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Interview de Berthet et Corbeyran Interviews
Interview d'Enrico Marini au Salon du Livre 2009 Interviews

Interview d'Enrico Marini au Salon du Livre 2009

Après sa séance de dédicaces de 2 heures au Salon du Livre, où les inconditionnels du dessin de Marini ont pu faire dédicacer leur album du Scorpion, de Gipsy, des Aigles de Rome, de L'Etoile du désert, etc, l'auteur a accepté de nous accorder une petite interview et de nous parler du tome 2 des Aigles de Rome à paraître en octobre 2009.    Comment s'est passée votre séance de dédicaces ?    Très bien ! Les gens étaient tous très gentils. Personne ne m'a agressé et je n'ai agressé personne (rires) ! Comme j'ai beaucoup de travail, je me suis faire rare sur les salons et dans les festivals. C'est devenu moins pesant qu'avant où je dédicaçais beaucoup. Maintenant c'est un réel plaisir !   Sur quel album travaillez-vous en ce moment ?    Je termine les Aigles de Rome T.2. Dessins et textes sont terminés. Je travaille à présent sur les couleurs. Elles devraient être finies fin mai et l'album devrait paraître en octobre. Le Scorpion, lui, devrait sortir en avril/mai 2010.    Pouvez-vous nous parler de la série Les Aigles de Rome ?    Les Aigles de Rome me prennent beaucoup de temps. Il y a plus de pages dans cet album que dans Le Scorpion. Cela me demande plus d'investissement, de documentations. J'ai acheté énormément de livres. Je crois même que j'ai acheté tout ce qui existe sur l'antiquité sur le marché (rires). Tout ne me sert pas. C'est très fascinant de découvrir cette époque. Le plaisir de faire cette série vient de ma curiosité et de mon envie d'apprendre.  Même s'il s'agit d'événements qui se sont réellement passés, je garde une certaine liberté dans le scénario, surtout dans le tome 2 où il y a de nouveaux personnages et où l'intrigue se complexifie. Certains personnages existent comme Arminius, dont on connaît les exploits mais dont on ne sait finalement pas grand chose, ce qui laisse place à l'imagination. D'autres sont fictifs comme Marcus qui s'intègre bien à l'histoire ; c'est un témoin de cette époque, à la fois victime, à la fois obligé de prendre en main les choses. C'est un personnage auquel on peut facilement s'identifier. Moi-même, à la façon des acteurs, j'essaie de me mettre dans la peau de tous mes personnages.  Dans ce tome 2, Marcus va être plus mis en avant. Il devra faire un choix énorme : suivre son coeur ou le cursus honorum, la carrière d'honneur des jeunes nobles romains. Il va également être opposé à Arminius, son ancien ami et devoir faire face à ses peurs...  Justement avez-vous d'autres projets ? Historiques ?    J'aime ces époques qui font partie de notre histoire. Je suis à la fois nostalgique et curieux. Je suis plus attiré par le passé mais je n'exclus pas de faire un jour de la science-fiction. On a toujours envie d'expérimenter.    Faire une série en 4/5 albums est à la fois excitant et angoissant. Je ne peux pas me laisser distraire par mes autres envies, si demain j'ai envie de faire un polar, je sais que je n'aurai pas le temps de m'y consacrer ! Même s'il y a tellement de sujets qui m'intéressent : les Etats-Unis, le Moyen-Âge ou encore la Russie du 19ème/début 20ème siècle ! Les idées peuvent venir en lisant un bon livre, en écoutant une bonne musique ou en contemplant une peinture...  Mais pour moi, une bonne histoire ne signifie pas qu'elle soit forcément liée à un événement historique ! Si une histoire est bonne, elle peut traverser les siècles, être transposée à toutes les époques ! Le plus important pour moi ce sont les personnages. Il faut avant tout que les personnages me stimulent et que je sois emballé par leur histoire. Cela fait 20 ans que je fais ce métier, cela demande beaucoup d'énergie alors il faut vraiment une réelle envie et de la passion pour consacrer 6 à 9 mois par album !      Merci encore à Enrico Marini pour cette interview et pour la superbe dédicace du tome 8 de Scorpion !  Enrico Marini au Salon du Livre le 13 mars 2009   Propos recueillis par Delphine Bonardi

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Interview de Laurent Galandon et Cyril Bonin

