François Corteggiani

François Corteggiani
Scénariste

Le site officiel de François Corteggiani
Date de naissance : 21/09/1953

Biographie de François Corteggiani

François Corteggiani est un scénariste incontournable de la bande dessinée franco-belge; il a collaboré avec des dessinateurs majeurs, dont Pierre Tranchand (dit "Pica"), Philippe Bercovici, Jean-Yves Mitton ou même Giorgio Cavazzano. Depuis la mort de Jean-Michel Charlier, en 1989, il a repris les aventures de "La jeunesse de Blueberry", qu'il nous fait encore partager aujourd'hui.

François Corteggiani est né le 21 septembre 1953 à Nice. Après quelques collaborations locales, il monte à Paris en 1972. Il y réalise des travaux publicitaires et quelques dessins dans divers journaux avant de débuter vraiment dans une petite maison d'édition lyonnaise, la SEPP, pour laquelle il livre un peu plus de 1 000 planches en deux ans.

Après un passage éclair chez ‘Spirou', il entre au journal ‘Pif Gadget', dans lequel il anime le personnage de Pif, d'abord en dessinant ses aventures puis en les scénarisant – ce vers quoi le poussait depuis longtemps Christian Godard. Il crée aussi la série "Pastis" et en imagine deux autres : "Marine" et "Smith et Wesson", avec Tranchand au dessin.

Depuis 1982, il travaille pour Walt Disney Company en France, en Italie, aux Pays-Bas, au Danemark et aux États-Unis, ainsi que pour ‘Le Journal de Mickey'. Dans ce dernier, il anime – avec Tranchand, encore ! – les gags de "L'école Abracadabra" et de "Monster Motel".

Dès 1996, Il termine la série "Tatiana K" (Dargaud), série dont le premier dessinateur était Félix Meynet.

À la disparition de Jean Michel Charlier, en 1989, c'est lui qui reprend "La jeunesse de Blueberry", dessinée d'abord par Colin Wilson, puis par Michel Blanc-Dumont.

Alors qu'il poursuit son travail sur différentes séries avec plusieurs dessinateurs, comme Sébastien Verdier, Dominique Cébe ou Yves Rodier, il se voit confier en 2004 la rédaction en chef du nouveau ‘Pif Gadget'. Cette nouvelle aventure s'achève en 2008.

François Corteggiani retrouve Emanuele Barison en 2014, avec la publication du magnifique one shot "Orféa" (Dargaud).

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Bibliographie de François Corteggiani

Tatiana K. - Intégrale
1 tomes
Série en cours
Tatiana K.
3 tomes
Série en cours
Jeunesse de Blueberry (La)
21 tomes
Série en cours
Orféa
1 tomes
Série terminée
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Articles et actualités

Interviews

Corteggiani un hercule chez pif !

