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Interview de Jean Teulé et Florence Cestac

 

Interviews

 Encore une excellente nouvelle pour le début d'année 2009 : deux auteurs de talent réunis sur un album hors norme Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps , la véritable histoire de Charlie Schlingo. Farce tragique, la biographie de ce poète déglingué à la vie totalement incroyable nous est contée par Jean Teulé et Florence Cestac.
 Les deux auteurs nous en disent un peu plus sur ce document fort et touchant, qui paraîtra le 21 janvier prochain...
 
 Comment est née l’idée de faire cette BD-biographie de Charlie Schlingo ?
 
 J. Teulé : Depuis longtemps, avec Florence, on avait envie de réaliser une bande dessinée dont j’aurais écrit le scénario. On en parlait souvent. Quelques fois, j’avais un embryon d’idée mais jamais rien de très convaincant. Et puis un jour, j’ai lu son album « La véritable histoire de Futuropolis » et là, parlant de Schlingo, elle avait écrit qu’il y aurait de quoi faire un livre sur la vie de ce gars là. Alors je l’ai appelée et lui ai dit : « Mais c’est une bonne idée, ça ! » Et sur le champ, on a décidé de s’y coller.

F. Cestac : (…) Comme on cherchait depuis longtemps à faire un album ensemble c’est tout à fait bien tombé.
 
 Comment avez-vous choisi ce titre « choc » ?
 
 J. Teulé : C’est une phrase de Charlie. Souvent, quand des copains l’appelaient et lui demandaient : « Salut Charlie, comment tu vas ? », il répondait : « Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps. » Alors, c’est devenu le titre.
 
 Comment s’est passée votre collaboration ? Vous connaissiez-vous avant ?
 
 J. Teulé : Je ne vois pas comment cela aurait pu être plus joli. Il y avait une harmonie, une grâce. Nous étions tous les deux en confiance avec l’autre. Ce fut un pur rêve. Je connais Florence depuis une trentaine d’années. J’ai donné le biberon à son fils. Quand elle s’est trouvée extrêmement malheureuse à cause d’une histoire d’amour et qu’elle avait en tête de se foutre en l’air, je lui ai suggéré que plutôt que de faire ça, elle n’avait qu’à raconter son chagrin en BD et que, sans doute, ça toucherait d’autres femmes dans la même situation. Alors elle a écrit « Le démon de midi » qui a été un immense succès. Je suis très fier de lui avoir soufflé cette idée.
 F. Cestac : Un vrai bonheur car on se connaît depuis longtemps et Jean a toujours était mon préfacier favori depuis le démon de midi.
 
 Y a-t-il des anecdotes dont vous vous rappeliez mais que vous avez choisi de ne pas mettre dans l’album ? Et pourquoi ?
 
 F. Cestac : Oui, car il y en avait beaucoup et il fallait bien faire un tri et certaines pouvaient heurter des personnes de sa famille ou amis à lui.
 J. Teulé : Oui, il y a deux trucs qu’on n’a pas voulu mettre dans l’album. Un jour, Charlie a attrapé un chat par les pattes arrières et l’a éclaté contre un mur, l’a tué net. Et Florence, qui adore les animaux, m’a dit : « Non, moi, je ne dessinerai jamais ça ! » Et de mon côté, il y a une aventure de Charlie à Marseille, particulièrement glauque, que je n’avais pas envie de scénariser. Alors, on s’en est passé.
 
 Y a-t-il, pour vous, un héritier de Charlie Schlingo ? Si oui, de qui s’agit-il ? Si non, pourquoi n’y en a-t-il pas à votre avis ?
 
 F. Cestac : Non, pour le moment je n’en vois pas.
 J. Teulé : Non, je ne crois pas qu’il y ait d’héritier de Schlingo. C’était quelqu’un de tellement original, un cas unique. Un destin de frapadingue comme celui de Charlie, on ne croise pas ça deux fois.
 
 Quels sont vos projets ? Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?
 
 J. Teulé : Je suis en train d’écrire un nouveau roman qui sortira en septembre chez Julliard et qui ne sera pas piqué des vers… Sinon que puis-je souhaiter ? Qu’en 2009, la vie folle de Charlie Schlingo passionne autant de gens que celle du Montespan en 2008.
 F. Cestac : Je travaille sur un album pour Lionel Hoebeke dans la collection « j’aime Pas » et sur la version américaine du démon de midi et du démon d’après qui devrait sortir en Septembre 2009 aux USA. Pour 2009 repartir sur un beau projet comme le Schlingo.
 
 
 Propos recueillis par Delphine Bonardi 
 www.dargaud.com

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