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Ils sont les auteurs d’un des albums les plus drôles du moment. Barral & Veys réveillent Sherlock Holmes.

 

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Bien sûr, Baker Street n’est pas au fait de l’actualité mais, à La Lettre, il nous a paru important de ne pas attendre la parution du 2e album pour vous parler de ce “petit bonheur de lecture” paru chez Delcourt. Pour résumer au plus court le contenu, on peut parler de pastiche de Sherlock Holmes. Mais ce raccourci n’exprime ni la saveur, ni la fraîcheur de cet album iconoclaste. Pierre Veys et Nicolas Barral, au fil de quelques histoires courtes, démystifient la légende holmesienne pour se réapproprier les personnages. Élémentaire…Baker Street est antimode. Quelle audace !PV : Suivre la mode est une solution de facilité. Il suffit généralement d’obéir à l’éditeur, le public n’intervient pas. L’effet pervers est la sous-estimation du public, et cela, quel que soit le média. Les décideurs ont souvent tendance à croire leur lectorat plus bête qu’il ne l’est. Que reste-t-il à lire à ceux qui ont adoré Les Collines noires ou Les Rivaux de Painfull Gulch ? Pas grand-chose en fait. Nous sommes ravis de cibler ce registre-là.Baker Street a l’avantage d’être une BD lisible par tous.NB : C’est une série tout à fait accessible aux enfants comme aux adultes. D’ailleurs, les premiers courriers reçus à la suite de la prépublication dans Spirou provenaient de gamins qui nous avouaient n’avoir jamais autant ri. C’est formidable.D’où est venue cette envie de démystifier les personnages de Conan Doyle ?PV : Je trouvais tout simplement cet univers parfait pour raconter les histoires que j’aime : des personnages intéressants, de l’humour, des enquêtes très vicieuses…Tout cela sans jamais trahir l’esprit, c’est remarquable. Cet album a d’ailleurs reçu un prix peu ordinaire…NB : Oui, il a reçu le prix "Groom 99" de la société Sherlock Holmes qui avait été déçue par les précédentes adaptations de Sherlock Holmes en BD, aussi surprenant que cela puisse paraître. Cela rejoint ce que je disais à l’instant à propos du caractère tout public de cet album. Voyez, même les puristes ont apprécié.Ils ne vous ont pas reproché d’être irrévérencieux ?PV : Absolument pas. Je dirais même que c’est ce qu’ils ont apprécié, si tant est qu’on puisse parler d’irrévérence. Mais plus que les intrigues, ils aiment surtout les gags.Peut-on imaginer que vous avez votre carte de membre de ce fameux club ?PV : Je ne suis absolument pas amateur de romans policiers. Pourtant je prends beaucoup de plaisir à écrire ces histoires. J’imagine que cela est pareil pour les lecteurs hermétiques au genre. Chacun s’y retrouve. Je recherche avant tout la surprise.Vous vérifiez toujours les explications scientifiques ?PV : Bien sûr. Je regarde chaque mois le sommaire du magazine Sciences et Vie. J’y pioche les découvertes surprenantes susceptibles d’être réutilisées dans mes histoires, tout en sachant que j’ai un siècle d’avance.Beaucoup d’acteurs, dont Charlton Heston et Stewart Granger, ont incarné Sherlock Holmes à l’écran. Pourtant vous avez choisi les traits de Jeremy Brett, acteur de la série TV anglaise.NB : A vrai dire, avant de voir cette série TV, je ne connaissais que Basile Rathbone (N.D.L.R. : acteur culte de Sherlock Holmes). Mais après avoir découvert Jeremy Brett, on ne peut plus imaginer Sherlock Holmes autrement. Je devais d’ailleurs bien cet hommage à l’acteur car c’est sa série qui m’a fait apprécier le personnage.Parlons un peu de l’avenir de Baker Street.NB : Le deuxième album est en chantier. Il devrait paraître au printemps prochain. Le principe sera un peu plus vicieux : Sherlock et Wattson seront amenés à enquêter sur plusieurs affaires. Il y aura un fil conducteur…PV : … nous embarquons le lecteur dans un bus au début de l’histoire, les paysages et les enquêtes vont se succéder…Nicolas Barral, vous continuez à dessiner Les Ailes de plomb ?NB : Oui. Je termine l’histoire. L’album sortira au plus tôt pour Angoulême.Et vous, Pierre Veys ?PV : Je travaille sur des synopsis d’histoires policières pour Dupuis. Je collabore également de manière épisodique pour Fluide Glacial. Depuis un an je travaille à temps plein pour la BD. Auparavant, j’écrivais surtout des sketchs pour la télé.CF/BPY.

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