Grun

Grun
Coloriste . Dessinateur

Biographie de Grun

Passionné de littérature fantastique et de science-fiction depuis ses premières lectures, Grun (Ludovic Dubois) s'est découvert une vocation de dessinateur de BD en dévorant des yeux les aventures des super héros animés par les Kirby, Romita, Buscema et autres grands auteurs de comics américains.

C'est la révélation de l'univers de Moebius qui le décide toutefois à franchir le pas. En 1991, il entre aux Beaux-Arts de Bordeaux et y suit les cours d'arts graphiques. Il en sort diplômé avec mention en 1994, puis devient le directeur artistique de deux magazines jeunesse sur la nature. Outre la mise en pages, il y conçoit des illustrations et de courtes bandes dessinées.

Ayant réussi un test d'engagement organisé par la fameuse société de production de jeux vidéo Kalisto Entertainment, Grun s'y retrouve designer de décors et de personnages en 3D. Il y admire surtout la créativité et le dynamisme des concepteurs japonais de mangas et de dessins animés. Ces expériences professionnelles confortent son envie de faire de la bande dessinée. Parallèlement à un emploi de roughman dans une agence de publicité, il participe alors au travail de l'atelier de BD «Bulles 63» qu'il a fondé avec trois copains à Clermont-Ferrand. Sa rencontre avec le scénariste Eric Corbeyran sera ensuite déterminante. Sur une histoire imaginée par celui-ci et co-écrite par Nicolas Hamm, Grun entreprend d'illustrer «La Conjuration d'Opale». En 2005, au bout de deux ans d'une superbe mise en images en couleurs directes, débute chez Dargaud une fascinante nouvelle série historico-romanesque qui impose d'emblée le nom de Grun parmi les grands du 9e Art.

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Grun : un nouveau grand

  Evidemment, les mots sont galvaudés. Et quand on a dit du dernier opus de *** qu’il était génial, incontournable et qu’il fallait se ruer chez le libraire pour l’acquérir, ça tombe mal de le répéter quand déboule une œuvre réellement géniale, incontournable, etc. Disons donc que « Le Serment », premier volume de la série « La Conjuration d’Opale », est extasiant. L’occasion de rencontrer un nouveau grand dessinateur . Pourquoi Grun et pas Ludovic Dubois, tel que vous connaît votre maman ? Il n’y a pas de raison décisive. Il sonne bien, il me plaît, c’est tout. Plus profondément, j’ai voulu bien marquer la frontière entre mes travaux précédents (pub, jeux vidéo) et la bande dessinée. Il y a pourtant plus qu’un rapport entre pub, jeux vidéo et BD ? Sans doute, mais à 34 ans, je débute dans la BD et j’ai voulu indiquer comme une nouvelle naissance. Toutefois, mon travail pour les jeux vidéo m’a décidé à travailler en couleurs directes pour « Le Serment ». Sauf qu’en BD, vous n’avez pas adopté le coloriage par ordinateur ? Non. Par rapport à l’époque (la guerre de Trente Ans), j’ai estimé que le travail à l’ordinateur faisait anachronique. C’est une question de rendu des textures, les ombres et lumières. J’ai donc opté pour l’aquarelle et les encres de couleur. Combien de temps vous prend la finition d’une planche ? Il faut compter une semaine, depuis le crayonné, le story-board, le crayonné définitif, la mise au net et en couleur. En fait, je travaille par séquences. Le scénario de Corbeyran est suffisamment riche et nerveux qu’il permet de passer d’une atmosphère de nuit à une ambiance de jour. Vous adapter à la BD historique, cela n’a pas dû être facile ? J’ai dû me faire violence ! J’étais plus attiré par la S-F. Mes influences, ce furent tout de même Moebius, Topi et même les comics US. Ici, il faut une rigueur, indispensable pour le contexte historique. Il s’agit de ne pas tomber dans l’académisme et le parascolaire. Basé sur des faits réels, le scénario de Corbeyran ouvre des fenêtres sur le fantastique. Cela correspond à une recherche très contemporaine : le goût pour l’ésotérisme, incarné ici par Nostradamus. Vous travaillez à Clermont-Ferrand. C’est à l’écart des circuits BD, non ? Tout à fait ! Mais je ne suis pas seul, puisque, originaire de Bordeaux, j’ai monté ici un atelier avec Patrick Prugnier (« L’Auberge du Bout du Monde », chez Casterman), Hyppolite (« Dracula », chez Glénat) et Laurent, qui s’est dirigé vers une BD plus régionale. Nous sommes quatre… ce qui n’empêche pas la BD de rester un boulot de solitaire. Alain De Kuyssche