Convard

Convard
Coloriste . Scénariste

Biographie de Convard

Né le 16 janvier 1950 à Paris. Etudes secondaires et techniques, Ecole d'arts appliqués graphiques. Professeur de publicité de 1969 à 1973. Dès 1980, collabore avec l'équipe du journal Tintin.

Principale séries : succède à Francis Bourgeon sur Brunelle et Colin, scénarisée par Génin (5 albums, 1982-1988, Glénat). Scénarise Neige (10 albums, 87-99, Glénat), Finkel (5 albums,1994-1998, Delcourt) pour Gine, Polka (3 albums, 1995-1998, Dargaud), Les Aventures de Toussaint (4 albums, 1990-1999, Glénat) pour Dermaut puis Savey, Le Dernier Chapitre (4 albums, 1998-1999, Dargaud) pour Juillard. Réalise seul Les Héritiers du Soleil (5 albums, 1986-1991, Glénat), Chats (4 albums,1992-1998, Dargaud), Edinalta (2 albums, 1995-1997, Dargaud).

Signes particuliers hors travail : Pratique (dans le désordre) l'aquarelle, le tennis, la cuisine, la dégustation d'un bon cigare (Hoyo de Monterrey), la lecture, le cinéma, la sieste...

Indiscrétions : Se fait appeler Jason Greenlodge pour signer certains articles dans la presse.

Déteste : Tout mouvement de foule quel qu'il soit, toute pensée unique, les voyages organisés, les photos de vacances, les vacances, les plages de sable, la vase, les squares l'hiver (sauf quand il neige), les réveillons...

Adore : Le temps partagé avec sa famille ou des amis, un feu dans la cheminée, un verre de Single Malt (Cardhu), une odeur de pavé mouillé, rire, jouer...

Auteurs préférés : Alexandre Dumas, Claude Seignolles, Schwaller de Lubics, Pierre Louys, Maurice Leblanc...

Devise préférée : " Ceci est une autre histoire... "

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Convard
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Bibliographie de Convard

Blake & Mortimer
33 tomes
Série en cours
Dernier chapitre (Le) - Intégrale
1 tomes
Série terminée
Autour de Blake & Mortimer
7 tomes
Série en cours
Toute la bibliographie

