Cava

Cava
Scénariste

Biographie de Cava

Felipe Hernández Cava est né à Madrid en 1953. Après l'obtention d'une licence d'histoire de l'art à l'université autonome de Madrid, il effectue ses débuts professionnels d'auteur de bande dessinée dans le journal ‘Pueblo' en 1970.

En 1972, il fonde, avec Saturio Alonso et Pedro Arjona, l´équipe El Cubri, pionnière de la bande dessinée politique dans l´Espagne de la dictature. Le premier livre qu'ils publient s'intitule "El que parte y reparte" et sort en 1975, quelques mois avant la mort de Franco.

Cava a travaillé avec plusieurs générations de dessinateurs : García Pizarro, Enrique Pérez, Martín Salvador, Rafael Ramos, Aguilar, Luis García ("La Mort de l´Indien", 1980, Dargaud ; "Argelia"), Marika, Adolfo Usero et Asun Balzola.

Avec le dessinateur Federico del Barrio, il est l'auteur de la trilogie "Les Mémoires d´Amoros" (2000-2004, Amok puis Frémok), de "Lope de Aguirre. La conjura" et de "L´Artefact pervers". Ce dernier obtient les prix de la meilleure oeuvre et du meilleur scénario au Salon de la BD de Barcelone en 1997.

Cava a aussi travaillé avec Raúl Víctor de la Fuente, Enrique Breccia ou encore Ricard Castells ("Lope de Aguirre. L´expiation", Frémok), prix de la meilleure oeuvre et du meilleur scénario au Salon de la BD de Barcelone en 1999).

Scénariste de l'album "Les Serpents aveugles" (2008, Dargaud), dessiné par Bartolomé Seguí, il écrit ensuite "Soy mi sueño" (2008, éditions de Ponent), avec Pablo Auladell, et "El Hombre descuadernado" (2009, éditions de Ponent), avec Sanyú, un album consacré au procès pour folie intenté à l'écrivain Guy de Maupassant.

En 2009, lors du Salon de la bande dessinée de Barcelone, l'album "Les Serpents aveugles" (2008, Dargaud) gagne les prix de la meilleure oeuvre et du meilleur scénario. Cet album est également récompensé par le prix de la critique et le prix national de la bande dessinée du ministère espagnol de la Culture. Felipe Cava poursuit sa collaboration avec Bartolomé Seguí, avec "Les Mains obscures de l'oubli" (2014, Dargaud) et "Les racines du chaos" (2015, Dargaud).

Felipe Hernández Cava est aussi scénariste de sitcoms pour la télévision, auteur de documentaires et concepteur de programmes de spectacles. Également scénariste pour le cinéma, il est l'auteur de "Las Locuras de Don Quijote", dirigé en 2006 par Rafael Alcázar. Il est aussi critique de littérature, de bande dessinée et de culture populaire pour la presse (‘El Mundo‘ et ‘Letra internacional') et critique d´art pour les publications du groupe Exit (Exit, Exitbook et Exitexpress), qui l'accueille au sein de son conseil éditorial. Commissaire d´expositions de peinture et de bande dessinée, il écrit régulièrement des textes pour des catalogues d´artistes.

Il a enseigné l'art du scénario à l´école Juan de Antxieta de Bilbao, a été professeur de cinéma et de culture espagnole à l´université de New York à Madrid et d'"humanités" à l'université d'Alcalá de Henares.

Créateur et directeur artistique du magazine ‘Madriz', dont le rôle dans le renouveau de la BD espagnole a été essentiel, il a aussi été codirecteur des magazines ‘Medios revueltos‘ et ‘El Ojo clínico‘.

En collaboration avec Federico del Barrio, il signe un strip quotidien (sous le pseudonyme de Caín) dans le journal ‘La Razón', récompensé par le prix Villa de Madrid de la mairie de Madrid décerné au meilleur dessinateur de presse.

L'album "11-M. Once miradas" (2005, éditions de Ponent), un travail collectif consacré aux attentats de 2004 à Madrid, fut récompensé à Lucca en 2005 pour sa "contribution a élargir les possibilités narratives" de la bande dessinée.

Cava collabore régulièrement avec la maison d'édition Circulo de Lectores-Random House Mondadori en tant qu'éditeur d'anthologies de dessins d'humour. On lui doit, enfin, la création des journées Memorias dibujadas organisées par la mairie de Guadalajara.

