Rodolphe

Rodolphe
Scénariste

Date de naissance : 01/01/1948

Biographie de Rodolphe

Scénariste de « grands maîtres » comme Raymond Poïvet ou René Follet, Rodolphe a collaboré avec nombre d'auteurs majeurs du neuvième art : Léo, Jacques Ferrandez, André Juillard, Annie Goetzinger, Max Cabanes, Griffo, Vink ou Michel Faure !

Plusieurs fois nominé à Angoulême et lauréat de nombreux prix, il a également travaillé en direction de la jeunesse, signant des scénarios pour «Tom-Tom et Nana » ou « Mickey ».

Hors la bande dessinée (plus de 150 titres à son actif) il a publié des livres pour enfants, des romans pour adolescents, des récits policiers ainsi que divers ouvrages consacrés à la musique rock et aux années 1960.

Son dernier roman, « La Légende de Pierrot le Fou » est paru en juin dernier aux éditions Michalon.

Les éditions Dargaud ont fêté récemment le passage des 100 000 ventes (par titre en langue française) de la série Kenya qu'il réalise avec Léo.

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Rodolphe
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Bibliographie de Rodolphe

Porte de Brazenac (La)
1 tomes
Série terminée
Namibia
5 tomes
Série en cours
Trent - Intégrales
3 tomes
Série en cours
Kenya
5 tomes
Série en cours
Ville d'Ys (La)
2 tomes
Série en cours
Autre Monde (L') - Cycle 2
2 tomes
Série en cours
Voix des anges (La)
3 tomes
Série en cours
Autre Monde (L') - Intégrales
2 tomes
Série en cours
Mary la Noire - Intégrale
1 tomes
Série terminée
Marie-Antoinette, la Reine Fantôme
1 tomes
Série terminée
Kénya (Intégrale)
1 tomes
Série terminée
Amazonie
2 tomes
Série en cours
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Articles et actualités