Quand souffle le vent est un drame social, familial et romanesque qui met en scène au début du 20ème siècle, Antoine, un jeune mineur qui rêve de voyage et Kheshalya, une adolescente bohémienne à la recherche de la vérité. Ils la découvriront ensemble... Mais à quel prix ?  Extraits de l'interview donnée par les deux auteurs pour le dossier de presse et recueillie par l'équipe Dargaud.    Tout d'abord, un petit cv, votre parcours professionnel et ce qui vous fait bouger dans la vie (loisirs, lectures etc)    Laurent Galandon : J’ai été photographe sur Paris avant de diriger un cinéma d’Art et d’Essai en banlieue parisienne. Un parcours finalement toujours intimement lié aux images et à la narration. Lorsque j’écris une histoire, je projette donc assez naturellement des « clichés », au fur et à mesure. Parfois, une simple image va générer une séquence et, inversement, une situation en appellera de nouvelles. Ensuite, outre essayer d’écrire des histoires intéressantes, j’ai deux passions majeures : lire des livres et regarder des films… Donc finalement je ne bouge pas beaucoup ! Et mes goûts sont très éclectiques. Aussi serait-il trop long de les développer ici... Cyril Bonin : Je suis né et j’ai vécu les 18 premières années de ma vie à Montceau-les-mines, en Bourgogne. J’ai commencé à réaliser mes premières bandes dessinées à l’âge de 11 ans. C’était un moyen pour moi de prolonger le plaisir de mes lectures (De la BD franco-belge, mais surtout, beaucoup de comics américains). Assez vite, vers 13 ans, j’ai décidé d’en faire mon métier. Tout mon temps libre, toute mon attention, tous mes efforts furent dès lors tournés vers ça. Après le bac, je suis entré en année probatoire aux beaux-arts de Mâcon, puis j’ai suivi une spécialisation en illustration aux arts-déco de Strasbourg. J’ai finalement achevé ma formation par un DESS en images de synthèses. Par contre, je suis quelqu’un qui « bouge » peu dans la vie. Mes voyages sont surtout intérieurs. Donc, en tant que sédentaire, ce qui me nourrit, ce sont mes lectures (Boris Vian, A Nothomb, Paul Auster, Marcel Aymé …) la musique (En vrac : Gainsbourg, Daho, Chet Baker, AIR, de l’électro, du Jazz, du classique…). Mais je suis surtout un cinéphile. Mon père m’a refilé le virus quand j’étais petit et j’ai été nourri au « cinéma de minuit » de Patrick Brion et au « cinéclub » de Claude Jean-Philippe. Mes cinéastes de prédilection sont Billy Wilder, Frank Capra, Mankiewicz, Marcel Carné, Alfred Hitchcock, les frères Coen…    Comment vous est venue l'idée de cette histoire ? Vient-elle de Laurent, de Cyril, des deux ensemble ?    Laurent Galandon : C’est une histoire que j’avais entièrement écrite avant même de rencontrer Cyril, qui – à ma grande joie et plus encore aujourd’hui au regard de l’album achevé – s’est trouvé disponible. Les « Tsiganes » et les « Mineurs » sont deux univers archétypaux très forts que je souhaitais traiter. Et puis, sans être capable d’expliquer l’élément déclencheur, il m’a semblé que leur croisement pourrait être intéressant. Que pouvait-il se passer entre des personnages sédentaires et particulièrement attachés à leur travail et leur environnement et les éternels voyageurs que sont les Tsiganes (du moins tels qu’ils sont ici) ? J’ai rapidement été convaincu d’avoir là le terreau pour une bonne histoire. Cyril Bonin : L’idée vient de Laurent. Mais j’ai tout de suite été séduit par cette histoire et je l’ai prise à bras le corps.    Pourquoi cette histoire, ce milieu, les tsiganes, cette époque    Laurent Galandon : L’univers des Tsiganes est fascinant ! Omniprésents dans toutes les sociétés occidentales, ils font rêver (leur indéfectible liberté ; leur itinérance permanente) et pourtant leur mode de vie « inquiète » tant il est détaché de aspirations classiques des « sédentaires ». Et, l’inquiétude provoque la peur ; et la peur, la violence. Situer l’histoire au début du 20ème siècle permettait d’une part d’aborder les mineurs de manière fortement référencé (Germinal !) et d’autre part de rendre plus crédible la dimension fantastique de l’histoire : la peur du fantôme ! Cyril Bonin : Quand Laurent m’a proposé cette histoire, j’ai tout de suite été attiré par cette confrontation de deux univers, l’un sédentaire, extrêmement attaché à la terre et l’autre nomade, transportant ses racines avec lui. Le scénario a aussitôt suscité en moi des images aux couleurs contrastées. Et puis, c’était l’occasion de sortir du luxe des salons de l’aristocratie londonienne à laquelle j’étais habitué dans Fog (chez Casterman).    (...)    Comment avez-vous travaillé ensemble ?    Laurent Galandon : De manière assez traditionnelle, je pense. J’avais fait un découpage dialogué que j’ai envoyé à Cyril. Il m’envoyait les planches régulièrement. Et comme Cyril est particulièrement doué et inspiré, il n’y avait quasiment jamais rien à redire ! Je crois que les doigts d’une main suffiraient pour comptabiliser les points sur lesquels nous sommes revenus. Cyril Bonin : C’est peut-être le monde moderne qui veut ça, mais nous avons surtout travaillé à distance. Laurent a pris contact avec moi par mon site internet. Nous avons ensuite communiqué par mail et par téléphone. Finalement, à ce jour, nous ne nous sommes vu qu’une seule fois, alors que j’avais terminé le dessin des planches et que j’allais commencer la couleur. Néanmoins, notre collaboration a été des plus harmonieuses. En fait, nous avons été sur la même longueur d’onde du début à la fin. Et puis, Laurent est quelqu’un de très ouvert et nous avons beaucoup échangé. Même si les sujets que nous souhaitons traiter diffèrent parfois, nous avons la même conception du travail d’auteur.    Dessin: comment vous y êtes-vous pris pour recréer l'atmosphère de l'époque ? De quelles gueules (il y en a de belles) vous êtes-vous inspirés ? Et les couleurs (je n'ai que des copies), c'est vous qui les avez faites ou pas ? Par ordi ou en direct ?    Cyril Bonin : Au départ, Laurent m’a fourni des images qu’il avait piochées sur internet. J’ai bien sûr visionné le « Germinal » de Claude Berri sur les conseils de Laurent (idéal pour les décors et les mœurs), ainsi que le « Temps des gitans » de Kusturica (hélas, trop contemporain). J’ai ensuite complété cette base par quelques recherches personnelles et l’achat de bouquins (sur les tsiganes notamment). Pour les « gueules », mis à part celle d’André Mortier, qui est inspirée de l’un des acteurs de « Germinal », toutes les autres sont des créations pures. Néanmoins, la période où se situe l’action n’est pas si éloignée du 19ème auquel je suis habitué. Les vêtements et les coupes de cheveux n’ont pas beaucoup changé depuis et j’ai beaucoup de documentation sur le sujet. Je réalise toujours la mise en couleur, car pour moi, l’image est un tout et j’ai une vision assez précise de ce que je veux. Et puis surtout, j’ai un tel plaisir à le faire que je n’arrive pas à déléguer. La mise en couleur est faite sur Photoshop. Comme toujours, j’ai essayé d’avoir une gamme colorée restreinte, sans trop de détails afin de privilégier l’ambiance et de faire la part belle au trait. Il y a beaucoup de scènes de nuit et je me suis efforcé de les traiter différemment à chaque fois. Parfois, la couleur des personnages est simplement filtrée en bleu, parfois la lumière sur les personnages est bleue alors que les ombres restent colorées mais assombries, ou réchauffées…Bref, c’est une vraie cuisine. Comme je ne souhaite pas me laisser enfermer dans un style, je m’efforce de faire évoluer mon dessin d’album en album. Ici, tout en restant dans un registre semi-réaliste, j’ai surtout cherché à épurer mon trait, à ne pas me perdre dans les détails pour trouver un équilibre… une harmonie.    Scénario: de quelle façon vous êtes-vous documenté (ITW, Internet, bibliothèque)    Laurent Galandon : Comme pour toutes mes histoires, avant la rédaction de la première ligne, je me plonge d’abord dans des lectures de romans, d’essais ou d’études portant sur le sujet que je souhaite développer. Les éventuels films ou documentaires ne viennent que dans un second temps – quand la trame de l’histoire est déjà bien tracée - probablement parce que l’image possède un « pouvoir d’influence » plus (ou trop ?) fort chez moi. Cette étape de recherche et d’imprégnation est également l’occasion de réunir quelques éléments iconographiques que j’ai proposés à Cyril. En guise d’anecdote, j’ai également investi pour ce scénario dans un ouvrage assez ésotérique portant sur la magie tsigane, type d’ouvrage que vous ne trouvez qu’en vous rendant sur des sites spécialisés…    (...)    Croyez-vous aux fantômes ? A la vie après la mort ? Etes-vous, l'un ou l'autre ou les 2, sensibles à ces sujets ? Si oui, développez un peu…    Laurent Galandon : Je ne crois ni aux fantômes (mais je ne le crie pas trop fort dans le cas où ils voudraient me prouver le contraire), ni à une vie après la mort (mais je suis preneur si je peux la choisir). Par contre la mort m’ « intéresse » ou plus précisément les sentiments et les actes qu’elle est susceptible d’engendrer chez les vivants : peur, ressenti, tristesse (ou joie) rancune, envie vengeance, sensation d’abandon etc. Autant d’émotions qui nourrissent les personnages. Cyril Bonin : Je ne crois ni aux fantômes, ni à la vie après la mort, mais j’aimerais y croire. Pour l’instant, je suis plutôt agnostique. Je crois en quelque chose, mais je ne sais pas en quoi. Néanmoins, lorsque l’on dit que rien ne se crée et que tout se transforme, j’entends aussi que rien ne disparaît totalement. Alors, pourquoi pas les âmes ?...Au-delà de ça, je crois au lien invisible qui nous relie à ceux qui ne sont plus là.    (...)    Que privilégiez-vous ? One-shot ou un jour vous embarquerez-vous dans une série ?    Laurent Galandon : A ce jour, je ne pose pas la question de cette manière. J’écris une histoire qui me plaît avec un début, un milieu et une fin. Ensuite je m’interroge (parfois avec l’éditeur) sur la forme qu’elle pourrait prendre et si elle pourrait donner lieu à une suite pertinente. Ce qui est certain, c’est que je n’en ai pas fini avec l’univers des Tsiganes et que j’y reviendrai avec de nouvelles histoires…  Cyril Bonin : Eh bien je n’ai pas d’à priori. Mais les thèmes que j’ai envie d’aborder sont si variés que j’ai un peu de mal à envisager une série pour l’instant. Je prépare donc en ce moment un récit en deux tomes pour Dargaud. Il s’agit d’une comédie policière qui marche sur les traces d’Arsène Lupin et qui se déroule dans la banlieue de Paris en 1910. Ainsi qu’une adaptation d’un roman de Marcel Aymé chez Futuropolis en one-shot qui se déroulera en 1950. Ces deux projets seront traités dans un registre de dessin moins réaliste que ce que je fais habituellement, le ton sera plus léger… et le dessin aussi.    Pour lire l'intégralité de l'interview ou en savoir plus sur Quand souffle le vent, rendez vous sur le blog de Cyril Bonin http://cyrilbonin.blogspot.com/ ou sur le blog de Laurent Galandon http://workinprogresslg.blogspot.com/      Propos recueillis par Corine Jamar  www.dargaud.com

