Bourgne

Bourgne
Dessinateur . Scénariste

Le site de Marc Bourgne

Biographie de Bourgne

Né en 1967 à Versailles, Marc Bourgne vit en région parisienne. Il réalise sa première BD à l'âge de 9 ans et n'a jamais arrêté depuis de raconter des histoires en images.

Après 4 ans d'études d'Histoire à la Sorbonne, il obtient sa maîtrise en 1989 avec un mémoire sur l'Alaska.

Pour réaliser les premiers albums de la série Etre Libre et créer ses jeunes héros, Andy et Flo, il s'inspire à la fois de son intérêt pour l'Amérique du Nord et de ses propres souvenirs d'adolescence.

Marc Bourgne dessine, par ailleurs, les couvertures d'ouvrages de la Bibliographie Verte de Hachette et travaille pour la publicité et la communication d'entreprise (Minolta, Banque Populaire, Cogema, Générale des Eaux..)

Il anime des conférences sur le thème de la BD, ainsi qu'une émission hebdomadaire pour une radio locale de la région parisenne.

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Barbe-Rouge
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Les grands espaces de Marc Bourgne

  Dessinateur de la série La Jeunesse de Barbe Rouge avec Perrissin (Dargaud), Marc Bourgne vient de sortir le deuxième album de la série Lincoln (Glénat), que son auteur qualifie de “whodunit” (énigme policière dont le but est la découverte du coupable). Explications. Le premier tome étant une présentation des personnages, ce tome 2 serait la première “vraie” aventure ? C’est un peu le principe de ce type de séries. J’ai conçu le premier épisode comme le pilote d’une série télévisée. Cela signifie donc mise en place des décors et des personnages. J’ai d’ailleurs un peu fait comme à la télé puisque j’ai voulu concentrer un épisode d’une heure et demie en 46 pages. Cela donne certaines accélérations dans l’action et des problèmes de rythme dans la narration. Cela dit, je pense avoir réussi mon coup puisque mon objectif était la mise en place. La série démarre vraiment avec ce nouvel album. On est surpris par le cadre de l’album, vous qui aimez tant dessiner les grands espaces. Une plate-forme offshore est un décor très spectaculaire ; cette espèce de forme gigantesque au milieu de l’océan glacial arctique… Je traîne cette idée depuis Être libre ; je ne l’avais pas utilisée à l’époque car il aurait été difficile de justifier la présence de mes héros d’alors sur une plate-forme pétrolière. C’est plus crédible pour un détective privé. L’idée m’est revenue par l’intermédiaire de Franck Bonnet. Il caressait le projet d’en faire le sujet d’une série et m’a fourni de la doc. Bizarrement, cela n’avait jamais été utilisé pour une bande dessinée. Sauf très récemment pour un album de Sikorski et Lapierre, dans la série La Clé du mystère. J’étais un peu déçu, mais rassurez-vous, il n’y a aucun plagiat, les histoires ont été dessinées à peu près en même temps. C’est une envie de dessinateur ou de scénariste ? Je trouve cela visuellement très spectaculaire et, en même temps, c’est le décor idéal pour un “whodunit”. J’aime cette confrontation entre un univers clos et les éléments, un peu comme une base de recherche perdue dans l’Antarctique avec ce paradoxe entre la construction humaine et l’immensité, la nature. J’aime beaucoup les grands espaces vierges, la “dernière frontière”. Cet univers me fascine. Et je ne suis pas le