Eric Verhoest

Eric Verhoest
Scénariste

Biographie de Eric Verhoest

Eric Verhoest est né en 1959. Après des études en journalisme à l'Université de Bruxelles, il travaille pour la presse écrite et, surtout la RTBF où il s'occupe de bande dessinée de 1983 à 1991 pour différentes émissions culturelles.

En 1984, il crée les éditions Champaka Brussels qui se spécialisent dans la réalisation d'impressions artistiques liées à la bande dessinée. Ce label est depuis devenu l'un des leaders de ce marché dit « de niche ». Schuiten, Yslaire, Juillard, Loustal, Moebius, Hergé, Chaland, Floc'h et Franquin, et bien d'autres, lui ont fait le plaisir de travailler avec lui depuis de longues années. 


En 1992, il crée Auteurs Associés, une agence de consultance qui officie dans différents secteurs du Neuvième Art : stratégie de droits dérivés (Astérix, Gaston Lagaffe), agence rédactionnelle, expositions et autres. 


En juin 2006, il devient Directeur éditorial des éditions Dupuis. Depuis, Éric Verhoest continue toujours de se consacrer à l'oeuvre laissée derrière lui par Franquin, en signant notamment l'album Franquin, la chronologie d'une oeuvre.

En collaboration avec Jean-Luc Cambier, il rédige des livres (La légende des Sambre chez Glénat, Le Monde de Franquin chez Marsu Production) qui abordent la bande dessinée sous un angle qui se veut résolument journalistique. L'album Un nouveau monde s'inscrit également dans cette logique. En 2016, ils se pencheront sur les nouvelles aventures de Blake et Mortimer, dans L'Héritage Jacobs, chez Dargaud.

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Eric Verhoest
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Bibliographie de Eric Verhoest

Beaux Livres
5 tomes
Série en cours
Autour de Blake & Mortimer
6 tomes
Série en cours
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Articles et actualités

