Morris

Morris
Scénariste . Dessinateur

Biographie de Morris

Né en 1923, Maurice De Bevere, dit "Morris", est un dessinateur et un scénariste belge de bandes dessinées. Il imagine "Lucky Luke" en 1947, puis "Rantanplan" en 1987. En 1990, il crée les éditions Lucky Productions pour promouvoir son oeuvre. Il reçoit, en 1992, le grand prix spécial 20e anniversaire du Salon international de la bande dessinée d'Angoulême. En 1998, il est fait officier de l'ordre des Arts et des Lettres. Morris s'éteint en 2001, à l'âge de 77 ans.

C'est à Courtrai, le 1er décembre 1923, qu'est né Maurice De Bevere, dit "Morris", l'un des pères fondateurs de la bande dessinée.

Après le baccalauréat et des études de droit, il suit les cours de dessin de Jean Image, où il apprend aussi la technique de l'animation. Peu après, il entre à la Compagnie belge d'actualités, studio de dessins animés où il fait la connaissance d'André Franquin, d'Eddy Paape et de Peyo.

En 1945, il est sollicité pour illustrer ‘Le Moustique‘ ; il réalisera pas moins de 250 couvertures de ce journal humoristique !

C'est à cette époque qu'il décide de choisir le pseudonyme de Morris pour scénariser et dessiner les premières aventures pleines d'humour de Lucky Luke. Celles-ci paraissent pour la première fois - sous le titre "Arizona 1880" - dans l'‘Almanach Spirou 1947' [vérifier : « l'‘Almanach 1947', hors-série du magazine ‘Spirou' » ?].

Lucky Luke – cow-boy solitaire au grand coeur et justicier aussi imperturbable que sympathique – est accompagné de son inséparable monture, le sage Jolly Jumper, et du chien le plus stupide de l'Ouest, Rantanplan. Autour d'eux, Morris crée toute une série de personnages pittoresques auxquels il mêle des grandes figures de l'Ouest américain : les quatre Dalton, bêtes et méchants, Billy the Kid, le juge Roy Bean, Calamity Jane, ainsi que d'autres personnalités historiques, comme l'illustre actrice Sarah Bernhardt.

"Lucky Luke" se place très vite aux tout premiers rangs des incontournables de la bande dessinée internationale, grâce au graphisme simple, expressif et combien efficace de son créateur.

Entre 1948 et 1955, Morris sillonne les États-Unis avec ses amis Franquin et Jijé (Joseph Gillain). Il y fréquente aussi les spécialistes de la bande dessinée parodique du magazine ‘Mad' : Harvey Kurtzman, Jack Davis et Wallace Wood. À New York, il rencontre René Goscinny qu'il s'adjoint comme scénariste à son retour en Europe. Ces deux monstres sacrés du neuvième art vont travailler ensemble avec passion jusqu'à la disparition de Goscinny, en 1977.

Une vingtaine de scénaristes seconderont ensuite Morris, et, à ce jour, les aventures de Lucky Luke réunissent près de 90 albums, traduits en une trentaine de langues et tirés à plusieurs centaines de millions d'exemplaires.

Morris entretient une passion dévorante pour le cinéma ; en 1971, dans "Daisy Town" (studio Belvision, Bruxelles), il la partage pour la première fois avec Lucky Luke, et cela avec la complicité de Goscinny, de Pierre Tchernia et du compositeur Claude Bolling.

D'autres longs-métrages suivent : "La Ballade des Dalton" (studio Idéfix, Paris), en 1978, et "Les Dalton en cavale" (Hanna-Barbera Productions, Los Angeles), en 1983. En 1984, une série de 26 dessins animés de vingt-six minutes, imaginés à partir des albums de "Lucky Luke", est produite pour la télévision par Gaumont, Hanna-Barbera et France 3. En 1991, Dargaud Films, IDDH et France 3 sortent une seconde série de 26 épisodes, tandis que Terence Hill incarne le cow-boy solitaire dans dix films.

La notoriété croissante de "Lucky Luke" conduit à la fabrication de produits dérivés dont la variété prospère de jour en jour : peluches, puzzles, jouets, vêtements, chaussures, articles scolaires, montres, figurines... Avec les personnages de son univers, Rantanplan et les Dalton, Lucky Luke se retrouve fréquemment au coeur de campagnes publicitaires, de lignes de produits et d'adaptations dans le multimédia.

En 1987, Morris crée "Rantanplan", une série dont les premiers épisodes sont scénarisés par Jean Léturgie et Xavier Fauche.

En 1990, il fonde Lucky Productions, aujourd'hui devenu Lucky Comics dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Dargaud.

Titulaire de nombreuses distinctions, Morris est particulièrement fier de la médaille que l'Organisation mondiale de la santé lui remet à Genève en 1988, pour avoir enlevé à Lucky Luke sa sempiternelle cigarette.

Autre hommage exceptionnel : le 27 juin 1992, l'académie des Grands Prix lui décerne le grand prix spécial 20e anniversaire du Salon international de la bande dessinée d'Angoulême. La consécration par ses pairs !

C'est donc tout naturellement lui qui, en 1996, préside les manifestations internationales du Centenaire de la bande dessinée, d'autant plus que, polyglotte accompli, il peut s'exprimer dans au moins sept langues.

Le cinquantenaire de Lucky Luke, en 1997, est célébré en France, en Belgique, en Suisse, comme en Allemagne, au Portugal et dans les pays scandinaves, par une multitude d'animations qui trouvent leur couronnement à Paris le 10 septembre 1997 : cinquante ans jour pour jour après que Morris a créé le dessin emblématique du "lonesome cow-boy" qui s'éloigne vers le soleil couchant.

