Les contes de Florence Magnin

Par l'équipe Dargaud

Elle nous avait enchantés avec deux diptyques parus dans les années 1990 sur un scénario de Rodolphe : L’Autre Monde (dont l’Intégrale vient de sortir) et Mary la noire. Dessin plein de charme, finesse de trait, ambiance envoûtante, tout le talent d’une illustratrice qui revient enfin à la bande dessinée, en janvier, en signant, cette fois seule, une nouvelle série : L’Héritage d’Emilie. Un bijou pour tous ceux qui apprécient la saveur de ces contes fantastiques.






Cela fait cinq ans que vous n’avez pas sorti d’albums... Que s’est-il passé pendant cette période ?


En fait, en 1998, j’avais déjà recommencé à écrire un scénario. Le projet a mûri l’année suivante et j’ai pris mon temps pour y arriver, sachant que je réalise de nombreuses illustrations pour l’édition, les jeux de simulation (etc.) ; c’est mon premier métier, mais cette fois, ça y est, le retour à la bande dessinée est officiel !


Vous signez seule, cette fois, l’ensemble de L’Héritage d’Emilie. Pas trop dur ?


Tout m’intéresse dans ce métier : raconter une histoire, puis la mettre en images et en couleur. J’ai commencé assez tardivement dans la bande dessinée et j’avais cet objectif d’écrire moi-même, un jour, mes histoires. Voilà qui est fait !


Vous avez aussi fait évoluer votre trait vers quelque chose de plus “bande dessinée”, on sent que vous n’essayez pas de faire de l’esbroufe à chaque case. La dessinatrice et la scénariste prendrait-elle le dessus sur l’illustratrice ?


C’est un choix, une démarche volontaire d’accentuer ce traitement plus proche de la bande dessinée que de l’illustration. Mais j’ai gardé ce style conte fantastique, autant dans l’histoire que dans le dessin. J’ai toujours été baignée de ces ambiances médiévales fantastiques, cet onirisme que l’on retrouve souvent en littérature ou ailleurs. On pourrait même faire un parallèle avec ce que l’on appelle la fantasy. Non pas façon Conan le barbare, mais plutôt façon légendaire celtique. Ce que nous faisions avec Rodolphe était de toutes façons déjà en décalage, difficile d’ailleurs de trouver des choses équivalentes avec d’autres récits de bande dessinée.


Nous suivons, avec cette nouvelle série, une jeune femme, Emilie, danseuse au Moulin Rouge, qui hérite d’un château en Irlande. Une histoire que vous auriez aimé vivre ? !


(Rires.) Oui, pourquoi pas ! Mais je ne me suis pas mise dans la peau du personnage en écrivant. Je suis restée en quelque sorte à l’extérieur, ce n’est pas une projection de ce que j’aurais aimé vivre. Heureusement d’ailleurs, vu ce qui va se passer !


On retrouve aussi votre goût pour les ambiances irlandaises... Vous connaissez bien ce pays ?


J’y suis allée une fois, dans le Connemara où se passe l’histoire. Je ne peux donc pas dire que je connais parfaitement ce pays, loin de là, mais effectivement cette région m’attire, y compris culturellement, à travers la musique irlandaise que j’adore. L’attirance pour l’Irlande est venue par la musique alors que j’avais six ans.


Ah ?


Oui, c’est précis, non ? (Rires.) J’ai été saisie à l’écoute d’un morceau de cornemuse, lors d’une fête. Magique ! Depuis, j’associe toujours ce type de musique - irlandaise, écossaise ou bretonne - à quelque chose de très émotionnel…


Combien d’albums de L’Héritage sont prévus ?


Au départ j’avais prévu un diptyque. Et puis je me suis aperçue, en avançant dans l’histoire, que trois albums étaient nécessaires. Avec une “vraie” fin, promis !


Vous vous attachez à vos personnages ?


Ça dépend. Disons que je travaille beaucoup le casting, je fais connaissance avec mes personnages qui évoluent de toutes façons au fur et à mesure de l’histoire. Mais je me suis surtout attachée à leur donner une véritable expression.


Emilie est une femme, comme vous. On le constate à chaque fois mais le milieu de la BD est un monde plutôt masculin. Comment vivez-vous cela ?


Bien… C’est vrai que la bande dessinée a toujours été un univers très masculin, depuis longtemps. C’est d’ailleurs aussi pour ça que j’avais, moi-même, du mal à m’identifier à des héros masculins “sans peur et sans reproche”. Beaucoup de jeunes lectrices ont dû ressentir la même chose que moi, c’est sûr. Tout ça a évolué avec Bretécher, Cestac et bien d’autres. On trouve plus de femmes dans ce métier - difficile - même si le déséquilibre est encore flagrant.


Angoulême approche : appréhendez-vous ce rendez-vous ?


Je n’appréhende pas trop ce genre de rendez-vous, c’est plutôt l’accueil réservé à l’album qui me fait un peu peur. Les lecteurs apprécieront-ils mon histoire ? C’est ça l’angoisse, ce n’est pas Angoulême.


Les albums, comme les films, restent de moins en moins longtemps “à l’affiche” face à la surproduction… Comment réagissez-vous à ça ?


Je suis peut-être naïve mais je crois au talent, au fait qu’un bon livre trouvera son public. Quand un album marche, ce n’est jamais pour rien, c’est que des lecteurs ont été séduits. Bien sûr il y a des injustices, des auteurs et séries qui n’ont pas le succès mérité mais je reste confiante malgré tout.




François Le Bescond

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