Interviews

Du nouveau monde au monde nouveau

  Un ouvrage exceptionnel, réunissant les créations réalisées par Ted Benoit autour de l’Amérique, paraîtra chez Dargaud en novembre. Plus de 100 illustrations complétées d’un texte signé Jean-Luc Cambier et Éric Verhoest. En voici un court extrait… Malgré sa connaissance du monde indien, Ted a très peu représenté des “Peaux-Rouges”. Pour se justifier, il prétexte sa difficulté à dessiner les chevaux. Mais il a projeté d’écrire un scénario sur les jeunes Navajos de Monument Valley qui faisaient de la figuration pour John Ford. “Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils devaient bien rigoler à dégommer les Tuniques bleues. J’ai trouvé des interviews pleines d’humour de plusieurs de ces figurants. En plus de faire les Apaches, les Sioux ou les Cheyennes, les Navajos faisaient occasionnellement les Tuniques bleues. ‘Un drôle de truc, raconte l’un d’eux. Je tire une flèche sur un soldat au galop et je le rate. Une heure après, je joue le soldat et je prends la flèche en pleine poitrine !’” On retrouve en tout cas des décors dignes du western dans certaines scènes de L’Étrange Rendez-vous, première incursion de Blake et Mortimer aux États-Unis. Après trente années d’amour à distance, c’est aussi le premier voyage de Ted Benoit en Amérique. “Au début des années 1970, aller à Los Angeles me tentait, mais je n’en avais pas les moyens. Ensuite, j’ai eu peur que la réalité ne soit pas digne de la fiction et qu’elle détruise le mythe que je dessinais.” Le scénario de Jean Van Hamme (“ça se déroule où tu voudras aux États-Unis, m’avait-il dit”) offre à Ted l’occasion de rejoindre, en famille, ce qui l’intrigue et le touche. Il évite les grandes villes pour se repaître, à l’intérieur des terres, d’une imagerie rurale. “C’est ce que j’aimais à ce moment de mon parcours. Cinq ans avant ou plus tard, ma curiosité m’aurait amené ailleurs. Ce n’est pas l’album à faire qui m’a poussé à visiter certains endroits, mais ces lieux qui ont influencé la localisation de mon second Blake et Mortimer.” Ted Benoit dessine donc la côte Est en automne, un intérieur cultivé des années 1950, une bourgade agricole, avec silo à grains et réservoir d’eau. Construites à partir de documents anciens et de ses propres photos de repérage, ce sont des évocations synthétiques, rêvées et authentiques à la fois. On peut les voir dans des films d’époque et Ted les a aussi observées “en vrai”. “Travailler sur ces images m’émeut. Ce ne sont que des images, mais on peut penser que vivre là ne devait pas être désagréable.” Dans ces bourgades, il retrouve la largeur des rues, les constructions longues et plates qu’il crayonnait depuis la France à partir de photos. Au Kansas, il roule entre les lignes horizontales des plaines du centre avant de les installer dans l’aventure américaine des héros anglais. “Dans mon rêve d’Amérique, il y a l’espace.” Il situe l’épisode central de L’Étrange Rendez-vous dans la petite ville de Garden City parce qu’il veut voir la ville-héroïne du fameux De sang-froid de Truman Capote. “Garden City a été la perfection. Il y avait ce vieil hôtel, le Windsor – nom prédestiné pour y loger Mortimer –, et ce quartier résidentiel merveilleusement paisible avec ces maisons nichées sous les grands arbres. J’ai dessiné celle d’un couple au nom allemand, Schmidt, comme le Kaufman de notre histoire. Et dans le bureau de poste, j’ai trouvé cette mise en garde concernant les tornades : elle m’a donné l’idée de la scène qui fait basculer l’histoire. Capote, le film, a bouclé la boucle. Quand l’écrivain dîne chez le détective du K.B.I., on découvre un intérieur exactement semblable à celui que j’avais imaginé pour les Kaufman, quand ils invitent Mortimer à dîner.” Il met en scène temps agité, orage, crue et tornade. C’est une réalité presque banale du pays. Elle rencontre surtout l’envie nouvelle, chez cet ex-spécialiste des métropoles, de se consacrer davantage à la nature. Ses repérages, il les a d’ailleurs conduits au plus près de ce que les Européens ont découvert à leur arrivée. “J’aurais adoré être un Viking et remonter la vallée de la Seine. Cela devait être magnifique. En Europe, les villes sont proches et les paysages changent vite. Nous ne pouvons qu’imaginer le choc d’entrer dans un univers qui semble vierge, pas le visualiser. C’est encore possible en Amérique.” Comme le montrent ses recherches autour de L’Étrange Rendez-vous, les prospections de Ted Benoit dépassent de loin le besoin d’alimenter des récits. (“Dans l’immense majorité des cas, seule la curiosité personnelle me guide.”) Il aime chercher, découvrir, savoir. Une recherche le mène à un livre qui lui-même pose une question nouvelle et le dirige vers d’autres documents. Un nom lui fait ouvrir un atlas qui le renvoie à d’autres cartes. Il en naît rarement un synopsis, une péripétie ou une illustration, en tout cas pas immédiatement. Mais à chaque fois, ces fragments de connaissances nourrissent et transportent son imagination. “Ma vie rêvée est en Amérique. En ce sens, c’est une vie par procuration.” Les histoires que Ted se raconte concernent souvent des immigrants. “À une époque ou à une autre, tous les Américains furent des immigrants. Je ne peux pas m’empêcher de voir les Américains d’abord comme des Européens. Cette vérité ne me quitte pas. Elle m’aide sans doute à me sentir plus proche. Que ma famille soit restée ici ne m’empêche pas de me sentir un peu responsable de ce qui s’est passé là-bas.” La conviction d’être lié indirectement et à distance à la création des États-Unis, Benoit l’avait développée dans son article sur les road-movies en soulignant l’importance des pionniers français. Plus tard, preuve que sa passion initiale pour l’Amérique ne signifie pas le rejet de la France, il établira une liste des lieux qui, sur le sol américain, portent un nom français, et commencera un dictionnaire des Français – très nombreux – qui prirent une large part à la conquête de l’Ouest. “J’adore la géographie et les récits d’exploration. Les suivre le long de telle rivière, au-delà de telle montagne…”

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