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Bibliographie de Cava

Racines du chaos (Les) - Intégrale
1 tomes
Série terminée
Racines du Chaos (Les)
2 tomes
Série en cours
Serpents aveugles (Les)
1 tomes
Série terminée
Mains obscures de l'oubli (Les)
1 tomes
Série terminée
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Articles et actualités

Sélection officielle Angoulême 2012 Actualités

Les Racines du Chaos T1

Les Racines du Chaos - Lux - T1Résumé : Mars 1953. Alexander marche dans les rues de Londres. À sa main, une sacoche contenant la bombe qu'il va jeter sur le maréchal Tito, lequel effectue une visite controversée en Grande-Bretagne. L'histoire d'Alexandre commence quelque mois plus tôt, quand sa mère, renversée par une voiture, est tuée sur le coup. Décidé à comprendre comment, alors qu'elle était internée dans une institution pour vieilles personnes perdant la tête, elle a pu se retrouver si loin de chez elle, Alexander est pris dans un engrenage terrible qui le voit aux prises avec les services secrets britanniques et des royalistes serbes, un engrenage qui le pousse à se rendre sur l'île de Majorque pour, finalement, se retrouver quelques mois plus tard sur les quais de la Tamise, une bombe à la main...L'avis des journalistes : Manuel Picaud - Auracan "Ce diptyque dense et très bien écrit intrigue dès son entrée en matière. Une fois commencé, il est difficile de ne pas succomber à cette enquête troublante au cœur de la géopolitique des années 50 et des conflits internes de la Yougoslavie. Le scénariste espagnol renommé prend le temps de tisser sa toile et fait monter la pression dont il faudra évidemment attendre le dénouement dans le second tome. Il est à nouveau associé – comme dans Les Serpents aveugles (Dargaud, collection Long courrier) – au dessinateur Bartolomé Segui originaire de Majorque. Celui-ci réussit parfaitement par son trait sombre et gras, ses visages typés, ses couleurs directes à reconstituer l’atmosphère pesante voire angoissante dans la capitale britannique brumeuse. Décidément la bande dessinée espagnole recèle de véritables trésors !"  Gilles Ratier - BDZoom "L’atmosphère pesante et angoissante de ce scénario, prenant et surtout fort bien écrit, est parfaitement mise en images par le trait sombre et très illustratif du dessinateur Bartolomé Segui (originaire de Majorque) ; comme ce fut le cas lors de leur précédente association sur « Les Serpents aveugles », chez le même éditeur, dans la collection « Long courrier ». Quand on vous disait que la nouvelle école espagnole n’avait pas fini de nous surprendre !!!"