seul puisqu’il paraît qu’il y a aussi une série chez Delcourt qui a pour décor une plate-forme offshore, Le Vieux Ferrand. Décidément, vous jouez de malchance, certains avaient fait le rapprochement du premier tome avec Gil Saint-André de Kraehn ? C’est vrai et là encore, c’est un pur hasard. J’en avais écrit le scénario bien avant la sortie de Gil Saint André. Il y a une parenté évidente entre les deux séries, l’argument est proche avec cette recherche d’une femme disparue, le style de dessin est très voisin… Les deux séries figurent dans la même collection, “Bulle Noire”. Heureusement, je suis copain avec Jean-Charles… Cela dit, l’argument principal de son histoire est la recherche de la femme disparue alors qu’il s’agirait plutôt d’un fil rouge dans Lincoln. Cette blessure du personnage, en filigrane de la série, est une façon d’humaniser un peu l’archétypal détective ? Je n’aime pas trop les héros monolithiques, dont les aventures, toutes plus incroyables les unes que les autres, se succèdent à un rythme infernal sans se soucier de réalisme. Ce qui m’intéresse le plus lorsque je lis une BD, c’est de m’attacher à un personnage. Je prends beaucoup de plaisir à construire une épaisseur à Lincoln. L’aspect de sa vie privée m’intéresse presque plus que l’aventure. Il est d’ailleurs en train de prendre une importance que je n’aurais pas soupçonnée au départ. Je pense aux relations avec sa fille, par exemple… Vous aviez un modèle physique au départ ? Il a un peu le visage de l’acteur Gabriel Byrne ; Pierre Boisserie (coscénariste de La Croix de Cazenac avec E. Stalner chez Dargaud, ndlr) m’en a donné l’idée. Lorsque j’ai dû créer le personnage, j’avais pensé bien évidemment à Clint Eastwood mais il a trop souvent été utilisé. Cela dit, ça n’aurait pas collé à la psychologie du personnage… J’avais également pensé à Burt Reynolds mais je l’avais déjà dessiné deux ou trois fois dans mes autres albums… Vos références vont beaucoup du côté du film américain à grand spectacle ? J’adorais ce type de cinéma il y a dix ou quinze ans. Je l’aime moins maintenant qu’il a perdu en qualité. Mais je pouvais difficilement faire autrement pour Frank Lincoln. Dans mon esprit, c’est du cinéma. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de textes descriptifs, la place est entièrement laissée à l’image. J’essaie de concilier mon goût pour le cinéma d’action et pour une dimension plus intimiste. L’enquête policière est bien évidemment un prétexte secondaire pour mettre en place ma petite galerie de personnages. C’est ça qui me passionne, en tout cas. Je n’aime pas trop les héros monolithiques Vous sentez déjà qu’ils commencent à vous échapper, comme on dit ? Un peu. Et puis les échanges avec les lecteurs m’aident beaucoup. Je me souviens qu’au détour d’une dédicace, quelqu’un m’a demandé si Jean, la fille de Lincoln, allait sortir avec Billy, l’assistant inuit. Je n’y avais pas du tout pensé ! C’est vrai qu’elle est très jeune et c’est sans doute trop tôt dans l’histoire, mais l’idée me plaît bien ; elle suit son chemin et ressortira sans doute un jour ou l’autre. De même, un personnage féminin prénommée Kay apparaît dans Offshore et on m’a demandé s’il reviendrait. C’est une idée… Je reste disponible, ouvert, et ça c’est passionnant. Je suis comme le témoin de ces personnages qui se