Comme vous n'avez surement pas manqué de le noter, Pif est revenu en kiosque cet été, bardé de son légendaire gadget. Nouvel éditeur, nouvelle périodicité et nouvelle équipe. S'agissait-il d'un coup médiatique aux accents de nostalgie ou d'un retour durable porté par un vrai désir de réveiller la presse BD enfantine ? Autant de questions que nous avons posées à François Corteggiani, scénariste colosse et néanmoins rédacteur en chef de la partie BD… Vous relancez Pif Gadget alors que le titre avait disparu il y a une quinzaine d'années. Vous pensez que la conjoncture est plus favorable aujourd'hui ? Pif avait cessé de paraître pour des questions de management et non pour des problèmes de lectorat. Je pense que le journal aurait largement pu continuer à l'époque, au moins en attendant que la société Vaillant soit rachetée. J'ignore si l'époque est propice à Pif, à J'AIME LA BD ou à CAPSULE COSMIQUE le nouveau magazine que va publier Milan mais si l'on ne fait jamais rien, on ne peut jamais rien savoir. Pour ce qui est du nouveau Pif, je précise que cela n'a plus rien à voir avec l'ancienne formule dans la mesure où c'est un mensuel et non plus un hebdo. Cela vous paraissait impensable ? Relancer un hebdo aujourd'hui, cela semble très difficile. Ceux qui sont là, comme Mickey ou Spirou, continuent sur leur lancée. Un hebdomadaire requiert une infrastructure et un coût infiniment plus lourds à supporter pour un éditeur. L'aventure mensuelle est donc la solution la plus raisonnable. Pourquoi revenir à tout prix vers un titre qui a eu son heure de gloire mais qui appartient au passé ? Parce que Pif Gadget est un journal mythique, voilà tout. Quand Patrick Apel-Muller a vu sortir le numéro exceptionnel de Pilote l'année dernière, il s'est dit qu'il serait sympa de refaire un Pif Gadget. Au départ, ce n'était qu'une idée « pour s'amuser » et puis, les échos étaient tellement favorables que c'est devenu un véritable projet de relance durable du journal. Comment imaginez-vous les nouveaux lecteurs de Pif ? Je ne me les imagine pas particuliérement à part peut-être certains nostalgiques du dos carré. Ce que je m'efforce de faire depuis qu'on m'a proposé ce rôle, c'est de publier des bandes dessinées qu'on ne voit pas ailleurs. Je ne veux pas d'un journal formaté où l'on a l'impression de lire toujours la même histoire de la première à la dernière page. J'essaye d'offrir des genres variés, le tout en histoires complètes, ce qui est sans doute le pari le plus difficile à tenir de nos jours en BD. C'était déjà la particularité de Pif à l'époque. Vous ressortez de leur retraite des héros qui ont fait la gloire du journal, seriez-vous donc nostalgique ? Pas du tout. Nous allons publier environ 15 % de réimpressions d'anciennes séries comme « Loup Noir » de Kline et Jean Ollivier, et probablement Rahan. Ainsi que Pifou ou Placid et Muzo. Il y a aussi des retours de personnages anciens mais réactualisés comme Docteur Justice, la Jungle en folie ou Pif lui-même. Le reste, c'est de la création sans aucune référence avec le passé. Je reçois énormément de projets, environ une quinzaine par semaine, émanant de jeunes mais aussi de quelques anciens. Les auteurs mythiques de Pif relatent tous qu'ils ont beaucoup souffert de l'absence de politique d'albums des éditions Vaillant à la grande époque. Avez-vous des projets en ce sens ? Vaillant était surtout une maison de presse, l'édition n'était pas leur spécialité. Quant à nous, nous avons en projet de publier des albums mais nous n'en sommes qu'au deuxième numéro, il faut d'abord accumuler du matériel dans le journal avant de penser bouquins… Vous êtes satisfaits des premières réactions ? Nous avons vendu pour le moment environ 360 000 exemplaires du premier numéro mais nous restons conscients que ces ventes ont bénéficiées de l'effet d'annonce du « retour » de Pif. Le deuxième numéro sera tiré à 400 000 exemplaires. C'est énorme, bien entendu et il faudra attendre un peu avant de se faire une idée durable sur l'impact commercial du journal. Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à cette aventure ? Je m'amuse assez, c'est la vérité. Travailler avec des gens comme l'oncle HERLE, IVARS, TARRIN, CHICO, LES TOTOS BROTHERS, Madame FLORENCE, MATHILDE et tous les autres, c'est un véritable bonheur qui durera le temps qu'il durera. C'est un journal pour lequel j'ai énormément travaillé à mes débuts et qui a permis à beaucoup d'auteurs reconnus aujourd'hui de réaliser leurs premières armes. J'espère que les jeunes que nous publierons auront la même chance. Et puis, je suis tout simplement heureux que Pif reprenne sa place dans le paysage de la presse BD. C & BPY

Interviews

Blueberry, plus jeune que jamais !

