Appollo

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Scénariste

Le blog d'Appollo

Biographie de Appollo

De son vrai nom Olivier Appollodorus, Appollo est né en 1969 en Tunisie. Il grandit en Afrique du Nord et à la Réunion, où, lycéen, il fonde avec des amis (comme Téhem, Li-An et Serge Huo-Chao-Si) un journal de bande dessinée, ‘Le Cri du margouillat' (qui s'arrêtera en 2001).

Il fait ses études à Paris et, avec le dessinateur Mad, commence une carrière de scénariste pour les éditions Vents d'ouest. Ils réalisent ainsi la série en trois tomes "Une aventure de Louis Ferdinand Quincampoix" entre 1991 et 1992.

Après la mort de Mad, Appollo rentre à la Réunion, où il devient professeur de lettres, puis il part au Nigéria effectuer son service national comme coopérant. À son retour sur l'île, il poursuit son activité de scénariste et publie, avec Serge Huo-Chao-Si, "La grippe coloniale" (Vents d'ouest, 2003). L'album obtient le prix de la critique au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2004.

Dès lors, Appollo multiplie les collaborations : avec Li-An, Manu Brughera, Lewis Trondheim ou encore Brüno. Il participe aussi à l'aventure du journal pour enfants ‘Capsule cosmique', et s'occupe du festival Cyclone BD, qui a lieu tous les deux ans à Saint-Denis.

En 2007 paraissent "Île Bourbon 1730" (Delcourt, 2007), avec Trondheim, et "Biotope" (Dargaud, collection "Poisson Pilote", 2007), avec Brüno.

Toujours avec Brüno, il signe la série "Commando colonial" (Dargaud, "Poisson Pilote", trois albums entre 2008 et 2010 et 1 intégrale en 2015).

Il publie également, avec le dessinateur Stéphane Oiry, "Pauline (et les loups-garous)" (Futuropolis, 2008) et "Une vie sans Barjot" (Futuropolis, 2011).

En 2012, Appollo est lauréat du prix Jacques-Lob, qui récompense un scénariste pour l'ensemble de son oeuvre.

En 2013, il signe le scénario d'un péplum barbare qui se situe dans sa ville natale, "Les voleurs de Carthage" (Dargaud ; dessin d'Hervé Tanquerelle). Le tome 2 paraît en 2014.

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Bibliographie de Appollo

Commando Colonial
3 tomes
Série en cours
Biotope
2 tomes
Série en cours
Voleurs de Carthage (Les)
2 tomes
Série en cours
Commando Colonial intégrale
1 tomes
Série terminée
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Articles et actualités