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Interview de Raymond Khoury

 Le Dernier Templier est l'adaptation du best-seller mondial de Raymond Khoury. L'auteur nous en dit un peu plus...    Comment est née l’idée d’adapter votre roman en bande dessinée ?    Je suis un fan et un collectionneur de BD depuis ma jeunesse. A Beyrouth, mes amis et moi, on attendait impatiemment la sortie de l’école chaque jeudi pour récupérer les derniers Spirou et Pilote. Lors de visites à Paris, je passais des heures à fouiner chez les bouquinistes à la recherche d’albums épuisés comme Jean Valhardi et Jerry Spring. Cette passion pour la BD a naturellement joué dans ma carrière de scénariste de films, où j’ai pris contact avec quelques éditeurs et quelques auteurs avec l’idée d’essayer de monter des long-métrages à Hollywood à partir de leurs histoires qui sont totalement méconnues là-bas. C’etait donc tout à fait naturel de rêver d’adapter mon scénario/roman du Dernier Templier en BD. Et puis j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Christophe Delpierre, on a pris notre temps pour trouver un artiste d’exception, et nous voici deux ans plus tard avec ce superbe tome 1…    Quel a été votre travail sur cette adaptation ? Comment avez-vous collaboré avec Miguel Lalor et les éditions Dargaud ?    Comme j’habite à Londres, c’est assez facile pour moi de sauter dans l'Eurostar pour voir Miguel et nos amis chez Dargaud. Au départ, il s’agissait de découper mon roman en plusieurs parties, voir où commencerait et finirait chaque tome. Ensuite, il fallait re-visiter le roman (et le scénario que j’avais écrit avant) en détail avec Miguel, chapitre par chapitre, scène par scène, et voir s’il y avait des scènes ‘internes’ qu’on pourrait ajouter, des parties qu’on pourrait raconter plus visuellement. Miguel avait plein d’idées concernant cet aspect visuel de l’histoire, et en lisant la BD c’est clair qu’en fait il a ajouté pleins de nouveaux éléments visuels qui explosent véritablement sur la page.    Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert les premières planches encrées et en couleurs ?    Les premières planches que j’ai vu encrées, c’était les planches du raid du musée, Miguel m’avait rejoint dans un restaurant à côté de la gare du Nord, je venais d’arriver, et c’était un moment fabuleux pour moi, tenir ces planches splendides en main, voir les scènes que j’avais déjà imaginées dans ma tête prendre forme comme ça. En plus, je collectionne les planches originales, étant architecte et ayant illustré moi-même (pas très bien) des livres d’école pour Oxford University Press quand j’étais à l’université, j’ai une appréciation spéciale pour l’art du dessin, donc c’est un plaisir particulier pour moi de voir ça. Et les belles surprises ne s’arrêtaient pas, de planche en planche, puis avec les couleurs. Je suis super-épaté par le résultat, Miguel est en train de faire un travail fabuleux.    Comment s’est passé le processus de recherche pour la couverture ? Quelles sont ses qualités selon vous ?    C’était bizarrement simple, en fait. Miguel m’avait envoyé deux sketches crayonnés d’idées pour cette couverture, l’un des deux avait un chevalier un peu mystérieux planté devant le skyline de Manhattan la nuit, j’avais beaucoup aimé, je sentais que c’était la bonne direction. Puis, totalement inattendu, même pas une semaine plus tard, je recois un email avec cette couverture, peinte, finie… et franchement, j’étais aplati. J’ADORE cette couverture, je la trouve extraordinaire. Elle évoque parfaitement l’ambiance de ce premier tome, graphiquement elle est parfaitement accomplie… je l’adore.    Lisez-vous toujours des bandes dessinées ? Quels derniers albums avez-vous lu et vous ont marqué ? Quelles sont vos auteurs « de référence » ?    Je peux lire et relire Blueberry, les Dingodossiers et la Rubrique-à-brac, tout de Franquin et de Goscinny, et l’Incal… Plus récemment : je pense que W.E.S.T. est d’une très grande qualité, les planches en couleurs directes de Rossi sont splendides et le scénario ne déçoit jamais. De même pour Marini, avec le Scorpion que je lis avec assiduité depuis qu’il est sorti, et Matthieu Lauffray avec son nouveau Long John Silver. Tramp est excellent, de même pour Alpha. J’aimais beaucoup Dallas Barr, dommage que la série soit terminée. Et, bien sûr, Largo Winch – Van Hamme est toujours impressionnant, mais dans le dernier cycle, que j’ai lu dans l’édition ‘grand format,’ Philippe Francq est même plus époustouflant qu’avant, ses planches sont simplement ahurissantes, je trouve ça incroyablement bien réussi.    Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?    Une bonne réception du tome 1, bien sûr. Mon 3ème roman sort en mai, il s’intitule The Sign en anglais, je ne suis pas sûr du titre français, je pense qu’il sortira en France en automne avec le pocket d’Eternalis. J’en suis super fier. Et puis, comme dirait l’inspecteur Charolles… «En route vers de nouvelles aventures » avec mes amis chez Dargaud !    Propos recueillis par Delphine Bonardi www.dargaud.com