  Imaginé par Jean-Michel Charlier et Jean Giraud en 1963, le personnage de Blueberry est devenu l'un des fleurons de la bande dessinée franco-belge. Trois cycles parallèles - Marshal, Lieutenant Blueberry et La Jeunesse de Blueberry - sont aujourd'hui proposés avec, pour le dernier, la nouveauté très attendue, signée Blanc-Dumont et Corteggiani. Michel, vous venez de terminer la dernière planche. Premières impressions, à chaud ? MBD : C'est même encore brûlant ! D'autant que les couleurs ne sont pas encore bouclées. J'ai encore la tête dans le guidon. Même après bientôt trente ans, je ne me fais toujours pas à l'idée d'arriver au bout d'un bouquin. C'est un des grands mystères de ce métier, alors même qu'on en a ras le bol, qu'on n'en voit pas le bout, on a hâte de replonger dans le suivant. Et puis Blueberry, ça n'est pas facile. C'est un boulot énorme. Et vous, François, c'est votre 6e scénario de Blueberry. Vous commencez à vous sentir chez vous dans la série ? FC : On peut même dire sept, si l'on compte l'histoire que j'ai dû terminer à la mort de Jean-Michel Charlier. Puisque ce n'est pas l'adaptation d'une histoire déjà existante, forcément je finis par me l'approprier un peu. Il y a toujours des personnages auxquels je m'attache, des directions qui me séduisent plus… Je fais ce qui me plaît en m'efforçant de rester le plus respectueux possible. Gardien du temple ? FC : tout à fait. Pourquoi vouloir à tout prix être iconoclaste, brûler ce qui a été fait… A l'époque de votre premier Blueberry vous disiez que votre souci était surtout de vous approprier le personnage. Après trois albums, la greffe a pris ? MBD : Je n'y pense plus. C'est incroyable de voir combien on arrive à rentrer dans un univers étranger de façon toute naturelle. Et puis le travail avec François est tellement agréable. Comment vous y prenez-vous au moment d'entamer une nouvelle histoire ? FC : Comme pour les autres séries, avec beaucoup de circonspection. Les envies graphiques de Michel me guident également, mais dans cet album par exemple, c'est moins angoissant car nous sommes en plein dans un cycle ; on sait où on va. Dernièrement j'ai fait une erreur de date que j'ai pu rattraper à temps grâce à un bouquin trouvé par hasard et que je ne connaissais pas. Mais cette erreur m'a donné l'idée d'une autre histoire. C'est en constante évolution. La jeunesse n'est pourtant pas une série historique. FC : Oui je suis d'accord, mais il y a toujours des types pour vous écrire que vous avez oublié tel détail ou fait telle erreur de date… Déjà Jean-Michel prenait parfois de grandes libertés avec la réalité historique et c'est le souffle de l'aventure qui finit par tout emporter. Mais je tiens quand même à une certaine précision historique pour aborder la fiction. Michel, avez-vous l'impression d'orienter la série par vos envies ? MBD : C'est évident. Dans le précédent, je voulais vraiment dessiner des troupeaux de vaches et des vrais cow-boys. C'est d'ailleurs amusant de mettre ça dans une histoire de cette époque-là. Pour cet album, il y a très longtemps que je voulais dessiner des trains. Ça me démangeait, c'est vraiment un très beau truc. François me renvoie la balle de façon délicieuse. Mais je n'ai pas de vision à long terme de la série, c'est plutôt le domaine de François. Il fait un quasi-travail de voltigeur au milieu de toutes ces pistes lancées. Moi j'interviens plus au niveau des univers, des ambiances et des envies graphiques… J'ai hâte par exemple de réaliser cette fameuse histoire située dans les bayous… Je viens de voir aussi ce film vraiment magnifique sur les régiments noirs, Glory, ça donne des directions, il y a sûrement quelque chose à faire dans cet esprit-là. Dernier Train pour Washington clos le cycle entamé tous les deux ? FC : Non ! Il ne s'achèvera qu'au suivant, Il faut tuer Lincoln. Avec Michel, j'ai trouvé d'autres directions en cours d'histoire qui nous ont amenés à étoffer le récit. Vous êtes prisonnier du rebondissement incessant propre à l'écriture feuilletonesque de Charlier ? FC : Pas du tout, Jean-Michel disait que ce n'était pas des ficelles sur lesquelles il tirait mais sur des câbles ! On est un peu dans le même cas. Je trouve cela très amusant. C'est le jeu. Avec Michel, nous n'avons pas envie de traiter La Jeunesse de Blueberry à la manière de La Guerre des tranchées de Tardi. Son propos est différent, adulte et réaliste. Tout le monde sait que la guerre de Sécession a été, toutes proportions gardées, tout aussi dramatique que la Première Guerre mondiale, mais ce n'est pas l'objet de notre travail. Nous voulons rester dans le feuilleton et, d'une certaine façon, fuir la réalité ou jouer avec, à travers ses miroirs déformants. On sent chez vous un plaisir évident à travailler ensemble. FC : On s'entend vraiment très bien. Nous savons tous les deux que nous travaillons sur quelque chose qui ne nous appartient pas mais on se l'approprie quand même. On essaie d'apporter notre pierre au mythe qu'est Blueberry. Le plaisir est plus intense. MBD : François est déjà un mec très sympa et puis aussi un grand pro. Tout est au service du dessinateur. C'est équilibré, parfaitement composé, c'est un très bon guide. En même temps, je sens qu'il ne veut rien m'imposer. C'est vraiment très agréable. Sa manière