Interviews

Les mots de Rodolphe

  Co-scénariste de la série Kenya en compagnie de Leo (qui est également le dessinateur de cette série dont le tome 4, Interventions, sort en janvier), Rodolphe est assurément l’un des principaux acteurs de son métier. Il réagit ici à une liste de mots… Afrique Le gamin que j’étais dans les années cinquante rêvait devant les grandes cartes de l’Afrique que le maître accrochait sur le tableau noir, et dont il nous faisait suivre les tracés du bout d’une longue règle. Il y avait là, peints de rose, de bleu layette, de vert tendre ou de violet, l’AOF (Afrique occidentale française), l’AEF (Afrique équatoriale française), le Congo belge… et bien sûr, une certaine colonie anglaise appelée Kenya ! Cela dit, je n’ai jamais mis les pieds en Afrique ! Juste la tête !… Hemingway On s’est un peu inspirés de lui, avec Leo, pour camper le Remington de notre série Kenya. Un personnage haut en couleur, fort en gueule, assez brutal, volontiers grossier, plutôt macho. Mais solide, volontaire, courageux… Leo Alors qu’avec l’érosion du temps, beaucoup d’amis sont devenus des copains, voire des relations, Leo, de co-auteur est devenu copain, et de copain est devenu ami… On a grand plaisir à se voir pour travailler ensemble et tout autant plaisir à se voir pour ne rien faire (hormis boire quelques verres) Boisson écossaise Je ne vois pas de quoi vous parlez : des eaux de source à la pureté remarquable ? Science-fiction J’ai été un gros lecteur, un lecteur boulimique de SF dans les années soixante-dix. Mais par SF, j’entendais d’avantage « Speculative Fiction » que « Science Fiction ». La science m’a toujours gavé ! J’étais fan de Spinrad, Silverberg, Priest, Farmer et surtout Dick ! Le grand, le fabuleux Philip K. Dick ! Le temps des copains C’est le titre de l’exposition-rétrospective que j’ai montée autour d’Alain Bignon, mon co-auteur de La Voix des anges et grand ami, disparu il y a maintenant un peu plus de deux ans. L’exposition m’a également permis d’évoquer le souvenir d’autres visages familiers disparus : Jacques Lob (qui m’a fait démarrer dans la profession), Jean-Claude Forest (qui m’a honoré de son amitié), Guy Vidal (qui a publié mes premières histoires). Trent Notre première et plus longue collaboration, Leo et moi. Huit albums réalisés en une dizaine d’années. Le personnage du sergent solitaire affrontant la neige et le froid du grand Nord canadien est certainement né de mes lectures d’enfant dans la fameuse « Bibliothèque Verte » : Jack London et surtout le trop méconnu James Oliver Curwood. Enfance C’est Baudelaire qui disait : « Le génie n’est que l’enfance retrouvée. » Je ne prétends pas au génie, loin de là ! mais je sais que les singularités de mon travail, de mes thématiques, de mon univers ont leurs racines dans mon enfance. Premières lectures, premières rencontres, premières illuminations, premières douleurs, c’est là que l’essentiel d’une vie déjà se met en place… Gene Vincent Tout petit, je suis tombé dans le rock’n’roll. J’y suis toujours. J’y habite. Avec délices. J’abrite dans mon living quelques milliers de galettes de vinyl consacrées à cette musique du diable. Gene Vincent fait partie de mon Panthéon, et j’ai le grand plaisir de travailler actuellement sur une biographie (très libre) le concernant. L’album, dessiné par Georges Van Linthout, est prévu pour la collection « Long Courrier » de Dargaud. Polyptyque Pour la collection « Polyptique » du Lombard, nous avons signé récemment avec Bertrand Marchal le premier volet d’une tétralogie, un thriller fantastico-médical intitulé Frontière. On s’y interroge sur ce qu’est la réalité, ce que sont les fictions et le virtuel… L’ombre du grand P. K. Dick rôde dans les parages… Angoulême Dicton : « Noël en décembre, festival d’Angoulême en janvier. » Je n’en raterais une édition pour rien au monde ! C’est le rendez-vous annuel de toute la famille, de toute la tribu BD ! Je retrouve là mille copains ! Une foule de petits-neveux et petits-cousins ! C’est grisant ! Imagine C’était le titre d’une éphémère revue que nous avions créée au milieu des années soixante-dix avec Jacques Lob et Stan Barets. On y a publié la première BD de Floc’h (dont j’avais écrit le scénario !) et la première version (noir et blanc) de La Quête de l’oiseau du temps. Pas si mal, non ? Sixties Une époque flamboyante. La découverte de la liberté. Hendrix, Brian Jones, l’acide, le psychédélisme, Guy Pellaert. Pilote, aussi… Ecriture Mon métier depuis vingt-cinq ans. Et avant que ce soit mon métier, une grande envie, un rêve une passion. Les mots, les phrases, les images forment la matière que j’utilise, que je malaxe et que j’organise à ma façon. Cela continue à me captiver. Totalement. Comme au premier jour. Comme à la première page du roman (inachevé bien sûr !) commencé à l’âge de dix ans sur un gros carnet de mon grand-père !

