"La Neige était sale" l'un des chefs-d'œuvre de Simenon adapté en BD

Le grand roman existentialiste de Georges Simenon connaît une adaptation magistrale par Jean-Luc Fromental et Bernard Yslaire.

Par l'équipe Dargaud

La neige était sale

Table des matières

La déchéance volontaire peut-elle conduire à la rédemption ? C'est la question lancinante que soulève La Neige était sale, le roman le plus sombre que Georges Simenon ait écrit.

Il fallait deux auteurs aussi chevronnés que Jean-Luc Fromental et Bernard Yslaire pour réécrire en bande dessinée ce roman sombre et puissant. Ombres noires et lumières blafardes magnifiquement portées par un choix radical de couleurs grisées, précision des décors, audace des cadrages, voix lancinante du narrateur qui raconte son histoire à la seconde personne du singulier, comme s’il était spectateur de sa vie… Un tour de force parfaitement réussi dans un album aussi fidèle que personnel.

Tous ces choix forts concourent à rendre palpables la veulerie des personnages et l’atmosphère poisseuse de la ville. Une adaptation magistrale !

C’est un roman majeur de la littérature belge qui vient d’être adapté en BD par un grand talent du dessin. Bernard Yslaire s’empare d’un roman de Georges Simenon avec la complicité de Jean-Luc Fromental et c’est un petit chef d’œuvre : "La Neige était sale"

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La Neige était sale

À une époque indéfinie, dans un pays indéfini occupé par une armée indéfinie… Frank est le fils d’une tenancière de maison close. Il y fréquente les prostituées et toutes sortes d’individus louches, petits ou grands voyous. Au contact de l’un d’entre eux, par oisiveté et par jeu, il devient un assassin et trahit la jeune fille qu’il aime. Arrêté, il est condamné à mort…

L’histoire terrible d’un garçon de 17 ans qui va au fond de l’horreur, mais connaît une forme de rédemption. Il y a comme chez Camus l’idée que la nature humaine peut rendre les hommes plus grands qu’eux-mêmes.

Jean-Luc Fromental

Lire également : Simenon adapté en bande dessinée

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Récit d'une adaptation

Magistralement mise en scène par Yslaire, cette adaptation retranscrit à la perfection l’ambiance noire et cauchemardesque de ce grand récit de Simenon, et la sourde horreur des années de guerre. Bernard Yslaire nous raconte son travail avec Jean-Luc Fromental :

Extrait de La Neige était sale, Jean-Luc Fromental et Yslaire d'après Georges Simenon

"Il y a un an, Jean-Luc Fromental me propose d’adapter graphiquement un roman de Georges Simenon, Et pour moi, cela tombe à pic, je viens de terminer Mademoiselle Baudelaire, une biographie du poète, après 40 ans de scénarios de fiction. L’expérience m’a prouvé combien la lecture approfondie des Fleurs du mal m’a aidé à éclairer la vie intime de mon sujet.

Là, Fromental m’engage à l’exercice inverse : adapter ensemble en bande dessinée l’œuvre d’un romancier au style inimitable. L’occasion de rencontrer un autre écrivain, de rentrer dans sa chair littéraire, d’approcher le mystère de son écriture.

Extrait de La Neige était sale, Jean-Luc Fromental et Yslaire d'après Georges Simenon

Après discussion, Jean-Luc suggère La Neige était sale, un roman « dur » particulièrement noir, écrit en 1947-48. Les rôles sont clairement établis. Il adapte le récit en un scénario découpé, dialogué, ne donne qu’un minimum de détails pour décrire les personnages et les situations. Je me fie à la synthèse qu’il a opérée du livre, sans me référer au texte d’origine, même si je l’ai lu.

J’ai ainsi toute liberté de mettre en scène le récit, de mettre en images et en cases, de remplir tous les vides que suscitent la cohérence d’une narration graphique et la représentation crédible d’une époque, d’un climat, d’une ambiance indicible.

J’ai lu, il y a longtemps, une interview de Gérard Brach dans les Cahiers du cinéma, comparant l’adaptation d’un roman en film « à la tentative de faire une sculpture de la Joconde » et je mesure la difficulté de la tâche. La fameuse ambiance « simenonienne » tient en peu de mots, souvent simples.

Son écriture au scalpel, sobre sans être simpliste, représente pour moi un modèle de cette modernité existentialiste du XXe siècle : L’anti-romantisme. Un quotidien gris, prosaïque, des personnages complexes. La Neige était sale se passe dans une ville sous occupation après une guerre qu’on imagine être celle de 39-45. Ville jamais nommée, grisâtre, brumeuse, à l’image des âmes qui la peuplent.

Et même quand la neige tombe — rarement - elle n’est pas blanche, mais sale, évidemment. Tout le défi est là : comment dessiner une « atmosphère » ?"

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En librairie

Retrouvez en librairie ou sur 9ème Store, l'adaptation magistrale de La Neige était sale par Jean-Luc Fromental et Yslaire :

Lisez aussi : Simenon en BD, l'aventure d'un couple d'artistes

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Bonne lecture

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