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Interview de Manu Larcenet

Pouvez-vous nous parler un peu de Blast, le projet sur lequel vous travaillez en ce moment ?    J'ai voulu changer, ne pas continuer sur la lancée du Combat Ordinaire, faire un récit plus lent avec beaucoup de pages, de silences, de blancs. J'en ai eu envie en lisant des mangas, comme Taniguchi, qui fait des pages entières avec des gros plans de "silences". Il y a une ambiance très particulière. J'ai eu envie de ce côté zen, prendre le temps de faire ses plans... Il y aura très peu de texte.   Vous pouvez nous résumer un peu l'histoire de Blast ?    Le concept (parce que j'aime bien parler de concept, ça fait marketing...) c'est un type qui passe deux jours au poste de police et qui raconte sa vie. Donc en 48h, le type qui est là pour agression, parle de lui, de son histoire... Ca parlera de la différence. Comment fait-on quand on se sent mal dans notre société ? Quelle est notre alternative ?........ (silence) En fait, je ne sais pas. En tout cas, le livre suivra mes préoccupations du moment au travers de ce récit en 3 ou 5 tomes. On verra le personnage sous de multiples facettes, vu qu'il revient sur 6 années de sa vie. On le voit changer. Je n'aime pas les personnages dans les albums qui ne changent jamais...    Est-ce que c'est un album difficile à faire ?    Horriblement dur ! 200 pages... Je n'avais pas prévu ça, si j'avais su j'aurais loué un studio comme les Japonais. Je passe beaucoup de temps sur les dessins, le lavis (le passé dans l'album sera en noir et blanc, le présent en couleurs - la mise en couleurs sera faite par Jeff Pourquié - ). Ce sera un album entre le manga et un travail un peu contemplatif... Quand j'ai fait Le Combat, j'ai suivi le perso mais sans son côté noir, là je ne suis que son côté noir... pour bien faire, tu dois toi-même te plonger dans des trucs pas faciles... J'espère que ça donnera quelque chose d'intéressant !

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Interview de Vanna Vinci

L'auteur italienne de Aida et de Sophia prépare en ce moment le tome 1 du diptyque à paraître en août 2009 Chats noirs, chiens blancs, elle nous en dévoile un peu plus...   Pouvez-vous nous parler de ce nouvel album ?    Il s'agit de l'histoire d'une jeune fille de 20 ans qui débarque un jour à Paris à la recherche de son identité. Elle a beaucoup de doutes sur sa vie et porte en elle une douleur... Elle va rencontrer deux types de personnes dans la capitale française : des hommes et des femmes âgés de 60 ans (et qui avait 20 ans, comme elle, en mai 1968) qui vont lui apporter des éléments dans sa quête et... 3 fantômes de femmes étrangères, qui avaient vécu des expériences tragiques à leur arrivée à Paris et qui errent depuis en quête d'elles-mêmes... C'est un peu compliqué !   Pourquoi ce titre ?    Le premier contact de cette jeune fille avec le monde des fantômes se passe justement avec un chat noir et un chien blanc...    Comment s'est passé votre séjour à Angoulême ? Connaissiez-vous le festival ?    C'est la première fois que je viens en tant qu'auteur pour dédicacer mais je viens tous les ans depuis 2005. Je suis très timide et la foule m'effraie un peu. Je ne parle pas français et un peu anglais, alors lors de la dédicace c'est surtout un échange de regards, des sourires, un contact humain ! Pendant les soirées organisées par Dargaud, je ne discute pas vraiment avec les autres auteurs... En plus j'ai vu Fred et j'étais pétrifiée. Je suis extrêmement admirative de son travail, c'est un maître pour moi comme Brétécher. J'aime aussi beaucoup le travail de Sara Varon qui est aussi à Angoulême mais on est deux grandes timides alors ça n'est pas facile !      Voici un dessin réalisé lors du Festival d'Angoulême en janvier 2009 et envoyé par téléphone portable en bluetooth pour une dédicace aux internautes du site Dargaud... Vive la technologie !

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Interview de Paolo Cossi

 Avec cet album sur le génocide arménien, l'auteur Paolo Cossi prouve que le genre de la bande dessinée n'a pas seulement pour vocation de distraire. Comme Art Spiegelman ("Maus") ou Marjane Satrapi ("Persépolis") avant lui, Paolo Cossi fait appel à la conscience humaniste des lecteurs dans un récit tendre et cruel, drôle et grave autour de personnages d'une grande richesse psychologique et au caractère fort. Il a accepté de nous en dire un peu plus...    Pourriez-vous nous faire un petit résumé de votre parcours dans la BD ?    Quand j’étais enfant, j’étais souvent malade et comme nous n’avions pas la télévision, j’avais l’habitude de passer mes journées à peindre sur les feuilles que ma mère me ramenait à la maison.    J’ai grandi en lisant les aventures de Corto Maltese et d’Astérix, puis les comics de Jacovitti, Toppi et Moebius.    J’ai publié ma première bande dessinée à 22 ans, Corona, l’uomo del bosco di Erto, en 2002. D’autres romans graphiques ont suivi : Tina Modotti, Unabomber, Mauro Corona - la montagna come la vita, La storia di Mara, Il terremoto del Friuli, 1918 – destini d’ottobre, et d’autres histoires courtes.    En 2004, j’ai reçu le prix Albertarelli du meilleur jeune auteur italien.    Comment est née l’idée de l’album Medz Yeghern ?    A l’origine, je ne savais rien sur le sujet. J’en ai entendu parlé pour la première fois en 2006 par un de mes amis qui se rendait régulièrement en Turquie pour ses recherches. Quand il m’a dit qu’1,5 million de personnes avaient été assassinés et que l’on avait fait disparaître dans le désert, je suis resté abasourdi : comment était-il possible qu’un tel crime avait été tu ? Comment était-il possible qu’aucun livre d’histoire n’en faisait mention ? Alors j’ai décidé qu’il était temps d’approfondir le sujet et d’essayer de mieux le comprendre. Lors de mes recherches j’ai réalisé que cette chape de silence sur le génocide arménien devait être levée. En tant qu’auteur de bande dessinée, j’ai senti que je pouvais contribuer à cela en écrivant ce livre avec l’espoir d’éveiller l’intérêt des lecteurs qui ne connaissent pas cette horrible histoire.    Vous êtes à la fois scénariste et dessinateur. Comment avez-vous travaillé ?    En tant que scénariste, j’ai commencé mon travail en recherchant des documents mais également en cherchant une bonne intrigue pour situer les événements et les personnages historiques (comme Wegner, Lepsius, etc). L’histoire s’articule comme une sorte de jeu entre deux personnages qui, au milieu d’une situation dramatique, se rencontrent, se lient d’amitié puis se perdent.    En tant que dessinateur, j’ai passé beaucoup de temps à chercher des photographies et des images que je voulais aussi fidèles que possible aux vêtements, visages, lieux de l’époque. Cela n’a pas été difficile, excepté pour le vieux Berlin, parce qu’une grande partie de la ville a été détruite pendant la 2nde Guerre Mondiale, mais j’ai beaucoup travaillé pour réunir et mettre en ordre toutes ces informations et finalement parvenir à quelque chose de très cohérent par rapport aux événements historiques.    Comment vous êtes-vous documenté sur le sujet du génocide arménien ?    Et bien, j’ai commencé à lire plusieurs ouvrages puis recherché des documents (un ami historien m’a donné plusieurs journaux de l’époque). J’ai également recherché des photos, des films, des documentaires, où des survivants étaient appelés à témoigner. Une fois ma base de connaissances suffisamment solide, j’ai commencé mes entretiens. Passées ces étapes, j’ai dessiné quelques croquis et personnages qui, jusqu’à la finalisation du livre, étaient inconnus… même de moi !    Il n’a pas été facile de se documenter : il existe très peu de livres et évidemment ceux-ci ne se trouvent pas en haut de la pile dans les bibliothèques. Les archives sont souvent en très mauvais état. Néanmoins, quand j’ai démarré mes entretiens, beaucoup de choses sont remontées à la surface. L’aide des Arméniens a été incroyable sans compter qu’ils m’ont prêté des photos, des écrits, etc… Je ne peux pas tous les citer mais je voudrais remercier par-dessus tout Antonia Arslan, l’auteur de La masseria delle allodole, qui m’a beaucoup aidé en me donnant une documentation précieuse et m’a permis de rencontrer des personnes formidables.    Pourquoi ce sujet vous touche-t-il particulièrement ?    Beaucoup de personnes ont été surpris d’apprendre qu’un non-Arménien avait pris à cœur cette cause. Je pense sincèrement qu’il n’est pas nécessaire d’appartenir à un peuple pour être profondément affecté. Ce qui a été fait aux Arméniens n’est pas seulement un crime envers cette population mais il s’agit d’une violence contre l’humanité toute entière, comme tout génocide dans l’Histoire. S’en préoccuper, tenter de comprendre devrait être un devoir pour chaque être humain.    Quelle a été la réaction en Italie à la sortie de l’album ? Qu’attendez-vous de la parution en France et en Belgique ?    En Italie, le livre a éveillé un grand intérêt. Je l’ai présenté dans des clubs, des écoles, des bibliothèques, et rencontré de nombreuses personnes curieuses et se sentant concernées par ce sujet. Beaucoup d’entre eux, comme moi au début, n’avaient jamais entendu parler du génocide arménien et ce livre leur a donné envie d’approfondir le sujet et de faire leurs propres recherches.    Inutile de dire que j’étais très heureux de la publication de Medz Yeghern – Le Grand Mal en France et en Belgique. Pas pour ma gloire personnelle, ce dont je me préoccupe très peu, mais parce qu’ainsi le drame arménien serait connu du grand public : la France et la Belgique sont des pays où la bande dessinée est tellement appréciée et marche si bien, qu’elle nous donne « une voix forte ».    Quels sont vos projets ? Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?    J’ai tellement d’idées et tellement de projets que j’ai mis de côté et que j’aimerais finir une fois pour toutes. Aujourd’hui, je suis en train de terminer un nouveau livre, L’uomo più vecchio del mondo, (L’homme le plus vieux du monde) qui parle de rêves et de mensonges.    En février prochain, je me rendrais en Afrique pour un court séjour et je pense que le Sahara saura être une source d’inspiration…      Propos recueillis par Delphine Bonardi  www.dargaud.com