Interviews

Ovnis au Kenya

  Le démarrage en trombe de la série Kenya, qui s’inscrit dans l’univers fantastique des Mondes d’Aldébaran, a permis aux lecteurs de découvrir une histoire passionnante qui se déroulera en cinq volumes. À l’occasion de la parution du T.3 (Aberrations), les auteurs – Leo et Rodolphe – se sont entretenus et nous livrent ici quelques secrets de famille… Leo à Rodolphe Quelle est la différence pour toi entre écrire un scénario seul ou à deux… Tout dépend du partenaire ! Écrire seul est pour moi une pratique déjà ancienne et qui me convient bien. Mais si comme pour nous sur Kenya, on se comprend à mi-mot, on gagne alors terriblement de temps et on est rudement plus efficace ! Et puis, dans des cas comme le nôtre, on peut passer de sacré bon moment ensemble, non ? C’est toi qui as choisi l’époque où se situe Kenya. Pourquoi la fin des années 40, le juste après la guerre ? Parce que ça te permettait de dessiner des hydravions et de grosses limousines rondes et de jolies jupes ! Tu ne t’en es pas plaint, je crois ? Ça permettait aussi d’asseoir notre récit dans une période très particulière, celle du début de la guerre froide… Une époque de tension, de mensonge, d’hystérie… Ce n’est pas un hasard s’il y a eu alors tant d’observations de soucoupes volantes. Au fait, tu y crois toi, aux soucoupes ? Quand je suis bien immergé dans une histoire, je crois à tout ce que je raconte ! Et puis, c’est bien connu : la nature imite l’art et la réalité cherche désespérément à rattraper la fiction ! Rodolphe à Leo Tu fais en solo de superbes histoires : pourquoi vouloir travailler à deux sur Kenya ? Dans Kenya, c’est toi qui fais le découpage et les dialogues. Cela me libère d’une grosse charge de travail et me permet de participer à la création d’un scénario avec moins d’efforts. C’est très commode ! Plus sérieusement, je trouve que travailler à deux est très enrichissant : on arrive à créer des histoires bien différentes de celles qu’on aurait faites seul. C’est très stimulant. Qu’est-ce qui, selon toi, différencie Kenya de tes autres univers, Dexter London, et surtout Aldébaran et Bételgeuse ? Bételgeuse et Aldébaran se passent dans le futur sur des planètes lointaines, Dexter London dans un monde inventé : ce sont des univers totalement imaginaires. Kenya lui, se passe dans une ambiance réelle, historique, même si nous inventons des “ faits ” bien délirants qui s’y seraient produits. Cela change tout. Quand j’ai besoin d’un véhicule dans Bételgeuse, je l’invente. Dans Kenya non : je passe des heures à chercher de la doc sur Internet pour pouvoir bien dessiner une maudite Dodge T214 modèle WC53 ! Dans Kenya aussi on trouve quelques bestioles singulières et dérangeantes ! Est-ce la “marque de fabrique” de Leo ? Hum… je ne sais pas. Au départ j’avais proposé que, dans Kenya, les bêtes soient uniquement des animaux préhistoriques ayant réellement existé. C’est toi qui as inventé cette histoire de bêtes bizarroïdes… De toute façon, dans Bételgeuse, la plupart de bêtes étranges font plutôt partie du décor : dans Kenya, au contraire, leur présence est un aspect essentiel du mystère qu’essaie de comprendre miss Kathy…