de crobarder les scénarios ne vous gêne pas ? MBD : Pas du tout. Au début j'aurais pu le penser. Et, si sa vision ne me plaît pas, je suis libre de composer mon image autrement. Il le fait dans un style un peu cartoon, tellement différent du mien que cela ne peut pas se télescoper. Ce qui est drôle, malgré ce style cartoon, c'est que sa façon de composer est extrêmement réaliste. Ce n'est pas de la caricature : les angles, les points de vue, le cadrage, les perspectives, tout cela est très réaliste. C'est comme au cinéma, ça m'est très utile. Comment vous, scénariste de La Jeunesse, recevez-vous les nouveaux albums de la série traditionnelle ? Y a-t-il des interactions entre vous ? FC : Il ne peut pas y avoir d'interactions entre les histoires puisque nous avons un cadre très strict limité à la guerre de Sécession. Mais la parution des deux séries permet d'être souvent présent en librairie, ce qui n'est pas pour déplaire à notre cher éditeur. Blueberry implique quand même, dans la conception de ses créateurs, une dimension biographique. FC : Bien sûr, nous respectons totalement sa biographie telle qu'elle a été énoncée dans Ballade pour un cercueil, dans le laps de temps qui nous a été accordé, c'est-à-dire les années de guerre. Cela dit, rien ne nous empêche de sortir du cadre de la guerre, à partir du moment où nous restons dans ces années. On pourrait tout à fait parler, par exemple, des régiments cheyennes ou situer une histoire en Louisiane comme on en a le projet Michel et moi. Vous imaginez un jour reconnecter La Jeunesse avec Fort Navajo ? FC : C'est inévitable puisque, à force de dérouler les dates, nous finirons par arriver au bout de la guerre de Sécession. Cela dit, on peut aussi s'autoriser un retour dans le temps. Pour l'instant nous nous en tenons à la chronologie, c'est-à-dire, grosso modo, de la campagne de Sheridan d'un côté et de l'avancée de Sherman de l'autre. Vous avez apporté une petite touche d'humour dans les derniers albums. FC : Vous voulez sans doute faire allusion à l'apparition de Scarlett O'Hara et Rett Butler ou encore des Tuniques bleues dans le dernier album ? Il s'agit juste de clins d'œil. La présence de Blutch et Chesterfield est un salut à Raoul Cauvin. On attend maintenant qu'il nous renvoie l'ascenseur… Déjà avec Colin Wilson, nous avions fait allusion au mécano de la générale et à Buster Keaton ! Mais il n'y a rien de systématique. Jean-Michel Charlier mettait également de l'humour dans Blueberry, mais d'une autre manière. Les Indiens ne vous manquent pas, Michel ? MBD : Je me suis fait une raison. Mais je ne lâche quand même pas l'affaire. Nous avons là aussi une piste avec les Indiens Cheroquee, dont beaucoup d'entre eux étaient éclaireurs. Avec tout ce que nous avons imaginé, nous avons de la matière pour 7 ou 8 albums au moins. Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à animer la jolie Eleonor Mitchell ? FC : On avait très envie de créer une jolie espionne, façon Milady de Winter. C'est notre Lady X à nous. Une vilaine mignonne si vous voulez ! On n'a pas résisté à l'envie de la mettre en couverture cette fois-ci. Vous créez progressivement un petit univers autour de notre jeune lieutenant. FC : Oui, il faut dire que nous ne pouvons bénéficier ni de la présence de Mac Clure, Red Neck ou Pearl. Alors on a créé Bowman, Grayson et Homer, parce qu'il fallait bien lui trouver des ennemis et aussi des potes pour jouer aux cartes et fumer de gros cigares, ce qu'il ne fait pas encore. J'aimerai d'ailleurs bien que Michel dessine Blueberry un peu plus négligé, mal rasé. On est en pleine guerre que diable ! MBD : Il est trop jeune et n'a pas encore de poils au menton ! Bien qu'en regardant mon fils de 17 ans, je me dis qu'il est peut-être temps de lui en coller quelques-uns au prochain album, c'est promis ! Le problème vient aussi de l'encrage qui a tendance à durcir les traits. Blueberry jeune est très difficile à dessiner. Je lui laisse ainsi un peu de sa jeunesse. Vous dessinez maintenant sur quatre bandes. C'est un gros changement après tout l'espace dont vous disposiez dans Cartland ? MBD : Disons que j'ai eu la chance de pouvoir dessiner sur trois bandes avant… Aujourd'hui, en contrepartie, j'ai beaucoup plus d'action à dessiner et cela me plaît bien. Mais c'est le jeu de la série. Les lecteurs attendent du mouvement, du rythme, on ne peut pas les décevoir ; c'est comme une complicité avec eux. Blueberry doit prochainement retourner sur les traces de sa mère. Est-ce prochain cycle ? FC : On ne sait pas encore, pour l'instant c'est juste une idée comme ça. Michel a très envie de dessiner la Louisiane mais c'est peut-être encore un peu tôt. L'épisode que nous entamerons après ce cycle s'intitulera Le Boucher de Cincinnati. Après on verra. Il faudrait faire des repérages sur place et on attend que notre éditeur nous y envoie… Vous venez juste de recevoir les dernières planches du nouvel album. Quel effet ça fait ? FC : C'est toujours un plaisir immense. Il faut dire que mes pages sont écrites depuis six mois parfois. C'est une découverte à chaque fois. Je vous recommande par exemple la dernière page de l'album, qui est une image unique… Magnifique ! Christelle Favre & Bertrand Pissavy Yvernault

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