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Interview de Jean Teulé et Florence Cestac

 Encore une excellente nouvelle pour le début d'année 2009 : deux auteurs de talent réunis sur un album hors norme Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps , la véritable histoire de Charlie Schlingo. Farce tragique, la biographie de ce poète déglingué à la vie totalement incroyable nous est contée par Jean Teulé et Florence Cestac.  Les deux auteurs nous en disent un peu plus sur ce document fort et touchant, qui paraîtra le 21 janvier prochain...    Comment est née l’idée de faire cette BD-biographie de Charlie Schlingo ?    J. Teulé : Depuis longtemps, avec Florence, on avait envie de réaliser une bande dessinée dont j’aurais écrit le scénario. On en parlait souvent. Quelques fois, j’avais un embryon d’idée mais jamais rien de très convaincant. Et puis un jour, j’ai lu son album « La véritable histoire de Futuropolis » et là, parlant de Schlingo, elle avait écrit qu’il y aurait de quoi faire un livre sur la vie de ce gars là. Alors je l’ai appelée et lui ai dit : « Mais c’est une bonne idée, ça ! » Et sur le champ, on a décidé de s’y coller. F. Cestac : (…) Comme on cherchait depuis longtemps à faire un album ensemble c’est tout à fait bien tombé.    Comment avez-vous choisi ce titre « choc » ?    J. Teulé : C’est une phrase de Charlie. Souvent, quand des copains l’appelaient et lui demandaient : « Salut Charlie, comment tu vas ? », il répondait : « Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps. » Alors, c’est devenu le titre.    Comment s’est passée votre collaboration ? Vous connaissiez-vous avant ?    J. Teulé : Je ne vois pas comment cela aurait pu être plus joli. Il y avait une harmonie, une grâce. Nous étions tous les deux en confiance avec l’autre. Ce fut un pur rêve. Je connais Florence depuis une trentaine d’années. J’ai donné le biberon à son fils. Quand elle s’est trouvée extrêmement malheureuse à cause d’une histoire d’amour et qu’elle avait en tête de se foutre en l’air, je lui ai suggéré que plutôt que de faire ça, elle n’avait qu’à raconter son chagrin en BD et que, sans doute, ça toucherait d’autres femmes dans la même situation. Alors elle a écrit « Le démon de midi » qui a été un immense succès. Je suis très fier de lui avoir soufflé cette idée.  F. Cestac : Un vrai bonheur car on se connaît depuis longtemps et Jean a toujours était mon préfacier favori depuis le démon de midi.    Y a-t-il des anecdotes dont vous vous rappeliez mais que vous avez choisi de ne pas mettre dans l’album ? Et pourquoi ?    F. Cestac : Oui, car il y en avait beaucoup et il fallait bien faire un tri et certaines pouvaient heurter des personnes de sa famille ou amis à lui.  J. Teulé : Oui, il y a deux trucs qu’on n’a pas voulu mettre dans l’album. Un jour, Charlie a attrapé un chat par les pattes arrières et l’a éclaté contre un mur, l’a tué net. Et Florence, qui adore les animaux, m’a dit : « Non, moi, je ne dessinerai jamais ça ! » Et de mon côté, il y a une aventure de Charlie à Marseille, particulièrement glauque, que je n’avais pas envie de scénariser. Alors, on s’en est passé.    Y a-t-il, pour vous, un héritier de Charlie Schlingo ? Si oui, de qui s’agit-il ? Si non, pourquoi n’y en a-t-il pas à votre avis ?    F. Cestac : Non, pour le moment je n’en vois pas.  J. Teulé : Non, je ne crois pas qu’il y ait d’héritier de Schlingo. C’était quelqu’un de tellement original, un cas unique. Un destin de frapadingue comme celui de Charlie, on ne croise pas ça deux fois.    Quels sont vos projets ? Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?    J. Teulé : Je suis en train d’écrire un nouveau roman qui sortira en septembre chez Julliard et qui ne sera pas piqué des vers… Sinon que puis-je souhaiter ? Qu’en 2009, la vie folle de Charlie Schlingo passionne autant de gens que celle du Montespan en 2008.  F. Cestac : Je travaille sur un album pour Lionel Hoebeke dans la collection « j’aime Pas » et sur la version américaine du démon de midi et du démon d’après qui devrait sortir en Septembre 2009 aux USA. Pour 2009 repartir sur un beau projet comme le Schlingo.      Propos recueillis par Delphine Bonardi  www.dargaud.com

