Iums, Mantrisses... le Bestiaire des mondes d'Aldébaran

Par l'équipe Dargaud

Bestiaire

Connaissez-vous le Paracelse et l’Oiseau-Abricot ? Avez-vous déjà croisé un crabe venimeux ou un Boursoufle ? Saviez-vous que la Mantrisse a une durée de vie d’un millénaire ? Et que les énormes yeux de l’Amédée ne sont rien d’autre qu’une « coloration disruptive » ?

Ces informations – et bien d’autres encore – sont à découvrir dans ce Bestiaire des mondes d’Aldébaran, véritable encyclopédie des créatures étranges et merveilleuses – mais dangereuses, parfois – qui peuplent les planètes Aldébaran, Bételgeuse et Antarès. Chacune d’elles fait l’objet d’une description rigoureuse et d’une superbe illustration de Leo, offrant une impression saisissante de réalisme. De quoi donner envie de quitter la Terre illico pour partir à la rencontre de ces animaux extraterrestres…

Bestiaire Leo 1

Avec Les Mondes d’Aldébaran, cette saga déclinée depuis 1994 en sept cycles d’aventures et près d’une trentaine d’albums, Leo n’a pas seulement imaginé une épopée mêlant science-fiction et relations humaines complexes. Il a aussi donné naissance à un formidable bestiaire, qu’il ne restait plus qu’à recenser et à analyser de manière scientifique. C’est ce que Olivia Le Moëne, éthologue, s’est amusée à faire en décrivant près d’une soixantaine de « bestioles » inventées par Leo. Celui-ci a réalisé, grâce à l’outil numérique, les illustrations inédites qui accompagnent les textes (et des croquis) d’Olivia. 
Précision importante : ces textes se nourrissent des observations réalisées sur le terrain par Kim Keller elle-même, l’héroïne historique de la saga, qui a bien voulu confier aux auteurs ses croquis des différentes créatures ainsi que le rapport de l’Institut d’étude de la Mantrisse !

Un ouvrage passionnant, qui enrichit la connaissance de la diversité de la faune extraterrestre et qui ravira les nombreux fans des Mondes d’Aldébaran !

Bestiaire Leo 2

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Entretien avec Olivia Le Moëne

Pourriez-vous nous raconter en quelques mots (cela va être difficile !) votre parcours ?

Olivia Le Moëne

Olivia Le Moëne : J’ai toujours été intéressée par le comportement animal, déjà petite, j’allais passer des heures à regarder les animaux dans les champs de mon village. J’ai donc fait des études de biologie et d’éthologie, partiellement à l’étranger, après lesquelles je me suis naturellement orientée vers la recherche scientifique, qui était un prolongement de mon envie de nouveaux horizons, intellectuels comme géographiques. C’est comme ça que je me suis installée en Scandinavie, j’ai d’abord fait mon doctorat en neurosciences comportementales à l’université de Tromsø, en Norvège arctique, avant de poursuivre mes recherches en Suède, où je vis aujourd’hui. 

Vous avez vécu à Lyon, à Mayotte, au Pays de Galle, en Suède, en Norvège… Comme Kim Keller qui est terrienne mais citoyenne de l’univers, vous considérez-vous comme citoyenne du monde avant tout ? Est-ce une des raisons qui vous a fait aimer Les Mondes d’Aldébaran ?

Kim Keller
Kim Keller © Leo / Dargaud - 2025

Je n’aime pas trop le terme de « citoyen du monde », qui revient pour moi à une façon un peu privilégiée de dire « je suis chez moi partout », et ce n’est pas ce que je ressens. En revanche c’est sûr que j’ai eu la chance de beaucoup voyager et je crois que ça a forgé très tôt des questionnements profonds sur l’identité et l’appartenance à une communauté. C’est ce qui me pousse à aller interroger les frontières entre les espèces, les cultures, les classes sociales, et à explorer les passerelles possibles entre les mondes : comment fait-on pour échanger, créer du lien, trouver des manières pour vivre ensemble au-delà des barrières linguistiques et des différences?

C’est effectivement l’une des raisons pour lesquelles j’aime Les Mondes d’Aldébaran.

Je trouve que Leo pose des questions très intéressantes : comment faire société avec une communauté que l’on n’a pas choisie, dans des conditions rudes qui nous poussent à nous allier ? Quels choix faire pour vivre ensemble et perdurer ? Faut-il d’ailleurs perdurer ? C’est passionnant !

Comment d’ailleurs avez-vous découvert Les Mondes d’Aldébaran ?