Articles et actualités

Interviews

Convard, gentleman de l’écriture

A 50 ans, Didier Convard a tout de l’hyper-actif. Une énergie qui se concrétise par de multiples activités dont, depuis peu, celle de directeur de collection chez Glénat. Trois albums font l’actualité de ce auteur complet : Neige (avec Gine), Le Triangle secret chez Glénat et Chats chez Dargaud. Et ce n’est pas fini.La nouveauté Neige est parut en fin d’année. Une série à succès qui pourrait aboutir à un projet de film ? Info ou intox ?Info ! Je travaille sur l’écriture pour cette adaptation, avec un co-scénariste, Nicolas Cambois. Nous avons une date butoir mais, avant que la réalisation ne commence, il peut s’écouler beaucoup de temps. Neige au cinéma signifie un gros budget, ce n’est pas simple.Jusqu’où ira la série Neige ? N’avez-vous pas peur d’avoir fait le tour du sujet ?Question qu’on se pose nécessairement surtout quand on arrive à une dizaine d’albums. Mais, à part les deux précédents titres qui auraient sans doute pu faire l’objet d’un seul volume, le rythme est bon. Je sais où je vais et, à partir du T. 12, chaque titre formera une histoire complète. C’est le principal changement. Avec le même dessinateur (Gine), vous avez lancé Finkel chez Delcourt. On sent là encore votre attachement à certains thèmes récurrents...J’ai quelques obsessions qui me tracassent fortement (rires) ! L’écologie, la survie, l’avenir de l’humanité, le syndrome de la maladie et de l’épidémie, oui, tous ces thèmes reviennent dans mes scénarios, je ne peux pas dire le contraire. Avec Finkel, nous investissons un monde un peu plus onirique. Ça me permet de synthétiser ces grandes angoisses, de les traiter presque comme si c’était un long poème. Il y a moins de noirceur que dans Neige, si j’ose dire ! Finkel s’apparente plus à de l’heroïc-fantasy.Le Triangle secret est un concept très ambitieux dans sa forme (plusieurs dessinateurs, rythme de parution régulier) mais aussi dans le fond avec un sujet qui cristallise les passions. N’aviez vous pas peur de vous lancer dans un tel projet ?Si, bien sûr, ce sujet n’avait jamais vraiment été traité dans la bande dessinée. Les protagonistes sont francs-maçons dans une histoire où l’on évoque un complot dans lequel sont concernées la franc-maçonnerie et l’église, chacun n’ayant pas un rôle aussi clair que ça. Au départ j’avais écrit un roman sur ce sujet et puis, au cours d’un dîner avec Jacques Glénat, nous commençons à parler de cela. Jacques m’a proposé que je lui envoie ce roman inachevé. C’est ce que j’ai fait et, trois jours plus tard, il m’appelle : " Je l’édite ! ". On en rediscute, il admet que, n’étant pas un éditeur de roman, il ne sait pas encore comment exploiter ce texte si ce n’est, bien sûr, sous forme d’une adaptation en bande dessinée. C’est comme ça que tout est parti ! Comme ce scénario évoque près de 2.000 d’Histoire basée sur une énigme, il nous fallait réunir plusieurs dessinateurs capables d’intervenir sur un morceau précis de l’histoire. On a réuni toute une équipe avec un dessinateur qui s’occupe de la partie contemporaine - Denis Falque -, les autres traitant leur époque préférée. Stalner, Chaillet, Kraehn, Gine, Jusseaume, ont tous participé, y compris Juillard qui signe les couvertures. Il y aura 7 albums au total qui se déroulent essentiellement sur trois niveaux, de l’époque du Christ jusqu’à nos jours. Pas moins ! Je ne fais pas oeuvre d’historien, je revisite l’histoire à ma façon. Il n’y a pas les méchants d’un côté, les gentils de l’autre, ce n’est pas manichéen. Chacun défend ses intérêts au nom d’un ordre, " leur " ordre établi. Je ne réagis pas en tant qu’inquisiteur, j’aurais même plutôt un propos humaniste." J’ai imaginé cette histoire comme une équation mathématique "Ce que vous précisez à la fin de l’album...Oui, c’était important de préciser qu’il s’agissait d’une fiction. Et les réactions sont en général positives, seule la presse d’extrême droite a cru bon descendre Le Triangle secret... En tout cas je n’ai jamais autant reçu de lettres de lecteurs !Pouvez-vous nous en dire plus sur vos nouvelles responsabilités chez Glénat ?C’est directement lié à l’aventure du Triangle secret. Face au succès et à l’intérêt qu’a suscité cette série, Jacques Glénat m’a proposé de devenir directeur d’une collection sur le thème de l’ésotérisme. Petite collection dont les premiers titres devraient sortir en 2002.Avec au programme ?Des albums signés Cabanes, Siro - comme scénariste - , Gine, Chaillet, Savey...Le nouveau Chats paraît en janvier. Ils s’étaient faits attendre ! Pourquoi ?Mea culpa. Mais j’ai une bonne excuse : au moment où je commençais Chats, Didier Christmann m’a proposé de rejoindre la nouvelle " équipe " qui travaillait sur Blake & Mortimer, c’est à dire celle composée d’Yves Sente pour le scénario et André Juillard pour le dessin. J’ai hérité de la mise en couleur qui m’a pris un temps considérable. Il fallait respecter l’esprit Jacobs et, en même temps, être dans un ton actuel. Un an de travail, mais quel plaisir de mettre en couleur les dessins de l’ami André !Il faut préciser que Chats est la seule série que vous dessinez.Oui, ce qui signifie pas mal de temps à fignoler le dessin. Et comme je n’aime pas faire les choses à moitié - appelez ça le respect du lecteur si vous voulez ! - ,ça m’a pris du temps. " Honnêtement, si je ne pouvais plus faire qu’une seule chose, j’écrirais. "Ce nouvel épisode s’attaque à un thème (le voyage dans le temps) souvent jugé " casse gueule ".De nombreux auteurs se sont penchés sur ce thème, parfois avec grand talent. Mais sur ce type de sujet, on peut vite rater son coup et c’est catastrophique parce que ça ne tient pas la route et c’est sans intérêt. Les pièges sont nombreux, j’ai imaginé cette histoire comme une équation mathématique. De sorte que ça tienne la route, en tout cas je l’espère ! Quand demain sera hier est aussi une réflexion sur la mort, à travers mes deux chats, Traîne-Patte et Saute-Lune. Si on regarde bien cette histoire, on peut également concevoir qu’il s’agit d’un rêve. Vérifiez bien, au début, il y a cette possibilité, quand Traîne-Patte fume son fameux tabac-rêve dans le bivouac...Ici les chats humanoïdes s’entre-tuent, répétant les erreurs des hommes...Oui, les Chats commettent les mêmes erreurs, mais à cause d’une invention humaine, cette machine à voyager dans le temps. Et puis les chats tombent dans ces errances car ils se sentent vulnérables face à cette machine qu’ils ne comprennent pas. Les uns sont tentés de la protéger, les autres de la détruire, d’où cet équilibre remis en question. Tout cela à cause d’un acte sacrilège de la part des hommes...Des sujets que vous abordez dans une autre de vos séries, Polka.Exactement, chaque album de Polka, dessiné par Siro, aborde un thème fondamental qui montre une dérive grave de la part des hommes, le tout dans un futur proche.Coloriste, scénariste, dessinateur, directeur de collection... De toutes vos activités, laquelle vous procure le plus de plaisir ?Si je fais tout ça c’est que j’ai envie de le faire ! J’ai sans doute un côté schizophrène ! Honnêtement, si je ne pouvais plus faire qu’une seule chose, j’écrirais. Eric Gauvain

Interviews

Et si nos héros avaient vieilli ?