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Interview de Philippe Thirault et Steve Cuzor

Bonne nouvelle pour le début d'année 2009 : une nouvelle série de grande aventure voit le jour. O'Boys est l'histoire de deux jeunes hommes, Huck et Charley, qui fuient leur famille et leur condition miséreuse pour partir à l'aventure à travers les Etats-Unis des années 1930. Les dialogues percutants de Philippe Thirault, le dessin si vivant de Steve Cuzor et les couleurs sublimes de Meephe Versaevel font de ce récit à la Mark Twain un album touchant et attachant.  Les deux auteurs nous en disent un peu plus sur ce premier tome, qui paraîtra le 9 janvier prochain...    Pourriez-vous vous présenter en quelques mots afin que l’on connaisse un peu mieux votre parcours dans la BD… et ailleurs ?    P. Thirault : Au moment de la sortie de O’boys, cela fera dix ans que mon premier album a été publié. Vingt-cinq autres ont suivi, grâce à des éditeurs et des lecteurs qui eux aussi m’ont suivi. Sinon je suis quelqu’un de casanier qui voyage grâce à ses propres histoires. S. Cuzor : C’est drôle, car mon premier livre en tant qu’auteur complet, est également sorti il y a 10 ans, en novembre 1999. Je démarrais alors la série Black Jack chez Casterman. Six autres ont suivi, avec O’Boys ça fera sept. On dit que c’est l’âge de raison… J’ai dû passer au travers parce qu’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours voulu être cowboy de Rodeo et auteur de Bande dessinée, cowboy je l’ai été jusqu’à l’âge de 25 ans, et j’ai commencé la BD en 1996… Avec ça, vous devez pouvoir trouver mon âge… Tiens, ça me rappelle ces foutus problèmes de maths que me ramène mon môme le soir.    Comment est né ce projet de série ?    S. Cuzor : C’est lié en partie à la tendresse que j’éprouve pour tous ces vagabonds voyageurs et rêveurs qui ont traversé les USA en quête de l’Eldorado. L’Eldorado qui était censé se trouver, à l’époque de la crise de 29, dans l’Etat de Californie. Beaucoup ont déchanté, comme on le sait… Mon souhait, avec Philippe, est de vous raconter leur histoire via deux personnages de la littérature américaine. Ce qui a donné Huck et Charley. Huck le petit blanc maltraité par son vieux, façon Mark Twain, et Charley le noir qui rêve de devenir Robert Johnson à la place de Robert Johnson, quitte à vendre son âme comme l’original. Tous deux cherchent en fait à tuer le père pour devenir quelqu’un dans cette Amérique de la ségrégation.    Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment s’est passée votre collaboration ?    S. Cuzor : Pour ce projet, je recherchais quelqu’un qui sache écrire d’une façon très vivante, très directe, sans concession mais avec beaucoup de poésie. L’humour devait se glisser entre le texte et l’image. Je me suis tourné naturellement vers Philippe dont l’écriture m’avait profondément séduit dans sa série MISS, qui sortait d’ailleurs en même temps que Black Jack à l’époque. La première fois que je me suis présenté à lui, c’était au festival de Blois. Il était assis à une table, seul, en compagnie d’une demi-dizaine de verres vides dont un plein dans la main. Il avait tellement siroté, je crois qu’il n’aurait pas pu se lever de sa chaise. Je me suis dit qu’il fallait que je me mette à niveau et je me suis assis près de lui. Je tenais tellement à le séduire avec ce projet que j’ai dû en parler des heures… Et puis, je n’ai pas pu me relever non plus. Notre collaboration ? Quand on se voit pour bosser, il nous faut deux chaises…   Vous, Philippe, l’univers des Etats-Unis des années 30 et des relations entre Blancs et Noirs vous est très familier puisque c’était le cadre de votre première série, Miss (Les Humanoïdes Associés), et vous, Steve, vous avez vécu plusieurs années aux Etats-Unis et vous avez co-signé avec José-Louis Bocquet l’album Lead Belly (Editions Nocturne) sur une figure légendaire et sulfureuse du blues et de la folk.    Que vous ont apportées ces expériences et ces recherches pour réaliser O’Boys ?    P. Thirault : De cette époque aux E.U., seul New-York, et particulièrement Manhattan, m’était familier. Pour O’Boys j’ai donc découvert l’histoire du Delta.  S. Cuzor : Le projet sur Leadbelly était une demande de ma part à José-Louis, un autre scénariste-dialoguiste qui vous laisse sur le cul. Grâce à lui et à Leadbelly, j’ai pu préparer et anticiper le projet O’Boys. Ensuite mon expérience de cowboy de Rodeo me sert chaque jour pour plein de choses. Et chaque histoire que je raconte est liée aux longs trajets parcourus entre chaque ville pour participer a ces épreuves, aux personnages que j’ai rencontrés sur mon chemin, à l’odeur du bétail dans l’arène, au trac avant de monter un taureau… Mon cœur balance sans hésiter vers Obama, mais l’Amérique que j’ai vécue et que je connais le mieux est celle de Mc Cain. Les choses sont parfois ainsi! Mon rêve de gosse se trouvait parmi ces gens qui manquent parfois (souvent) de culture… C’est aussi cette Amérique-là que racontent les frères Cohen… Avec détachement, humour et tendresse.    Sans rien dévoiler naturellement, pouvez-vous nous parler un peu de la suite de la série ?    S. Cuzor : L’origine du titre O’Boys, vient de l’expression « Oh boys, let’s go ! » qui est une des explications (car il y en a une autre) du mot Hobo. Les vagabonds du rail l’employaient au moment de prendre d’assaut les trains de marchandises. On est dans une période où cette Amérique absurde obligeait ses chômeurs à payer pour chercher du boulot qui n’existait pas. En réponse, les Hobos lui ont montré leur façon de « faire le trimard », de « brûler le dur » au grand dam des compagnies ferroviaires, qui ont fini par leur déclarer la guerre. Les courses-poursuites avec les gardes-frein se terminaient régulièrement sous les roues d’un wagon. Mais rien à faire, pour Huck et Charley, de toute façon, la vie était devant eux… Les embrouilles aussi !    Quels sont vos projets ?    P. Thirault : L’adaptation en BD du « Père Goriot » de Balzac, avec Bruno Duhamel et Thierry Lamy, chez Delcourt (sortie en avril 2009).  S. Cuzor : Terminer le Tome 2 (n.d.l.r. : de O'Boys) qui s’intitule « Deux Chats Gais sur un train brûlant », et faire une virée dans le Mississippi sur les traces de Huck et Charley.    Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?    P. Thirault : Que plein de lecteurs aient envie de « brûler le dur » en compagnie de Charley et Huck.  S. Cuzor : Oui, alors, « Brûler le dur », pour un lecteur, ça ne veut pas dire piquer les bouquins en librairie… Hein !    Bon, sérieusement, que la crise de 2009 ne devienne pas la crise de 29. Et que les Editions Dargaud offrent au cinquante millième lecteur un beau voyage dans le Mississippi.      Propos recueillis par Delphine Bonardi  www.dargaud.com