mettent à s’animer devant moi. Quelle est la part de cette fameuse disparition dans la série ? Vous avez la réponse ? Chaque album est une histoire indépendante, une enquête. Ce n’est qu’en parallèle que Lincoln va trouver des indices à la disparition de sa femme. Mais je me suis aperçu que cet aspect des choses passionnait plus les lecteurs que je ne l’avais imaginé alors je m’efforce maintenant de relier un peu plus les deux aspects. Il y aura donc désormais un lien entre chaque enquête et cette disparition… Ce n’est pas un peu improbable ? Dans cet album, Frank Lincoln n’accepte l’enquête que parce qu’elle a un rapport avec sa femme. N’oubliez pas que ce n’est pas un flic, c’est un privé, il peut donc choisir son travail. Il me semble plus crédible qu’il soit miné par ce drame et qu’il n’accepte des boulots que parce qu’ils sont liés à sa propre histoire. Et puis l’Alaska est un pays immense mais avec seulement cinq cent mille habitants ; la moitié de la population habitant à Anchorage. Donc il n’est pas totalement impensable que toutes ces histoires soient plus ou moins imbriquées. Vous avez la solution ? Non, je me contente de semer des indices comme cette fameuse photo dans le premier épisode, ou encore ce bijou au cou d’une autre femme. Je m’amuse à me lancer des défis que je résous au fur et à mesure. Les réponses à certaines questions posées au début trouvent leur solution dans Offshore. Je travaille un peu comme Van Hamme dans XIII : il lance des pistes, sans savoir s’il les réutilisera plus tard*. Jean-charles Kraehn a écrit Gil Saint André en fonction du dénouement final. Moi je me laisse un peu porter. Je m’ennuierais si je savais déjà ce qu’est devenue sa femme… et dans combien d’albums il la retrouve. Question de tempérament sans doute… Mais répondre à cette question, ce n’est pas clore la série ? Non car encore une fois ce n’est qu’un fil rouge. Je peux toujours m’en sortir par d’autres enquêtes… Et puis je n’en suis pas encore là ! Vous renouez tout de même avec le genre policier classique par excellence qui fait appel au détective privé. Oui, et, curieusement, Frank Lincoln est le seul privé de la collection “Bulle Noire”. J’aime beaucoup les romans de Mickey Spillane sur Mike Hammer. C’est du hard-boiled, polar américain ultra-violent, de la littérature de gare. Je rêvais de m’essayer à ce genre mais aujourd’hui j’ai mûri, mon goût se tourne davantage vers un personnage plus humain. Vous affirmiez à la sortie du tome 1 aimer le format des albums en 46 pages. Vous n’avez pas changé d’avis ? Pas du tout, je suis beaucoup plus à l’aise dans ce format qui, à mon sens, permet d’aller à l’essentiel. Le piège d’une plus grande pagination est de se perdre dans des scènes inutiles à l’histoire. Mon problème est davantage lié au rythme et à la manière de raconter. Greg se sortait très bien de la contrainte du 46 pages. Voyez ses scénarios de Bernard Prince, et pourtant Hermann travaillait sur 3 bandes. A la fin de l’album, vous aviez l’impression d’avoir vu un film de long métrage. C’était dense. Le tome 3 est prévu pour la fin d’année, non ? Oui, pour le mois de novembre et seulement après j’enchaînerai sur le prochain album de Barbe Rouge, à paraître courant 2003. Christelle Favre & Bertrand Pissavy-Yvernault * Procédé scénaristique également appelé “planting”