Je dois remercier mon amie Morgane, au collège, qui m’a forcée à commencer Aldébaran alors que je lui soutenais que la BD ce n’était pas mon truc ! Par fierté, j’avais prétendu avoir trouvé les albums seulement « sympas », alors que j’avais littéralement passé la nuit à les dévorer ! (rires) J’ai un peu honte de le dire maintenant, mais à l’époque je pensais encore que la BD c’était pour les gens qui n’aimaient pas lire ! C’est à l’université que j’ai eu accès à une excellente bibliothèque BD, et que je me suis vraiment prise de passion pour ce format. Depuis je ne le quitte plus, la BD est un médium incroyablement riche ! C’est donc finalement sur le tard, pendant mes études de biologie, que j’ai relu et adoré Les Monde d’Aldébaran et la créativité de Leo, qui est devenu l’un de mes auteurs préférés. 

Vous êtes éthologue et chercheuse en neurosciences comportementales. Ce sont ces compétences qui vous ont permis de brillamment décrire les créatures pourtant imaginaires de Leo. Est-ce le même travail que les animaux soient bien réels ou fictifs ?

Kélatame

Étonnamment, oui ! Très rapidement je me suis rendu compte que la démarche était la même : observer l’animal, ses particularités morphologiques, et l’environnement dans lequel il apparaissait. A partir de là, il faut imaginer ce qui peut être cohérent. C’est très stimulant ! Pour la kélatame de Bételgeuse par exemple, une sorte de grande panthère noire cavernicole, c’est ses trois ouvertures nasales qui m’ont inspirée pour imaginer un système de respiration hybride air-eau. Là où on se détache de la science, c’est que l’on n’a pas besoin de vérifier que notre hypothèse est la bonne en faisant des expériences, et je dois dire que j’ai trouvé cela assez libérateur !

Comment s’est passée la collaboration avec Leo ? A-t-il accepté facilement votre proposition ? Vous a-t-il donné des guidelines ou des conseils ? 

Lorsque j’ai écrit à Leo pour la première fois pour lui proposer de réaliser le bestiaire, je tentais ma chance mais je ne pensais pas vraiment que cela pourrait l’intéresser. Quand il m’a répondu immédiatement avec, en plus, un réel enthousiasme, j’ai eu du mal à y croire ! J’ai dû relire plusieurs fois sa réponse pour me convaincre que je ne rêvais pas : ce n’est pas tous les jours qu’on discute avec ses idoles ! La collaboration ensuite a été très facile, il a recadré certaines de mes idées qui s’éloignaient parfois de son univers, mais il m’a laissé une grande liberté et a été très encourageant. Ça a été un réel plaisir de travailler avec cette liberté et dans ce respect mutuel.

Quelle créature du Bestiaire est pour vous la plus fascinante ?

Dans le bestiaire, j’aime bien l’éleutère géant, et cette relation symbiotique qu’il a avec les marais d’Aldébaran. C’est très amusant pour moi d’imaginer la texture que pourraient avoir ses écailles végétales, par exemple !

Ceci dit, la créature de Leo qui m’a le plus fascinée n’est pas dans le bestiaire, car elle ne fait pas partie des Mondes d’Aldébaran, mais de la série Kenya ! Il s’agit du parasite qui infecte le chien du camp et attaque son système nerveux. J’ai trouvé l’idée absolument géniale, et le fait d’avoir un début d’explication biologique sur cet animal fictif m’a donné envie d’en savoir plus. Je me suis donc naturellement intéressée à la faune des Mondes d’Aldébaran : Leo n’y a pas seulement inventé une créature, mais des écosystèmes entiers. Pour une éthologue, forcément c’est inspirant : il y a tant à découvrir ! Comprendre l’inconnu, produire des idées neuves, c’est à la racine de mon travail de chercheur, et la fiction est comme un inépuisable terrain de jeu.

Kenya parasite
extrait du tome 2 de Kenya © Rodolphe - Leo / Dargaud 2003

Que retenez-vous de cette expérience inédite et votre incursion dans le 9ème Art ? 

Aujourd’hui je me rends compte que beaucoup d’auteur.rice.s sont très curieux de l’aspect scientifique de leurs créations, et ouverts à l’idée d’une hybridation entre l’art et la science. Je crois que la fiction a beaucoup à apporter à la société, pour faire rêver, mais aussi pour offrir des chemins de réflexion sur notre propre réalité. C’était certainement une expérience incroyable, et un domaine dans lequel je compte encore m’investir.

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En librairie

Pour tous les fans des Mondes d'Aldébaran, retrouvez le bestiaire des créatures imaginées par Leo en librairie ! On vous propose de feuilleter l'ouvrage ici :

Bonne lecture !

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