Interviews

Interview de Denis Robert

Dans L'Affaire des affaires, Denis Robert raconte, sans se cacher, sa carrière de jeune journaliste à Libé et sa mise en examen au même titre qu'un Premier ministre, mais surtout il décrit avec précision les mécanismes de l'argent sale et la façon dont la finance est devenue folle, échappant à tout contrôle. Cet album, storyboardé par Yan Lindingre puis dessiné par Laurent Astier, est un véritable document, impressionnant, criant de réalisme d'une planète économique et médiatique où l'information devient l'ennemi à abattre...  Denis Robert nous en dit un peu plus sur ce projet d'album inclassable dans le monde de la bande dessinée...    Comment est né le projet d’album L’Affaire des affaires ?    Denis Robert : L’idée de l’album est venue lors de footings avec mon copain Yan Lindingre. De nombreux papiers étaient sortis sur moi dans la presse. On me voyait régulièrement dans les journaux télévisés. J’avais franchi le miroir et étais entré dans cette affaire Clearstream Deux, celle des listings trafiqués. J’avais enquêté depuis des années sur la finance et les liens entre justice, presse et monde politique. Et je me retrouvais mêlé à une intrigue dans laquelle je ne voyais pas qui tirait les ficelles. L’album est né d’une volonté de comprendre. On courait dans la forêt. Je racontais des histoires à Yan et il me renvoyait des petits dessins. La justice et la presse étaient complètement instrumentalisées par des manipulateurs. C’était mon sentiment. Ça l’est toujours. La bande dessinée est aussi née d’une volonté de mettre des événements en perspective. De raconter une histoire de la finance, de la justice et des médias. Une histoire de ce pays. J’étais un personnage de cette histoire. En même temps, j’avais beaucoup de distance. Comme si ce n’était pas tout à fait de moi qu’il s’agissait. Mon personnage est progressivement devenu un double de papier mêlé à une grosse affaire, à L'Affaire des affaires.    Combien de tomes sont prévus ? Se suivront-ils dans l'ordre chronologique des événements ? De quelle partie traite ce premier tome L'Argent invisible ?    Nous sommes partis pour au moins 3 tomes. Ils se suivent chronologiquement même si des allers-retours entre présent et passé sont possibles. Le Tome I par exemple commence en 2006 puis « retourne » en 1994 à la fin de mes années à Libération, quand j’ai démissionné. Je pars de la situation de dingue dans laquelle je me suis trouvé au moment où cette affaire Clearstream Deux en était à son point culminant de folie médiatique et judiciaire. On venait de perquisitionner la DGSE et le ministère de l’Intérieur, un président de la République et son Premier ministre paraissaient comploter contre le ministre de l’Intérieur. Ce dernier avait porté plainte, indirectement contre eux. Deux juges d’instruction étaient lancés dans le shaker. J’étais le supplément chantilly.  Au cœur du scandale, il y avait ces fameux listings de Clearstream. Ceux sur lesquels j’avais travaillé et que j'avais rendus public dans mes livres. Ils étaient à la base de mon enquête sur cette multinationale de la finance basée au Luxembourg. Je fais bien la distinction entre Clearstream Un et Deux parce que je me rends compte que peu de gens ont finalement compris. Et beaucoup de bêtises ont été écrites à ces sujets.  Le Tome I, L’Argent invisible, raconte la genèse du scandale. J’essaie de montrer comment j’en suis arrivé à me retrouver dans ce malstrom. Je remonte à la période où j’ai décidé de quitter le journalisme rémunéré pour écrire des livres, réaliser des films et des enquêtes. Seul. L’album, par ce retour en arrière, dit les coulisses de la crise financière d’aujourd’hui. Le Tome I s’arrête en 2000 quand je commence à comprendre que les paradis fiscaux sont des leurres, qu’il existe d’autres terrains à explorer plus intéressants.  Le Tome 2 racontera en détails le thriller financier dans lequel je me suis trouvé quand j’ai cherché à décrire le parcours de cet argent invisible.  Le Tome 3 tentera de décortiquer les origines de la manipulation politique au sommet de l’Etat, les liens entre l’affaire des faux listings et les services secrets ou le milieu de l’armement. Il courrera jusqu’en 2008.    Comment s’est passée votre collaboration avec Yan Lindingre et Laurent Astier ? Comment avez-vous travaillé ?    Yan et moi sommes voisins et il avait besoin d’un coach, rapport à son embonpoint naissant. On courait dans les bois. Je lui racontais ce qui m’arrivait. Il me relançait et me renvoyait par mail des bouts d’histoires dessinés. Il s’est occupé du story-board. Je voulais au départ qu'il dessine. J’avais imaginé des personnages à peine esquissés. Yan m’a convaincu de la nécessité d’un dessin plus léché, plus réaliste. L’écriture du scénario a demandé plus de six mois. Nous avons réalisé une dizaine de versions avant de trouver le bon rythme. J’avais trop de choses à y mettre. Yan m’a poussé à la radicalité, à la prise de distance. Il ne fallait pas se contenter d’une adaptation de mes livres, mais procéder à une véritable re-création. Ensuite, nous avons organisé un casting de dessinateurs qui a pris pas mal de temps. Laurent Astier s’est imposé naturellement. Il a beaucoup apporté par sa technique, sa rapidité à comprendre et se mettre dans le bain mais aussi par ses propositions graphiques. Il a par exemple inventé ce personnage du Spectre qui incarne le pouvoir corrupteur. Je crois qu’il ne connaissait pas grand-chose aux affaires et à mes enquêtes quand il s’est lancé dans ce travail, mais il était politiquement motivé par le projet. Aujourd’hui, il peut enseigner à Harvard en « master finance internationale ». C’est au final un livre très politique.    Comment qualifieriez-vous l’album L’Affaire… ? Polar ? Autobiographie ? Thriller politico-financier ?…    C’est un peu des trois. Polar, oui. Thriller aussi. Autobiographie, moins. C’est une œuvre littéraire et journalistique, un objet unique qui dit l’histoire récente de ce pays. Je ne lui vois pas d’équivalent dans la bande dessinée. Quand je dis que c’est un livre politique. Mon propos n’est pas idéologique. Cette bande dessinée raconte les rapports troubles entre presse, média, pouvoirs politiques et économiques. Elle essaie de dédramatiser, de décrypter par un bout le monde complexe dans lequel nous vivons. Celui de la finance disons "internationale". C’est en ce sens qu'elle est, à mes yeux, politique. Elle apprend à décrypter le discours politique, à appréhender mieux ses silences, ses stratégies et ses mensonges.    Vous avez arrêté votre blog http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/ et "fait vœu" de ne plus vous exprimer sur "l’affaire". Pourquoi aujourd’hui publier cet album ? En quoi vos propos dans L’Affaire… diffèrent-ils de vos autres interventions sur le sujet et vous permettent de respecter votre vœu ?    