Interviews

Mon ami Alain

  Vendredi 17 octobre. Quelque chose comme 3 heures et demi. Je travaille devant mon écran. Le téléphone sonne. François. François Le Bescond, de Dargaud. Sa voix est bizarre. D’emblée, mon “ça va ?” prend un côté absurde, irréel. Non, c’est clair : quelque chose ne va pas. “Tu es au courant pour Alain ? “ Secousse glacée. Alain ? Pas besoin de chercher loin. Ni Poher, ni Duhamel ni Delon ! Mon Alain. Bignon, mon co-auteur, mon pote, mon ami. Le couperet est déjà tombé. Ce mot terrible, toujours terrible et inacceptable. Mais encore plus en cette circonstance*… Chantal, sa femme vient d’appeler. Alain vient d’être retrouvé chez lui : mort. On avait pensé déjeuner ensemble, et puis, non, on avait reporté à lundi. Quelque chose aurait-il été différent si on s’était retrouvé le midi ? sans doute… C’est son fils qui l’a découvert. Il était en survêtement. Il venait de faire un footing. Près de lui un verre d’eau. Alain ne faisait pas de sport ou très peu. À peine plus que moi. “No sport” comme se plaisait à dire Churchill pour expliquer les causes de sa longévité… Le vieux Winston avait-il effectivement raison ? Alain et moi, nous nous étions rencontrés au début des années 80. En ce temps-là, il portait la moustache, fournie, drue. C’était sous les auspices d’un autre moustachu que nous nous étions connus, Jacques Lob, l’ami Jacques. Fidèle à ses amis, Alain tenait à privilégier sa collaboration avec Guy Vidal qui leur valait à ce moment, le grand succès d’Une Education algérienne. Mais il était également ouvert à toutes les expériences. De toute façon, vue sa capacité à abattre l’ouvrage, Alain pouvait sans problème épuiser simultanément plusieurs scénaristes. Et ce tout en menant de jour des activités de chef d’entreprise, en concevant des décors, des stands, des affiches, et en écrivant, la nuit, le synopsis d’une pièce de théâtre ou les premiers chapitres d’un roman… Ensemble, nous avons réalisé des histoires courtes pour le mensuel Vécu. Plus tard, nous nous sommes attelés à un vaste polar BD ayant pour héroïnes les sosies de la fascinante Betty Page. Entretemps nous avions bien sûr élaboré cent projets. Qui n’avaient pas abouti. C’est ainsi. Quoi qu’il en soit, collaboration ou non, nous restions amis. On se retrouvait au fil des soirées en compagnie de camarades, dessinateurs pour la plupart, dont les techniques, dont les manières de résoudre les difficultés liées à leur expression, le passionnaient. Il y avait là, plus ou moins proches, Max Cabanes, Jean-Pierre Gibrat, Laurent Vicomte, Daniel Goossens et quelques autres… Je revois – comme dans une autre vie – un dîner dans l’atelier de Forest. Jacques également était là. Jacques Lob. Derrière nous, des tentures immenses, des canevas, des masses de cartons à dessin. Comme un décor de théâtre… Ce temps-là, sans Jacques, sans Jean-Claude, aujourd’hui sans Alain, me semble tout à coup terriblement loin… Je songe aussi – pour l’avoir précisément accrochée près de mon bureau – à une photo gag publiée dans Charlie et parodiant la fameuse scène, où en compagnie de Loisel, Le Tendre, Cabanes, Fred, Moliterni, Mellot, Lesueur et quelques autres, nous jouions les rôles de singuliers apôtres. Sur l’extrême droite de la photo, l’un à côté de l’autre, et levant leurs verres dans un bel ensemble, Alain et Guy Vidal… Je me note – mais pas pour tout de suite – de relire les albums que ces deux-là ont concoctés au fil de ces dernières décennies. Sans doute, quand j’aurai le courage de m’y replonger, retrouverais-je, au fil des pages, la marque indélébile de leur intelligence, de leur tendresse, de leur humanité, de leur humour… Certaines tournures de phrase qu’affectionnait Guy, quelques formidables expressions, quelques décors habités qui surgissaient spontanément sur la table à dessin d’Alain… Ces dernières années, nous avions entrepris ensemble la réalisation d’une trilogie : La Voix des anges. Au départ, une idée d’Alain. Une idée ambitieuse, nourrie directement de ses interrogations face au monde et à son avenir. Ce que nous laisserions l’un comme l’autre à nos enfants. L’histoire était également chargée de son dégoût viscéral pour la pensée unique et le politiquement correct. Doux, aimable, attentionné, courtois, poli, Alain se serait volontiers rêvé pirate de l’imaginaire, hussard du concept. Beaucoup de choses le faisaient gerber (dixit). Lorsqu’on se retrouvait dans MON chinois ou SON italien, c’était bien sûr pour discuter scénario ou mise en page, c’était également pour parler de nous, nos quotidiens, ce qui passait bien ou passait mal, les vertiges du temps, les peurs. Celle de vieillir, par exemple… C’était aussi pour confronter nos lectures du monde environnant, et reprendre un peu de liberté par rapport au prêt-à-penser culturel du Temps. Désormais, je parlerai seul comme le font les vieux. Mais si on y réfléchit bien, c’est assez logique que les vieux semblent ainsi parler tout seuls : ils sont entourés de tellement de fantômes… Rodolphe (*) Alain, 56 ans, regorgeait de vie, de santé, de projets…

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