un ordre naturel. La fluidité de la narration de Fabien Grolleau est relayée par le trait précis et d’une grande lisibilité de Jérémie Royer. Et si les quelque 170 pages de l’album sont loin d’épuiser le sujet, elles donnent envie d’aller plus loin et d’explorer, comme nous y invitent les auteurs, les journaux de voyage rédigés par Darwin et par le capitaine Fitzroy.



 

Riche, pourquoi pas toi ? par Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot et Marion Montaigne


Couevrture de Riche, Pourquoi pas toi ? par les Pinçon Charlot et Montaigne

 

Philippe Brocolis est en train de bouquiner une BD dans une librairie quand il est interpellé par un couple de zigotos qui lui demande si ça lui plairait d’être riche. S’ensuit une expédition pittoresque sur la planète des ultra-riches, lesquels affichent d’ailleurs une santé florissante alors que les pauvres deviennent ultra-pauvres. En pleine crise, le monde n’a jamais compté autant de milliardaires (1 426 en 2013), et le fric est étalé partout : « Liliane Bettencourt gagne 34 millions d’euros (par mois), soit 25 355 fois le smic, et, tout de suite, la météo parce que ça va cailler », annonce la radio.

Le fonctionnement de cette élite est décortiqué dans les moindres détails : relations incestueuses du pouvoir avec les puissances de l’argent, dérives du système bancaire, us et coutumes des ultra-riches, qui se débrouillent pour le rester en cultivant l’entre-soi et la transmission aux rejetons. Les deux zigotos de la BD sont les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, joyeusement mis en scène par Marion Montaigne. Sociologues « monomaniaques », précisent-ils : voilà trente ans qu’ils étudient les riches à la loupe. Autant dire que cette bande dessinée est formidablement documentée et riche d’informations. Pas de clichés, pas de ton revanchard, juste un humour irrésistible, un dessin tordant, et la réalité brute qui, curieusement, ne donne aucune envie d’être riche.



 

Einstein, par Corinne Maïer et Anne Simon


Couverture de Einstein, par Maier et Simon

 

Le petit Albert a mauvais caractère, déteste la discipline et s’ennuie en classe. Son prof de grec lui dit : « Mon garçon, vous n’irez pas loin dans la vie. » (C’est ce qui s’appelle avoir du flair.) En attendant, il s’évade dans la géométrie avec une curiosité insatiable. Et puis son père lui offre une boussole. Intrigué par cette aiguille qui bouge toute seule, il décide de découvrir ce qui se cache derrière les choses. Ce qui donne, entre autres, la théorie de la relativité restreinte et son célèbre post-scriptum : E = mc2. En clair : on peut tirer une énergie gigantesque d’une masse minuscule. Le jour où la bombe tombera sur Hiroshima, il regrettera sa découverte. Il croyait qu’elle ne servirait jamais à rien.

Extrait de Einstein par Maier et Simon

Voici, avec le Einstein d’Anne Simon et Corinne Maier, la vraie fausse autobiographie du grand savant. Les autrices nous parlent de façon vivante et drôle de cet illuminé génial qui, jusqu’à son dernier souffle, cherche la formule de l’univers – le grand secret qui mène la danse des atomes et des planètes. Néanmoins, Einstein n’est pas qu’un cerveau, c’est aussi un apatride qui fuit l’Allemagne nazie, un pacifiste débraillé, un sioniste militant, une star des médias, un mauvais père et, il faut bien le dire, un misogyne coureur de jupons. Un personnage plein de contrastes et, par là, touchant. C’est ici que le Einstein du duo Simon-Maier puise sa force : respectant les faits historiques, les autrices réussissent à restituer l’homme – tout en divertissant le lecteur. Ecce Albert : un pari réussi.