J’étais trop dans la confrontation directe avec ceux qui devenaient mes adversaires. Leurs moyens ne sont pas les miens et je venais de perdre un procès en diffamation à Bordeaux, d’être condamné à débourser 12 500 euros pour des propos que je juge, encore aujourd’hui, anodins. Nous sommes en appel. Je ne suis pas un militant. Je n’ai aucune haine ou compte à régler. En juin 2008, j’ai répondu à un ami dans une petite vidéo qui a fait un gros buzz sur le net. On peut la revoir sur mon site qui continue à recevoir des centaines de visites par jour. J’y explique que je jette l’éponge. Cette vidéo a été mal interprétée. Il n’a jamais été question pour moi d’arrêter le combat mais de changer de stratégie. Arrêter le blog, plus d’affrontement direct, d’interviews où je prenais trop de risques. Sortir de la dualité dans laquelle m’entraînaient Clearstream. Même si Clearstream ou le Luxembourg sont des problèmes, ils ne sont plus LE problème. La crise financière est venue apporter beaucoup d’eau à mon moulin. Quand j’ai commencé à enquêter sur les paradis fiscaux, ma fille avait une dizaine d’années et ne comprenait pas grand-chose à ce que je faisais. Elle m’a laissé un petit mot, l’autre jour, après la lecture des premières épreuves de l’album, sur lequel elle avait écrit : « Merci je viens enfin de comprendre ce qu’il t’arrive et surtout pourquoi tu as fait tout ça ». Elle a dix ans de plus. Moi aussi. La bande dessinée, par la simplification et les choix narratifs qu’elle demande, l’a aidée à appréhender la mécanique un peu folle dans laquelle son père s’était fourré. Elle a sans doute mieux perçu aussi pourquoi j’avais parfois l’air absent ou disons absorbé.    Comment pensez-vous que sera accueilli l’album ?    Je ne sais pas. L’idée est d’être très grand public. Ceux qui disent que mes livres sont compliqués ne les ont généralement pas ouverts. Avec une bande dessinée, on est dans une autre dimension, quelque chose d’immédiatement abordable, ludique. Les premiers retours sont excellents. Mais c’est ensuite une question de désir.    Parmi vos comités de soutien, on a pu voir en mars 2007 des auteurs de BD (dont Yan Lindingre, Florence Cestac, Manu Larcenet,…) se réunir pour une vente aux enchères de dessins dans le but de vous aider financièrement à faire face aux frais de justice. Les avez-vous rencontrés ? Y a-t-il une rencontre qui vous a plus particulièrement marquée ?    J’en ai rencontré très peu. Vous pouvez ajouter à la liste des dizaines de noms. Tout cela s’est fait spontanément. J’ai beaucoup d’amis et de lecteurs. Beaucoup de gens ont vu mes films. Fin 2006, après que mon livre sur la manipulation des listings ait été interdit (Clearstream, l’enquête, les Arènes), que la DST m’ait filé, que des flics et des juges m’aient écouté, perquisitionné, mis en examen, que j’ai été attaqué en diffamation dans plusieurs pays par plusieurs banques, un mouvement très fort et spontané s’est créé. D’abord grâce à mes copains de Nancy et de Metz. Yan, Lefred-Thouron, Rémi Malingrey, Diego Aranega pour ne parler que des dessinateurs. Ensuite, la vague s’est propagée. Je n’ai jamais rien demandé. Je me suis laissé porter et emporter. Protéger. Je crois que la situation l’exigeait. Sans eux, sans ce mouvement, je serais un peu moins bien aujourd’hui. Je pourrais faire du « name dropping » et énumérer les gens connus qui me soutiennent, il y en a quelques-uns. Le plus touchant, au-delà de mes potes et du travail que représente la gestion du comité, c’est le flux ininterrompu, depuis sa création, de lettres, de dons, d’initiatives qui vont des concerts de soutien aux ventes de vin ou de tee- shirts [1]. Ça coûte très cher de résister aux procès. On vient de perdre par exemple hier en appel suite à une interview que je n’avais jamais donnée. L’ardoise est de 15 000 euros. Le mois dernier, c’était au Luxembourg. Là, on a perdu 1 euro, mais ça nous en coûte 30 000 en frais de justice. Il nous arrive de gagner aussi, souvent. Tout cela a un coût démesuré. Mais les enjeux sont tels que ça vaut le coup. J’ai la faiblesse de croire qu’à un moment la vérité et la générosité finissent par triompher. C’est ma tendance Franck Capra ou Tintin…    Quels auteurs de bande dessinée lisez-vous ? Quel est le dernier album qui vous a interpellé ?    J’ai été un gros lecteur. J’étais fan de Pratt et de Corto Maltese. De temps en temps, j’achetais des albums en librairie. Et puis je me suis calmé. Dans les choses récentes, je ne suis pas à la pointe du combat mais j’ai acheté les Persépolis de Marjane Satrapi avant que ce soit des succès. Et le premier Combat ordinaire de Larcenet aussi que je trouve génial. Mais ce n’est pas très original. Quand j’étais petit, je lisais Zembla et Rahan avec passion. Andy Capp, aussi. J’étais fan de ce buveur de bière qui se faisait tabasser par sa femme. J’aime bien Guy Delisle ou Jean-Philippe Delhomme. Au-dessus de tout, il reste Maus d’Art Spiegelman. Je n’aimerais pas être à sa place. Après Maus, qui est quand même le chef-d’oeuvre absolu de la bande dessinée, qu’est-ce que vous pouvez dessiner ?    L’Affaire… est votre seconde incursion dans le monde de la bande dessinée, après Tout va bien (Thomas Clément au dessin). Avez-vous d’autres projets liés à la bande dessinée ?    C’est grâce à Thomas Clément que je m’y suis remis. Je pense souvent à lui. Il est mort trop jeune. Il avait beaucoup de talent, beaucoup d’humour. On avait dix projets ensemble. C’est grâce à lui qu’est née L’Affaire des affaires. Il m’a fait rencontrer Philippe Ostermann. L’avantage c’est que Philippe connaissait mes livres et mon travail. Je n’ai pas eu à le convaincre. Je crois qu’avec cette série, on tient quelque chose d’important. On verra l’accueil du public mais j’ai envie de continuer à raconter cette histoire de cette manière-là. Il y a aussi un livre que j’aimerais adapter en bande dessinée. Il s’appelle Rue des singes de René Taesch (Florent Massot, 2007). C’est l’histoire d’une vie. Ça n’a pas été un gros succès de librairie. C’est pourtant un livre formidable, plein de rebondissements et d’humanité. La bande dessinée peut aussi servir à faire connaître des œuvres passées inaperçues. Je cherche le dessinateur…    D’une manière plus générale, quels sont vos projets ?    Mes toiles à la Galerie W [2]. J’y suis exposé de manière permanente, avec régulièrement de nouveaux tableaux. Un album musical autour de Voleurs de foule, un slam écrit l’an passé, dont le premier titre sort en janvier. J’ai aussi trois projets de films, deux docs et une grosse fiction. Mais là, j’ai surtout un roman à finir. J’en suis à la moitié. Un an que j’y travaille. J’y retourne.    Que peut-on vous souhaiter pour 2009 ?    Une santé d’académicien ou plutôt d’Andy Capp. Malgré tous les coups qu’il buvait, et surtout ceux qu’il prenait, il est toujours resté debout et il continuait à sourire du monde qui l’entourait.      [1] L’ adresse du comité : http://lesoutien.blogspot.com/ [2] La Galerie W se trouve 44 rue Lepic Paris (18ème)      Propos recueillis le 19 décembre 2008 par Delphine Bonardi www.dargaud.com

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