Les grands héros de BD, nos amis de toujours, phares de notre enfance, propagateurs de nos premières joies, initiateurs de nos rêves, sont plus que jamais présents. Et pourtant, si nos chers héros avaient vieilli ? Didier Convard et André Juillard ont ainsi imaginé des héros de BD au crépuscule de leur vie. C’est le thème de cette nouvelle collection, “Le Dernier chapitre”, présentée par ses auteurs.Comment est parti ce projet un peu fou ?Un jour où nous étions tristes, Didier Christmann et moi, nous devisions sur l’âge, le temps qui passe. J’eus quelques jours après l’idée de dessiner notre héros favori, Tintin, vieux, assis, regardant la photo souvenir de Milou. J’avais déjà pensé au fait que des héros pouvaient vieillir avec nous… Didier Christmann, à qui j’ai envoyé mon dessin, m’a rappelé aussitôt après l’avoir reçu en me proposant, très enthousiaste, de créer une collection chez Dargaud sur des héros de BD mythiques au crépuscule de leur vie. Nous étions fous de joie à cette idée et, pour illustrer le projet, nous avons immédiatement pensé à André Juillard, que nous savions très occupé mais qui a dit oui sans réserve.Une collection para-BD, c’est plutôt rare, non ?Quand des héros comme Blake & Mortimer ou Barbe Rouge sont déjà mythiques, il devient tentant de les faire sortir de leurs cases. On a aussi envie de leur donner notre émotion. Mais est-ce du para-BD ou du roman ? Je pense qu’il s’agit ici plutôt de livres d’images. “Le Dernier chapitre” est une collection qui correspond aussi à un type de livres que nous aimons, André et moi : ces livres que nous lisions autrefois, avec ces grandes images à droite accompagnées d’un texte à gauche.Quelle a été votre principale motivation ?Deux choses m’ont véritablement motivé. La première c’était de travailler avec André. Nous nous connaissons depuis longtemps, nous avons collaboré aux mêmes journaux, nous avons travaillé à la même table pendant des années… C’est un vrai travail d’amitié. D’autre part la nostalgie qu’engendrent ces héros de BD a été une source de motivation supplémentaire. Le temps a passé pour les héros, pour les auteurs aussi ! J’ai tenté de retrouver cette émotion, cette pointe de nostalgie en restituant cette joie de vivre que l’on trouvait dans ces séries. Amitié, souvenir et tendresse, quoi !Ces livres sont-ils d’authentiques hommages ?C’est évident. Nous rendons hommage à de grands auteurs – qui ont fait ce que l’on est devenus, André et moi. A la limite on commence dans l’ordre en prenant nos “grands-pères” (Jacobs, Peyo, Forton), nos tontons (Charlier, Hubinon) puis nos grands frères (Mézières, Giraud, etc.).Quel est l’apport évident d’André Juillard dans cette collection ?André ne se contente pas d’illustrer, de faire du beau dessin. Ses dessins racontent. Ils racontent ce que j’écris bien sûr mais en rajoutant toujours quelque chose. C’est cette poésie qui m’impressionne dans son dessin. Regardez bien le livre sur Barbe-Rouge, par exemple : les illustrations d’André sont silencieuses mais racontent déjà une histoire. Dans le livre sur Blake & Mortimer il a surtout réussi à rajouter une pointe de nostalgie. Un jour, André m’avait fait un compliment dans une interview en me qualifiant de “romantique”. Il en est un autre ! C’est quelqu’un de sincère, franc, honnête. Il a en plus ce talent évident grâce à son éternelle curiosité, en gardant cet œil de “jeune dessinateur”. Il ne se contente pas de “faire du Juillard”.D’autres le font pour lui…Oui… Lui continue de faire plus que du Juillard !Combien de titres sont prévus et quels sont les personnages que vous allez ainsi faire vieillir ?Huit titres sont prévus dont Johan & Pirlouit, Valérian & Laureline, Blueberry et, peut-être, Les Pieds nickelés.Pas de Tintin & Haddock ?Je l’ai rédigé. J’ai même le titre : L’Ombre d’or. Mais, problème, jusqu’à présent on nous a refusé l’autorisation. J’espère que lorsque la Fondation Hergé aura compris qu’il s’agit bien d’un hommage et non d’une parodie, nous pourrons le publier.Cette collection va faire du bruit : comment la percevez-vous ?Je souhaite que “Le Dernier chapitre” s’étende au-delà des simples lecteurs de bande dessinée. Encore une fois il s’agit d’hommages à des séries que nous aimons. J’espère que les lecteurs auront ce même bonheur à lire que nous avons eu à réaliser ces séries. Nous sommes à la fin janvier et, déjà, j’ai eu l’occasion d’écouter une émission de Laurent Ruquier sur France Inter qui, ayant appris que nous allions vieillir des héros de BD, a décliné l’idée à la radio !Et Chats ?Ça y est, le quatrième tome paraît en mars ! Je n’ai pas envie d’attendre trois ans pour la suite, j’ai vraiment l’espoir de sortir ce cinquième titre rapidement. Je sais, à travers les dédicaces, que Chats est bien accueilli mais je sais aussi qu’une série sans nouveauté est une série qui s’endort.La devise de Didier Convard ?Espérer le matin quand on se lève, ne jamais désespérer quand on se couche !FLB

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