Le Clan de Walden : un album engagé, qui célèbre et défend avec humour le vivant !
Nous sommes en 1845. Tous les Américains sont captivés par la société industrielle, esclavagiste et matérialiste florissante... Tous ? Non ! Un jeune homme, Thoreau, amoureux de la nature, philosophe en herbe, a décidé de faire un pas de côté.
Table des matières
Avec Le Clan de Walden, Catherine Meurisse s’éloigne des récits autobiographiques ou intimistes pour signer une comédie d’aventure. Habile à croiser les genres, elle mêle avec bonheur nature et littérature, fiction et réalité, humour et gravité. S’inspirant de la vie du philosophe et naturaliste américain Henry David Thoreau (1817-1862), Le Clan de Walden met en scène des personnages fictifs et des animaux doués de parole aux côtés de personnes réelles comme Ralph Waldo Emerson et John Muir. Sur cette trame, Catherine Meurisse bâtit un récit fantaisiste et poétique, au dessin dynamique qui se fait bucolique pour dépeindre, en de radieuses aquarelles, la majesté de la nature.
Mais derrière les gags, les dialogues enlevés et les méditations de Thoreau, elle livre un vibrant plaidoyer pour la nature, nourri par la pensée de nombreux défenseurs du vivant, tels Rachel Carson, Edward Abbey, Francis Hallé ou Baptiste Morizot. Comment ne pas voir dans cette comédie politique une évocation des problèmes écologiques actuels ?
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Entretien avec Catherine Meurisse
Après des albums autobiographiques ou intimistes, vous revenez à une fiction enlevée, pleine d’humour. Comment est né Le Clan de Walden ?
"J’ai lu Walden il y a une quinzaine d’années. J’avais trouvé ce récit assez technique, mais Thoreau m’avait marquée comme précurseur de la pensée écologique. Son expérience de vie dans les bois, sous le règne de la simplicité et dans le respect de la nature, m’est revenue en tête plus tard, pendant le confinement. À cette même époque, la découverte des philosophes du vivant contemporains, comme Baptiste Morizot, m’a passionnée. S’y est ajoutée l’apparition des Soulèvements de la Terre, mouvement citoyen dont la colère rejoignait la mienne. Mes lectures, mes sentiments et l’actualité ont convergé. Pour La Légèreté et Les Grands Espaces, l’autobiographie s’était imposée. Ici, même si les sujets qui traversent Le Clan de Walden me concernent de près, j’ai eu envie de revenir à la fiction pure et à la comédie, pour être moins dans la contemplation que dans l’action, dans la défense du vivant."
Pourquoi avoir fait de Thoreau votre personnage principal ?
"Thoreau est une figure inspirante pour laquelle j’éprouve une grande tendresse. Abolitionniste, pacifiste, non conformiste, aimant les animaux, la botanique et les rivières, inventeur de la notion de désobéissance civile. Ni ermite ni romantique, c’est un écologiste de terrain et un philosophe de la nature qui rêve d’une société meilleure, d’un bon gouvernement, d’une démocratie vaillante. Il constatait déjà en 1845 que le progrès pouvait détruire les paysages et épuiser les ressources naturelles. Dans Le Clan de Walden, j’en fais un idéaliste, que les personnages féminins et les animaux (doués de parole, bien sûr) incitent à passer à l’action pour préserver la forêt, le lac."
Dans votre livre, il y a de l’aventure et de l’humour. Cela vous semble-t-il un registre efficace pour parler d’environnement ?
"Par le comique, je cherche à créer l’adhésion, à réorienter l’attention vers la nature. La sensibilité et la science ne s’opposent pas ; le botaniste Francis Hallé disait : « Il faut se libérer du règne de la mesure. » C’est important de chiffrer la disparition des oiseaux mais ça l’est aussi de comprendre à quel point ils nous manquent sur les plans affectif et sensoriel. Mes gags sont là pour véhiculer cette pensée. La comédie permet d’observer la nature avec d’autres lunettes et de supprimer l’austérité que certains mettent souvent derrière le mot écologie. Imaginer une vie respectueuse du vivant, composer avec le sauvage est un programme de vie pacifiste et joyeux, l’humour y a toute sa place."
Découvrez ici les premières pages de son œuvre.
Back to topChez Catherine Meurisse, la lettre s'amourache du trait sur le pont des arts pour créer une véritable littérature de l'image.
Le Soir
De qui sont-ils inspirés ?
Si l’autrice revisite avec brio la figure littéraire d’Henry David Thoreau, philosophe et naturaliste, auteur de Walden et théoricien de la « désobéissance civile », elle fait également la part belle, dans son histoire, à des penseurs d’horizons variés.
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