Le 20 octobre 1998, le ministre français de la Culture et de la Communication nomme Morris au grade d'officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Enfin, n'oublions pas que l'appellation "neuvième art" pour désigner la bande dessinée lui revient, comme l'expression "plus vite que son ombre", aujourd'hui passée dans le langage courant.

Morris s'éteint le 17 juillet 2001, à l'âge de 77 ans.

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Bibliographie de Morris

Lucky Luke
42 tomes
Série en cours
L'Art de Morris
1 tomes
Série terminée
Lucky Luke - Intégrales
14 tomes
Série en cours
Rantanplan
18 tomes
Série en cours
Lucky Luke - Tirages Luxe
1 tomes
Série en cours
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Articles et actualités

Interviews

Lucky Luke, un jeune cow-boy de 54 ans !

Le Prophète, scénarisé par Patrick Nordman, est la nouvelle aventure de Lucky Luke qui sera en librairie le 11 mars. On y voit le célèbre cow-boy aux prises, bien sûr, avec les Dalton, mais aussi avec Dunkle, un charlatan pour qui Rantanplan se prend, naturellement, d’affection. Toujours élégant, avec une silhouette extraordinairement jeune, Morris a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions. A sa manière. Toujours laconique… ou pudique ?Je me souviens qu’un jour, vous m’avez dit que vous dessineriez tant que votre plaisir à le faire durerait.Je prends toujours le même plaisir à réaliser mes Lucky Luke. C’est un métier où on apprend jusqu’au dernier jour.Vous faites vivre Luke (pour notre plus grand bonheur) depuis 1946/47… Que ressentez-vous par rapport à une si longue histoire ?J’ai du mal à croire que je fais Lucky Luke depuis 54 ans. J’ai l’impression d’avoir commencé hier ou avant-hier.Vous souvenez-vous comment vous est venue la première idée de ce personnage ?Je ne me souviens plus ni comment ni pourquoi j’ai créé Lucky Luke. Je crois que le fait que j’aimais dessiner des chevaux y a été pour quelque chose.Lorsque vous avez écrit et dessiné Arizona 1880, en 1946, imaginiez-vous qu’il puisse connaître une telle carrière ? Aviez-vous d’autres personnages en réserve, au cas où il n’aurait pas retenu l’attention des lecteurs ?Non, je ne prévoyais pas un tel succès. Si Lucky Luke n’avait pas eu de succès, je pense que j’aurais créé une série se passant pendant la prohibition, à Chigago, avec Eliot Ness et Al Capone.A vos débuts, vous étiez très influencé par le dessin animé…Oui, à tel point que mes personnages n’avaient que quatre doigts à chaque main. Mais j’ai vite compris que cette simplification n’est acceptable qu’en dessin animé !Justement, une nouvelle série de dessins animés est en train d’être mise en chantier. On parle aussi d’un long métrage, avec Djamel dans le rôle de Joe Dalton. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?C’est trop tôt pour en parler, les contrats n’étant pas signés…Je me souviens vous avoir vu un jour avec Roba, Franquin, Will… Je pense à Peyo, René Goscinny, J.-M. Charlier, Gillain… La bande dessinée franco-belge, outre le talent et le succès, représente aussi une belle réussite sur le plan de l’amitié, non ?Certes. Il y avait dans cette bande, une camaraderie voire une amitié indéfectible, ce qui, en plus, avait un effet très positif sur notre travail.J’ai cité René Goscinny. Il a été votre scénariste le plus important. Quel souvenir vous revient immédiatement à l’esprit quand il est question de lui ?Son professionnalisme.Vous êtes un des plus grands noms de la bande dessinée. Quel est le confrère dessinateur qui vous impressionne ou qui vous a le plus impressionné ?Il y en a plusieurs. Entre autres, Uderzo, incroyablement habile. On a dit souvent qu’Uderzo était le seul dessinateur capable de faire rire un personnage vu de dos…Le monde de la bande dessinée a-t-il beaucoup changé depuis l’époque de vos débuts ?Enormément. A nos débuts, nous étions les pervertisseurs de la jeunesse que nous empêchions de lire. La bande dessinée était vilipendée.Pensez-vous qu’il soit plus facile d’accès aujourd’hui pour un jeune ?Non. Si je me présentais, aujourd’hui, chez un éditeur avec mes dessins du début, je me ferai éjecter à coups de pied…Quel conseil prioritaire donneriez-vous, justement, à un jeune auteur qui débute ?D’avoir de la ténacité sûrement. Lorsque nous n’étions pas satisfaits de nos planches, nous les recommencions.Au cours de l’été 99, la hache de guerre a été enterrée entre Lucky Productions et Dargaud qui ont constitué une filiale commune, Lucky Comics, qui devient l’éditeur de l’ensemble des fonds Lucky Luke, Rantanplan et Le Bêtisier. Les gens de chez Dargaud en sont très heureux. Je pense qu’il en va de même pour vous…Bien entendu, je m’en réjouis également. Vous savez que mon métier doit s’exercer dans la sérénité et non dans une ambiance de guerre et d’hostilité.Avez-vous une devise, une phrase ou… un dessin, susceptible de résumer ce que vous pensez de la vie ?Non. La vie est trop compliquée pour être résumée en une phrase, comme dans les questionnaires de Proust.Guy Vidal

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