Interviews

La nouvelle vie de Barbe Rouge

C’est avec l’enthousiasme d’un tout jeune scénariste, néanmoins nanti de l’expérience acquise sur le cycle de La Jeunesse de Barbe Rouge, que Perrissin a concocté pour son complice Marc Bourgne un Barbe Rouge résolument moderne.Qu’est-ce qui vous a décidé à reprendre Barbe Rouge ?MB : Tout d’abord la présence de Christian Perissin au scénario. J’avais énormément apprécié son travail sur La Jeunesse de Barbe Rouge. Et puis je ne suis pas contre l’idée des reprises : cela s’est toujours fait en BD. On oublie trop souvent que sans ce principe-là, Franquin n’aurait jamais fait de Spirou ! Et puis Barbe Rouge est une série de grande aventure, elle convient bien à mon univers.Jusqu’à présent vous étiez seul maître à bord avec la série Etre libre, contrairement à aujourd’hui.MB : Je me suis senti un peu seul après mes cinq albums. Notre métier est déjà très solitaire. Je commençai à souffrir d’un manque de recul sur mon travail. Il me manquait un écho.Christian est intervenu ?CP : Oui, nous avons fait un mariage de raison. Je voulais travailler avec un dessinateur réaliste, et pas seulement dans le trait. Il fallait qu’il ait une vision réaliste du xviiie siècle, aussi bien dans les costumes que dans la reconstitution des navires.MB : Ma formation d’historien a pesé dans la balance !Charlier n’avait pourtant pas conçu Barbe Rouge comme une série résolument historique.MB : Barbe Rouge a été conçu à une époque où l’on privilégiait l’aventure et l’action. Depuis Bourgeon et Pellerin, on ne peut plus penser une série de flibuste telle que le faisaient Charlier et Hubinon dans les années 60.CP : L’aspect historique n’est pas forcément dans les dates ou les événements racontés. L’important est une ambiance qui sonne vraie, aux antipodes de la piraterie hollywoodienne.Le fait de "maîtriser" à la fois la série mère et La Jeunesse de Barbe Rouge change quelque chose pour vous ?CP : Mon idée à moyen terme serait de créer une passerelle entre les deux séries. On pourrait retrouver des personnages rencontrés dans La Jeunesse quelque 40 années plus tard.MB : La personnalité de Barbe Rouge est déjà une passerelle en soi. L’évocation de sa jeunesse a forcément un impact sur sa vision plus tard.CP : J’ai développé La Jeunesse à partir du personnage esquissé par Charlier dans la série mère. J’ai fait le chemin à l’envers. Aujourd’hui je base mon travail sur la personnalité de Barbe Rouge à 20 ans pour que son évolution soit cohérente.Comment fonctionnez-vous ?MB : Je suis le premier lecteur de Christian. A partir de là s’ensuit une discussion sur son travail. J’ai accepté cette collaboration, car je savais Christian capable de me proposer des choses dont je n’étais pas capable. Je suis très enthousiaste sur son travail, tant sur les dialogues que pour l’action. Cela me donne envie de dessiner ce qu’il écrit très concrètement.CP : Nous discutons de certaines scènes à partir du découpage de Marc. C’est une interaction permanente.MB : Généralement nos critiques sont très constructives. Le regard extérieur prend là toute son importance. Seul, on a souvent tendance à se jeter dans des impasses.Cela doit vous changer de votre travail sur La Jeunesse ?CP : Cela n’a rien à voir. Daniel Redondo est espagnol et vit en Espagne. Ne parlant pas la même langue et étant très éloigné géographiquement, nous ne pouvons pas nous permettre d’incessants allers et retours durant l’élaboration d’un l’album. Il nous est donc difficile de dialoguer autant qu’on le souhaiterait.L’univers de Barbe Rouge n’est-il pas un peu désuet ?CP : Non, tout est dans la manière de le traiter. Cela dit, je comprends que cela puisse paraître dépassé. Nous avons tous en tête des références très hollywoodiennes et datées qui nuisent au genre.MB : Le problème est un peu le même avec le western.Sauf que la BD a suivi l’évolution cinématographique des westerns.CP : Il n’y a pas eu de films de pirates depuis bien longtemps, à part celui de Polanski. La raison en est le coût. Dans les années soixante, on se contentait de maquettes. Cela n’est plus possible aujourd’hui. Il y a également toute une superstition autour de ces films : ils seraient porteurs de malheur et représenteraient des gouffres financiers. Pour en revenir à la série, puisque je n’ai pas de références cinématographiques, je me rapporte souvent à des westerns comme Impitoyable de Clint Eastwood. On y sent une volonté de tenir compte de l’âge du héros, de son passé. C’est une vision résolument moderne.Avez-vous redéfini les personnages ?MB : Même si mon dessin est assez éloigné de celui d’Hubinon, il demeure classique. Hubinon est une référence depuis fort longtemps pour moi. J’admire chez lui le rendu des