Paroles de Chat (du Rabbin)

À l'occasion de la sortie du 10e tome du Chat du Rabbin, (re)plongez dans le chef-d'oeuvre humaniste de Joann Sfar !

Par l'équipe Dargaud

Le Chat du Rabbin 10

En 2002, Joann Sfar crée Le Chat du Rabbin : il aime dessiner d'après nature et il a ce chat chez lui, en chair et en os (surtout en os), avec ses oreilles immenses, ses grands yeux stupéfaits et ses miaulements obstinés qui l'intriguent : ce félin essaie peut-être de lui expliquer un truc.

Le Chat du Rabbin

Voilà pourquoi il en fait le héros de sa série. Un héros bavard, têtu comme une bourrique, pas toujours avenant (mais capable de tendresses renversantes), très porté sur la rhétorique et la contestation — complètement irrésistible.

Et puis Joann Sfar cultive un désir vital de “raconter”. Alors il installe le Chat à Alger, dans un décor luxuriant de coussins, carrelages et tapis orientaux, et raconte la vie d'une communauté juive au début du XXe siècle. Avec, dans les rôles principaux, la population d'Alger, le Chat (ça va de soi), le Rabbin (infiniment émouvant et casse-bonbons), sa fille (dont les amours contrarient le Chat) et le cousin légendaire— le Malka des lions.

Dans ce dixième album, Sfar s’attaque à ce « retournez chez vous » qui pour un Juif, n’est pas une phrase anodine (ni pour un Français issu de l’immigration, d’ailleurs). Tout au long de cette histoire règne l’absurdité religieuse – une savoureuse bagarre à coups de candélabre et autres encensoirs à propos d’un rideau déchiré parce que :

« n’importe qui ne peut pas tripoter un rideau sacré quand ça lui prend » dit le rabbin

La politique se montre tout aussi incongrue :

« L’Angleterre, quand elle doit gérer un territoire avec des Juifs et des Arabes, elle promet un pays à chacun des deux, puis elle les laisse se débrouiller », dit le rabbin.

Quant à l’administration française, avec le décret Crémieux de 1870, elle dit aux Juifs que désormais ils sont français et aux Arabes qu’ils ne le sont pas. Si bien que, dans l’immeuble où tout se passait agréablement entre Juifs et Arabes, ça crée des « soucis ».

Face aux discours religieux et politiques, Sfar choisit donc l’histoire humaine, les destinées que s’inventent les uns et les autres – des destins français, ici – et qui avancent au gré des rencontres et des décisions prises au pif, parfois.

Le résultat est un conte initiatique d'une rare beauté qui brasse (en virtuose) la théologie, l'ironie philosophique, l'humour et les détresses humaines. Bienvenue dans le 10e tome du chef-d'oeuvre humaniste de Joann Sfar !

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