Interviews

Interview d'Appollo et Brüno

Pour la sortie très attendue de Commando Colonial, la nouvelle série d'Appollo et Brüno chez Poisson Pilote, les deux auteurs ont accepté de répondre à quelques questions... Impatient d'avoir entre les mains ce fameux tome 1 ? Lisez leur interview pour avoir un avant-goût de l'album (et de l'humour d'Appollo et Brüno) et qui vous permettra de patienter jusqu'à la sortie d'Opération Ironclad le 22 août ! Comment est née l’idée de Commando Colonial ? Brüno : Pour être franc, je ne m’en souviens pas très bien... Appollo a dû me parler d’une envie de faire un récit de guerre, et j’ai dû rétorquer : “Wouaw, j’en suis, mec, ça va être l'éclate !”. Appollo : Brüno et moi, après Biotope, avions envie de continuer dans le récit de genre, et l’idée de faire une série de guerre nous plaisait bien, d’autant que c’est un genre un peu délaissé en bande dessinée depuis quelques années. Nous avions envie de retrouver un peu l’esprit de Pratt (pour les « Scorpions du désert ») ou d’Hergé, parce que c’est de la bd populaire que nous aimons beaucoup. J’aimais bien l’idée de raconter des épisodes de la seconde guerre mondiale un peu décalés, qui se situent en marge du conflit européen, en périphérie : ça donne une grande liberté d’action et c’est une géographie coloniale qui m’a toujours intéressé. Vous êtes-vous beaucoup documenté pour cet album ? Appollo : Je connaissais de longue date l’histoire du débarquement anglais à Diégo Suarez, parce que c’est un épisode dont on parle à la Réunion (beaucoup de soldats français venaient de la Réunion) et j’ai fait des recherches plus précises sur les opérations militaires et le contexte colonial malgache. Il n’y a pas énormément de livres sur le sujet, mais j’ai quand même trouvé pas mal de choses étonnantes. Il y en a beaucoup que j’ai à peine utilisées ou que j’évoque rapidement et que j’aurais pu développer, mais il a bien fallu se restreindre pour que ça ne devienne pas un livre historique didactique. Je crois que Brüno s’est pas mal renseigné sur les uniformes et ce genre de trucs. Brüno : Plus que sur mes précédents livres. Mais la documentation se résume au minimum vital pour recréer l'époque de façon crédible. Le but n'est pas de faire un album pour historiens tatillons. Malgré le succès populaire en 2006 du film Indigènes, l’implication des colonies dans les deux guerres reste souvent reléguée au second plan. Qu’avez-vous pensé du film ? et du « sursaut de mémoire » qu’il a engendré ? Appollo : L’histoire coloniale de la France est très bizarrement peu connue et très rarement envisagée par la fiction française. Il y a aussi par exemple le premier film de J. J. Annaud, « La victoire en chantant », qui racontait un épisode de la 1ere Guerre Mondiale en Afrique centrale. C’est une étrange amnésie. L’armée française de libération était pourtant largement composée de troupes coloniales et de Français de l’Outre-Mer, et on l’oublie tout le temps. « Indigènes » n’est pas un chef d’œuvre cinématographique, mais au moins c’est un film qui rappelait la part décisive des colonies dans l’avènement de la France libre. Je ne sais pas si c’est une question de « devoir de mémoire » - je trouve l’expression un peu fatigante – mais je voulais aussi rappeler que la France de la seconde guerre mondiale ne se résumait pas aux collabos et aux résistants de l’intérieur. C’est une manière de rendre hommage aux Forces françaises libres qu’on oublie toujours, et aux personnalités hors du commun qui ont pu les composer : je pense à Romain Gary, à Leclerc, à tous les inconnus qui ont eu des destins exceptionnels, comme par exemple ces Franco-Mauriciens qu’on parachutait en France, ou aussi ces soldats d’Afrique centrale, puis du reste du continent, du Pacifique, de l’Océan Indien, qui ont fait une guerre qui ne les concernait peut-être pas vraiment.  Nous avons voulu vraiment faire une bd de divertissement, d’aventure, mais oui, évidemment, ça n’empêchait pas une forme d’hommage aux acteurs incroyables de cette histoire. Brüno : Euh...Le mérite de ce film est d’avoir rappelé que les héros de la Libération n’étaient pas uniquement les Français de l’intérieur. Mais malgré tout, en se concentrant sur les Maghrébins, (et en oubliant un peu les troupes d'Afrique noire et les Pieds-Noirs) le film ne propose-t-il pas, à son tour, une vision un peu réductrice des troupes coloniales ? Quant au “sursaut de mémoire”, j’imagine qu’il a duré le temps de l’exploitation du film en salle, non ? Pourriez-vous me donner trois adjectifs qui qualifieraient la série Commando Colonial ? Appollo : Je laisse Brüno les trouver, c’est trop compliqué pour moi. Brüno : Viril. Smart. Epique. Comment s’est passée votre collaboration sur cet album ? Appollo : J’adore travailler avec Brüno, il y a toujours comme une sorte d’évidence, nous sommes sur la même longueur d’onde. Un de mes amis m’a dit un jour que Brüno était mon « double graphique ». Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais j’aime bien cette définition. Brüno : Comme pour Biotope. A merveille. Et d’un point de vue technique, surtout par mails et par téléphone (merci aux cartes téléphoniques prépayées pour l'Afrique, car les communications vers l’Angola -Appollo vit en Angola, et moi en France- sont hors de prix)... Combien de tomes sont prévus ? Où enverrez-vous le major Robillard et le premier-maître Rivière dans le tome 2 ? Appollo : Si notre gentil éditeur le veut bien (c’est à dire s’il y a des lecteurs qui nous suivent), il y aura des épisodes tant que nous aurons des idées et de l’enthousiasme. J’aimerais bien traverser la seconde guerre mondiale et finir sur la guerre d’Indochine par exemple. Ca pourrait prendre 10 tomes mais peut-être plus, pourquoi pas. Commando Colonial, dans notre esprit, est une vraie série comme on en faisait avant : chaque histoire étant autonome, on peut continuer tant que ça nous amuse.  Le tome 2 devrait se situer entre une île du canal du Mozambique et l’archipel enneigé des Kerguelen. Ensuite, nous irons en Afrique du Nord, dans le Pacifique, et il pourra y avoir des épisodes solos de Maurice Rivière ou d’Antoine Robillard ailleurs : à l'île Maurice, à la Réunion… Brüno : Si le succès est au rendez-vous, une centaine; le but étant de battre le score de Ric Hochet... Récemment, dans le magazine [dBD], vous êtes cité parmi les 22 auteurs de la Nouvelle Vague du 9ème Art. Un commentaire ? Appollo : C’est flatteur, surtout que je suis deuxième du classement (je sais que c’est une question d’ordre alphabétique, mais je m’en fiche)!  Je ne crois pas aux classements, et je ne suis pas sûr de bien comprendre la cohérence ou la logique de celui-là en particulier, mais ça me fait évidemment plaisir qu’ils aient songé à moi. Bien sûr, j’aurais préféré que dBD ait un impact médiatique plus important – par exemple pour frimer à la boulangerie en allant acheter du pain – mais c’est déjà pas mal. Ca me permet de me moquer de Brüno qui n’en fait pas partie (ce loser). Quels sont vos projets ? Appollo : Je travaille sur le tome 2 de Commando Colonial avec Brüno, et nous aimerions aussi entreprendre un long récit se passant en Afrique de nos jours, quelque chose comme un roman noir, dans tous les sens du terme. Je vais commencer aussi un nouveau livre avec Stéphane Oiry, un peu dans la continuité de Pauline (et les loups-garous), toujours sur l’adolescence, et enfin, j’aimerais faire un livre sur Baudelaire à la Réunion, avec Tanquerelle. Brüno : Le tome 2 de Junk, un western avec Nicolas Pothier. Un one-shot avec Pascal Jousselin qui aura pour cadre la scène jazz des années 50 aux Etats-Unis.  Et une myriade de projets avec Appollo, qui aborderont des thèmes très variés, de Che Guevara à Motörhead, en passant par la décolonisation en Afrique (Et naturellement, le tome 2 de Commando Colonial.) Delphine Bonardiwww.dargaud.com