Sélection officielle Angoulême 2012 Actualités
Interviews

Interview de Cava et Segui

A l'occasion de la sortie de Serpents aveugles, les deux auteurs espagnols Felipe Cava et Bartolomé Segui nous parlent de leur travail sur ce magnifique album plein de promesses. A travers cette interview, le scénariste et le dessinateur lèvent un peu le voile sur ce polar fantastique et historique, nouvelle perle de la collection Long Courrier. Comment est née l’idée de cet album ? Segui : Depuis que nous nous sommes rencontrés sur les pages de la revue Madrid(revue dirigée par Felipe), j’ai toujours gardé une prédisposition spéciale à travailler avec Felipe. À la différence de mes travaux plus « sérieux », pour la revue El Vibora, les petites histoires destinées à Madrid étaient un souffle de liberté qui m’a permis d’expérimenter un côté plus pictural et plus artistique de mon travail. Après ça, chaque collaboration a été une porte ouverte à cette sensation de liberté créative que Felipe offre. Cava : Tout est né de la proposition de Seguí de faire un album qui pourrait intéresser le marché français. Après en avoir discuté, il m’a parlé de son envie de travailler sur une ambiance style fin années trente, entre les Etats-Unis et l’Espagne. Vous êtes-vous beaucoup documenté sur le sujet ? Quels documents vous ont été utiles ? Segui : Concernant la partie graphique, vu que c’était un travail destiné au public français, il fallait un cadre historique bien précis. La plupart de mes histoires se déroulent dans différentes ambiances urbaines contemporaines, avec lesquelles je suis à l’aise sans devoir trop me documenter. En revanche, l’histoire des Serpents aveugles a lieu dans un contexte historique bien précis, l’année 1939 pendant la guerre civile espagnole, et, au-delà de Barcelone, à New York pendant les mêmes années. Mon but était d’arriver à recréer une scène de ces années-là qui soit suffisamment réaliste sans pour autant tomber dans la rigidité historique. Felipe m’a passé beaucoup de documentations pour certaines scènes, Google aussi m’a aidé et, surtout, les photos de New York de Berenice Abbott ont fait tout le reste. Cava : Moi, je connais très bien cette période de l'histoire, c’est celle qui m’a toujours le plus attiré, peut-être parce que rarement, comme à ce moment-là, s’est produit dans l’histoire un tel choc entre les totalitarismes (communisme et fascisme), avec pour conséquence la mort de milliers d’innocents. D’un autre côté, ça ne fait pas longtemps que j’ai terminé un documentaire pour la Télévision espagnole, qui est tiré du livre de l’écrivain Jorge Martinez Reverte sur la bataille de l’Èbre. Comment s’est passée votre collaboration ? Qu’appréciez-vous dans le travail de l’autre ? Segui : Je ne sais pas si, pour les autres dessinateurs qui ont travaillé avec lui, ça s’est passé de la même manière, mais, pour moi, travailler avec Felipe est synonyme de liberté. C'est un excellent scénariste et à chaque fois qu’un scénario de lui m'est tombé dans les mains, j’ai eu la sensation que, même sans l'ajout du dessin, le résultat serait excellent. Sans besoin de beaucoup d’explications, l’histoire est comme ça, il faut juste la dessiner. Et, sur cet aspect-là, Felipe non plus n’exige pas trop. J’espère que ça se passe ainsi pour lui aussi, parce qu’il a confiance dans mon travail. Cava : Seguí est un dessinateur prodigieux et ne trahit jamais son style. Il a une merveilleuse capacité d’adaptation à l’esprit et aux temps du récit dans chaque livre qu’il a fait, en solo ou en équipe. À cette occasion, il réussit à me surprendre, une fois de plus, par la rigueur de son travail et pour avoir trouvé l’esthétique que cette histoire exigeait. Il a fait plusieurs essais avec les lignes et les couleurs avant de trouver celle qui lui a paru optimale. Pourquoi ce titre de « Serpents aveugles » ? Cava : Je ne voulais pas que le titre ait une traduction trop explicite de ce que raconte le livre. L’idée de serpents aveugles me semble transmettre, dès le début, un certain sentiment d'inquiétude, de péril, qui sont, au final, les deux points qui caractérisent les limites de l'idéalisme, sujet central de l’album. Avez-vous rencontré des difficultés dans l’écriture du scénario ? Dans le dessin ? Segui : Pour mon premier livre en couleur, la difficulté était d’atteindre l’unité chromatique pour décrire l’atmosphère de ces années. J’ai toujours été assez anarchique avec la couleur et, si j’avais utilisé la palette de l’ordinateur j’aurais couru le danger de faire quelque chose de trop mécanique. En redessinant sur des images scannées, on donne l'impression d’un dessin ancien. Pour donner à la couleur un trait plus libre et avoir un résultat proche du tableau, j’ai travaillé avec de la peinture... Cava : Je n’ai pas eu de difficultés particulières au moment d’écrire le scénario. Juste ça : savoir que je travaillais pour Dargaud m’a poussé à donner à l'album la même épaisseur que ceux de Charlier et Christin qui remplissent toujours leurs histoires de précieuses informations sur leurs personnages. Quels sont vos auteurs préférés ? Votre dernier coup de cœur Bd, roman, ciné, musique ? Segui : Il y a des auteurs qui sont pour moi des références, des figures inaccessibles qui m'ont donné l'envie de ce métier comme Moebius, Eisner, Breccia… Parmi les plus actuels, j'apprécie plus particulièrement la complexe simplicité de Blain. Je l'ai découvert dans Isaac le pirate.  Pour les romans, n’importe quel volume de la trilogie de Cormac McCarthy.  Au ciné, le dernier grand film que j’ai vu « Les Promesses de l'ombre » de Cronenberg. Cava : J’ai toujours eu un faible pour Carlos Sampayo. Et, puisqu'on parle au public français, j'avoue beaucoup aimer la façon de mélanger réalité et fiction d’un cinéaste comme Bertrand Tavernier ou d'un écrivain comme Didier Daeninckx. Quels sont vos projets ? Cava : Si le public français est réceptif à notre album et que la maison d’édition est satisfaite, nous aimerions préparer un nouveau projet pour la France. Delphine Bonardiwww.dargaud.com