matières, par exemple, son découpage et sa lisibilité. J’aimais beaucoup sa vision de Barbe Rouge, grand et baraqué. Jijé et Pellerin l’ont représenté très différemment. Il doit être séduisant. On ne peut pas en imposer à tout un équipage sans un minimum de charisme. Il doit être droit, grand, il a l’œil qui brille…Faire évoluer Barbe Rouge, c’est une obligation ?CP : Ce n’est pas une obligation, c’est un devoir. Baba a toujours été présenté comme un Nègre un peu con. Cette vision choquante doit impérativement appartenir au passé. L’évolution psychologique des personnages est absolument indispensable sur des points comme celui-ci.MB : De mon côté je voulais intégrer à la série une présence féminine réelle. Nous avons essayé de travailler sans quitter des yeux notre désir de retour aux sources. Le titre de l’album en témoigne : L’Ombre du démon est une référence au Démon des Caraïbes. Nous avons conservé ce qui faisait tout l’intérêt de la série : le conflit entre Barbe Rouge et son fils Eric.Ils étaient souvent séparés par le passé. Ils ne se retrouvaient que lorsque l’un délivrait l’autre…CP : Nous avons fait exactement le contraire : ils sont sur le même bateau dès le début ; Barbe Rouge se fait engager incognito par Eric.Avez-vous donné un âge à vos personnages ?MB : Bien sûr. C’est un de mes principes de base. Eric a environ 25 ans et Barbe Rouge une soixantaine d’années.N’est-ce pas un peu âgé pour un marin de son époque ?CP : Je me suis posé cette question. Est-ce que je fais de lui un pirate vieux et fatigué ?On peut en effet se demander ce qui le fait encore courir !CP : Au début de l’histoire, il a tout perdu : le Faucon noir et son équipage. En 1740, la piraterie est complètement moribonde. Il cherche simplement à vivre comme il l’a toujours fait. Il a une haine contre la société de son époque, haine dont je m’efforce d’expliquer les racines dans La jeunesse.Vous tentez de donner une crédibilité psychologique au personnage, ce que ne faisait pas toujours Charlier ? MB : Je ne pense pas. Charlier s’est toujours interrogé sur la biographie de ses héros. Blueberry en est un très bon exemple. Mais c’est vrai qu’il s’investissait un peu moins dans Barbe Rouge.CP : Il existe deux types de biographies. D’un côté une approche purement événementielle, de l’autre un aspect plus psychologique. L’un ne va pas sans l’autre. Barbe Rouge ne peut pas être le démon des Caraïbes sans raison.Vous parlez moins d’Eric. C’est volontaire ?CP : Il nous a semblé que Barbe Rouge était plus intéressant, du fait de ses blessures. C’est lui le personnage central de la série.L’or est toujours le moteur de l’histoire ?CP : Bien sûr mais on peut aussi imaginer l’amour comme un ressort à l’aventure.Barbe Rouge amoureux ?CP : Dans cette histoire, Barbe Rouge a une compagne. Pour cause de censure, à l’époque de Charlier les filles étaient soit des garces, soit des défuntes en puissance. La nôtre est pire que Barbe Rouge. Elle a la moitié des morts de l’album sur la conscience et va séduire Eric. D’où un antagonisme décuplé entre le père et le fils. Ce n’était pas simple d’être une femme sur un bateau !On a du mal à reconnaître Barbe Rouge. C’est pour symboliser ce coup de jeune que vous lui avez rasé la barbe ?MB : Il fallait bien changer sa physionomie pour qu’il puisse embarquer incognito sur le bateau d’Eric. La mort de Triple-Patte au début de l’album contribue également à casser les repères.CP : ça n’était pas une volonté en écrivant l’histoire. Je ne voulais pas trouver à tout prix des artifices pour dynamiser le scénario.Pas très respectueux tout ça !MB : Ne croyez pas ça. Nous sommes excessivement respectueux de l’oeuvre originale. Nous avons 31 et 34 ans, nous sommes donc plus jeunes que la série et on ne raconte plus les mêmes histoires en 1998 qu’il y a 40 ans.Votre démarche n’est donc pas nostalgique.MB : Pas du tout. Cela tient davantage de la recréation que de la reprise. J’aimerais toucher les lecteurs autres que ceux qui ont lu et aimé Barbe Rouge à l’époque dans Pilote. Bien entendu, le choix de reprendre ce personnage n’est pas innocent. Charlier était mon scénariste préféré quand j’étais gosse.N’êtes-vous pas intimidé ?MB : Cela s'est fait très vite, je n’ai pas eu le temps de me poser ce genre de questions. L’angoisse ne m’est apparue qu’après avoir dessiné une dizaine de planches. J’ai réalisé que derrière ces personnages se cachaient Charlier, Hubinon, Jijé… Mais cette série n’était pas aussi mythique que d’autres.Vous êtes embarqués sur le Faucon noir pour longtemps ?MB : J’ai 31 ans. Je pense pouvoir dessiner encore une quarantaine d’années.CP : Moi je n’y pense pas. J’essaie de travailler sans plan de carrière. Tant que j’apprends, que je m’amuse…CF & BPY