 

Cigarettes, le dossier sans filtre par Pierre Boisserie et Stéphane Brangier


Couverture de Cigarettes, le dossier sans filtre de Boisserie et Brangier

La cigarette tue. Chaque année, dans le monde, elle est responsable d’environ 7 millions de décès, dont 73 000 en France – l’équivalent de la population de La Rochelle. Mais l’industrie du tabac tue aussi notre planète. La production annuelle des cigarettes coûte plus de 22,2 milliards de mètres cubes d’eau et nécessite une surface de culture d’environ 5,3 millions d’hectares – soit l’équivalent du Togo. Chaque seconde, ce sont environ 136 000 mégots qui sont jetés par terre. Or il faut en moyenne dix ans pour qu’un mégot se dégrade, et un seul d’entre eux peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau douce. Bref, la question est simple : comment en est-on arrivé là et pourquoi continue- t-on à fumer ?

La réponse, les réponses sont dans Cigarettes, le dossier sans filtre, une enquête signée Pierre Boisserie et Stéphane Brangier. Ce documentaire, préfacé par le professeur Martinet, chef du service de pneumologie du CHU de Nancy et président du Comité national contre le tabagisme (CNCT), repose sur des faits avérés – validés par le Comité national contre le tabagisme. Les auteurs y dévoilent les dessous de l’industrie du tabac, l’une des plus lucratives mais aussi des plus meurtrières, retraçant sa naissance et son histoire, ses enjeux financiers, économiques et politiques, ses stratégies marketing et, bien sûr, ses répercussions sanitaires et environnementales. L’ouvrage de 160 pages est solidement documenté mais accessible à tous : le découpage en chapitres thématiques suivant un fil chronologique permet de bien comprendre et d’analyser les informations, et le style est simple, précis mais sans jargon, soutenu par une mise en images claire, souvent drôle. Des données fiables, des faits tangibles et de l’humour – noir, bien sûr, comme le goudron...



 

Guantanamo Kid, L’histoire vraie de Mohammed El-Gorani par Jérôme Tubiana et Alexandre Franc :


Couverture de Guantanamo Kid par Tubiana et Franc

Le héros – malgré lui – de cette histoire s’appelle Mohammed El-Gorani. En 2001, alors âgé de 14 ans, ce fils d’immigrés tchadiens en Arabie saoudite est vendeur de rue à Médine. Fatigué de la discrimination qui, en Arabie, condamne les étrangers à demeurer en bas de l’échelle sociale, il rêve d’un avenir meilleur. Aussi, quand un ami lui propose d’apprendre l’informatique chez l’un de ses cousins, au Pakistan, il n’hésite pas une seconde. Deux mois après son arrivée surviennent les attentats du 11 Septembre. « Je n’y ai pas vraiment prêté attention », se souvient Mohammed. Pourtant, un jour, la police pakistanaise l’arrête. Soupçonné d’appartenir à al-Qaida – un nom qu’il n’a jamais entendu auparavant -, il est remis aux Américains, emprisonné en Afghanistan puis enfermé à Guantánamo. Il y passera huit longues années...

Guantánamo Kid est le récit passionnant d’un destin hors norme, celui d’un adolescent précipité dans le tourbillon de la « grande » histoire et confronté à des enjeux géopolitiques qui le dépassent. On y découvre la vie quotidienne des prisonniers de ce camp, situé sur l’île de Cuba, dont Barack Obama avait promis la fermeture sans jamais pouvoir l’obtenir. Réalisé en partenariat avec Amnesty International, l’album prend la forme d’un réquisitoire contre les conditions de détention à Guantánamo, qui sont contraires aux conventions internationales et aux principes les plus élémentaires du droit. D’abord publié dans les revues XXI et London Review of Books, le récit documenté de Jérôme Tubiana acquiert une nouvelle dimension grâce à la mise en scène graphique d’Alexandre Franc qui privilégie la lisibilité et la simplicité, renforçant ainsi l’efficacité de la narration. Entre document historique, récit de vie, humour et émotion, Guantánamo Kid offre un témoignage aussi passionnant qu’indispensable sur un pan de l’histoire contemporaine qui s’inscrit encore, hélas, dans l’actualité.



 

Bonne lecture !

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